Les résultats

Chaque année, les expérimentateurs de l’action Syppre en terres noires humifères du Béarn font un bilan des résultats et enseignements de la campagne écoulée et leur synthèse depuis le début du projet.

La particularité de la plateforme béarnaise est de tester 6 systèmes innovants et un témoin (une monoculture de maïs sous mulch). Par ailleurs les rotations étant plus courtes, les systèmes évoluent plus régulièrement.

6 rotations comparées sur la plateforme Syppre Bearn
La plateforme Syppre Béarn teste 6 systèmes innovants, comparés à un témoin.

Dans cet article, trois des 6 systèmes innovants sont détaillés :
une rotation en 2 ans cive-maïs-couvert-soja
une rotation en 3 ans couvert-maïs-orge-soja-blé-cive
une rotation en 2 ans maïs-soja en semis direct

La campagne 2019-2020 a été caractérisée par un automne/hiver très pluvieux qui a perturbé l’implantation des céréales d’hiver, suivi d’un printemps/été plutôt chaud et sec, avec très peu de précipitations entre juin et août, ce qui a engendré du stress hydrique pour le maïs et le soja. Les objectifs de rendement ne sont d’ailleurs pas atteints pour le maïs.

Le système en deux ans : Cive-maïs- couvert-soja

C’est une rotation en deux ans avec des couverts d’interculture dont un est valorisé en CIVE pour la méthanisation (avoine).

Evaluation de la maîtrise technique et agronomique du système Cive-maïs- couvert-soja
Tableau 1 : Evaluation de la maîtrise technique et agronomique pour chaque rubrique de gestion du système de culture innovant. (vert=satisfaisant; jaune=moyennement satisfaisant, rouge=non satisfaisant)

Ce système est très bien maîtrisé depuis le début des expérimentations. En 2019/2020, le stress hydrique impacte le maïs expliquant que le rendement soit moins satisfaisant. Concernant la maîtrise de l’implantation, la récolte tardive de la Cive (avoine) et l’implantation en suivant du maïs explique que l’on soit moyennement satisfait de cette étape. Elle a par ailleurs impacté le cycle du maïs qui a souffert du manque d’eau sur la fin de l’été.

Analyse pluriannuelle des performances du système Cive-maïs- couvert-soja
Tableau 2 : Analyse pluriannuelle des performances économiques, environnementales et de productivité de ce système grâce à SYSTERRE.

Le tableau 2 montre une amélioration des performances de ce systèmes tous indicateurs confondus depuis la mise en place de l’expérimentation. C’est un système intéressant dès lors que le débouché CIVE est réel et que cette dernière est bien valorisée (hypothèse de vente à 120€ la tonne de matière sèche).

Le système en trois ans : Couvert-maïs-orge-soja-blé-cive

Maîtrise technique et agronomique du système Couvert-maïs-orge-soja-blé-cive
Tableau 3 : Evaluation de la maîtrise technique et agronomique pour chaque rubrique de gestion du système de culture innovant. (vert=satisfaisant; jaune=moyennement satisfaisant, rouge=non satisfaisant)

La maîtrise de cette rotation en 3 ans se dégrade au fur et à mesure des années. En effet, la réussite de l’implantation du soja derrière l’orge et l’implantation du blé dans de bonnes conditions climatiques ne sont pas toujours faciles dans cette région. La pluviométrie largement excédentaire de l’hiver 2019 a condamné les parcelles de blé. Le sorgho cultivé en Cive juste après a eu également de grandes difficultés à lever du fait de l’humidité. Ces différents points expliquent les contre-performances de cette rotation en 2019-2020.

Analyse pluriannuelle des performances du système Couvert-maïs-orge-soja-blé-cive
Tableau 4 : Analyse pluriannuelle des performances économiques, environnementales et de productivité de ce système grâce à SYSTERRE.

Les performances économiques de ce système ne sont pas à la hauteur de celle du témoin. Les performances environnementales apparaissent également dégradées du fait de la diversification des cultures  : plus d’azote (sauf en 2020), plus de traitements (notamment sur les céréales à pailles).

Si cette rotation se révèle peut compétitive sur ce type de sol hydromorphe très adapté aux cultures d’été et moins aux céréales à pailles, elle pourrait l’être davantage en zone de coteaux, moins favorables à du maïs conduit en sec. Elle permettrait alors de diversifier les débouchés.

Le système en semis direct 

Il s’agit d’une rotation maïs soja, conduite en semis direct et qui mobilise des couverts d’intercultures restitués au sol. Il est en place depuis 2018/2019.

Evaluation de la maîtrise technique et agronomique pour chaque rubrique de gestion du système en semis direct
Tableau 5 : Evaluation de la maîtrise technique et agronomique pour chaque rubrique de gestion du système de culture innovant. (vert=satisfaisant; jaune=moyennement satisfaisant, rouge=non satisfaisant)

Ce troisième système est assez bien maîtrisé également. Le rendement du maïs est inférieur à l’objectif mais correct pour cette campagne contrastée.

Analyse pluriannuelle des performances du système semis direct
Tableau 6 : Analyse pluriannuelle des performances économiques, environnementales et de productivité de ce système grâce à SYSTERRE.

Les performances de ce système au niveaux des indicateurs environnementaux montre bien les bénéfices du semis direct : réduction des émissions de GES et de la consommation d’énergie primaire.

Comme pour le système en deux ans avec CIVE, la combinaison avec le soja qui permet de réduire l’utilisation d’engrais azoté un an sur 2. L’IFT reste inférieur à la référence régionale même si l’objectif de 50% de réduction n’est pas atteint. Le seul inconvénient de ce système est sa dépendance au glyphosate pour détruire les couverts. Les tentatives de destructions mécaniques ne sont pas toujours réussies.