Les résultats

Chaque année, les responsables du projet Syppre en terres humifères du Béarn font une synthèse des observations et des résultats obtenus

Syppre Béarn affiche des résultats sur 3 années

Au fil des années, les responsables du projet Syppre en terres humifères du Béarn font une synthèse des observations et des résultats obtenus.

Système N°1 : Introduction d’une avoine CIVE (Culture Intermédiaire à Vocation Energétique) en interculture en monoculture de maïs

En monoculture de maïs, l’interculture peut être mise à profit pour produire une CIVE qui n’entre pas en compétition avec la culture alimentaire. Syppre Béarn teste l’impact de l’introduction d’une avoine d’hiver CIVE entre deux maïs sur les résultats techniques, économiques et environnementaux de l’exploitation, en comparaison avec un système de référence en monoculture de maïs mulchée après récolte.

En moyenne sur 3 ans, l’avoine CIVE a produit 6.1 t MS/ha. Si on suppose l’existence d’un débouché pour la CIVE, sa vente compense la baisse de production du maïs suivant et génère un surplus de produit brut de 540 €/ha. En revanche, les charges de mécanisation et les charges opérationnelles augmentent. Au final, l’introduction et la vente de la CIVE permettent d’augmenter la marge nette de 93 €/ha, soit 26 % (si l’on compte les aides PAC). Quant à l’impact environnemental, l’introduction de la CIVE intensifie le système de production tout en produisant des services environnementaux. En sortie de champ, la balance de production énergétique brute (énergie produite/énergie consommée) augmente de 14 % avec la CIVE.

Système N°2 : Deux cultures en un an avec la succession orge/maïs

Lorsque les céréales d’hiver (orge, blé tendre, triticale…) sont récoltées tôt, les agriculteurs se posent la question d’implanter un maïs en suivant afin d’augmenter leur revenu. Ce système est envisagé lorsque l’irrigation est disponible, afin de diminuer le risque d’une mauvaise levée. Depuis trois ans, Syppre Béarn teste la double culture orge/maïs en système pluvial, en comparaison à une monoculture de maïs mulchée et labourée.

En moyenne sur 3 ans, le rendement de l’orge d’hiver est de 55 q/ha, celui du maïs dérobé est de 67 q/ha. Malgré la double récolte, le produit brut a diminué de 153 €/ha. Les charges sont supérieures, la marge nette avec aides est donc nettement inférieure à celle de la monoculture de référence. Sur le plan environnemental, la consommation d’azote et de carburant à l’hectare est plus importante, l’IFT total a augmenté de 2.8 points, la consommation d’énergie primaire a augmenté et les émissions de gaz à effet de serre sont également plus élevées.

Le maïs n’est donc pas l’espèce la plus adaptée pour implanter une culture dérobée après une orge. Syppre Béarn a testé un soja en dérobé. Celui-ci dégage une marge supérieure de 89 €/ha à celle du maïs, mais avec le risque de ne pas le récolter si l’automne est pluvieux.

Système N°3 : Diversifier sa rotation avec un soja et une avoine CIVE (Culture Intermédiaire à Vocation Energétique)

La monoculture de maïs est pratiquée depuis longtemps dans le Sud-Ouest. Cependant, les contraintes réglementaires et techniques ont poussé de nombreux agriculteurs à diversifier leur rotation. Parmi les cultures (ré)introduites, le soja. Depuis 3 ans, Syppre Béarn compare une rotation maïs – soja (avec une avoine CIVE avant le maïs) à la monoculture de référence mulchée et labourée.

L’introduction du soja dans la rotation permet d’avoir droit à des aides couplées. Malgré cela, le produit brut dégagé en moyenne sur 3 ans est légèrement inférieur à celui de la monoculture de référence. Les charges opérationnelles diminuent, la marge nette avec aides reste néanmoins plus élevée que celle de la monoculture de référence (+ 37 €/ha).

La quantité d’azote à l’hectare est largement diminuée grâce à l’introduction du soja (- 86 U). L’IFT total baisse légèrement (- 0.5 point) grâce à l’économie d’un traitement de semences anti-fongique et d’un insecticide anti-taupins un an sur deux. La baisse drastique de l’utilisation d’engrais azotés impacte favorablement la consommation en énergie primaire totale et les émissions de gaz à effet de serre.