Chaque année, les expérimentateurs de l’action Syppre en terres noires humifères du Béarn dressent le bilan de la campagne écoulée, tout en mettant en perspective les enseignements accumulés depuis le début du projet.
Le système CIVE Maïs Soja conserve sa multi performance malgré une pression adventice forte.
C’est le premier système du réseau Syppre à avoir atteint la multi-performance. C’est un système très bien maîtrisé depuis le début des expérimentations. C’est le premier système du réseau Syppre à avoir atteint la multi-performance. La campagne 2024-2025 ne fait pas exception malgré des conditions très sèches à l’été 2025. Le maïs et le soja semés un peu plus tardivement que sur d’autres modalités sans CIVE et sans couvert ont été pénalisés par le sec mais pas autant que les semis précoces réalisés sur la plateforme. Le programme herbicide a été revu et a permis une bonne gestion du salissement.
Le rendement du maïs est de 86 q/ha soit à peine moins que celui du témoin (88.9 q/ha). La Cive fait une biomasse moyenne avec 6 tMS/ha. Le soja a un rendement de 30q/ha.


La multiperformance du système se confirme, en particulier lorsque le débouché CIVE est réel et que cette dernière est bien valorisée (hypothèse de vente à 120€ la tonne de matière sèche). L’IFT n’est pas comparé à la référence régionale car ces données nécessitent une mise à jour. Il est comparé à l’IFT du témoin. La variation d’une année à l’autre peut être très forte selon les conditions de l’année, notamment pour la gestion des ravageurs.
Vers un abandon des cultures d’hiver, hors CIVE, sur la plateforme
Les cultures d’hiver ont été testées dans plusieurs systèmes testés ces dernières années :
– Dans une rotation en 3 ans : Cive Maïs – Orge-soja en dérobée-blé couvert
– Dans une rotation en 3 ans : maïs Soja Colza avec des couverts
– Dans une rotation en 2 ans : blé – couvert maïs
Ces systèmes, conçus pour intensifier la productivité à l’hectare des terres de Touyas très productives et dont les exploitations sont petites et/ou pour protéger le capital sol et renforcer le stock de carbone, ont montré leurs limites sur l’atteinte de la multiperformance.

En effet, les céréales à pailles sont vite pénalisées par les conditions pédoclimatiques de la plateforme :
- Les conditions humides de l’automne rendent difficiles les implantations (pour en savoir plus, cliquez ici)
- Le site est sensible à l’hydromorphie qui va impacter en premier lieu l’orge d’hiver et dans une moindre mesure le blé.
- La pression maladie peut être forte, compte tenu de la douceur des printemps, en particulier la septoriose et la fusariose de l’épi.
Les céréales ont un rendement moyen de 54 q/ha depuis le début des essais.
Par ailleurs, dans les systèmes en double culture, les dérobées de maïs et soja ont pu souffrir d’une implantation retardée, malgré l’adaptation de la précocité et dans des conditions peu optimales (sec, matériel non adapté à la quantité de résidus de paille). On constate des rendements plus faibles et des humidités à la récoltes plus importantes quasiment chaque année.
Le colza a également été difficile à conduire sur la plateforme. Les implantations n’ont pas toujours pu être faites dans de bonnes conditions et l’humidité en automne/hiver rend le sol peu portant, accentuant les risques de tassement et complexifiant les opérations hivernales : le désherbage et la protection contre les ravageurs. La culture n’a ainsi jamais pu atteindre ses objectifs de rendement.
Les systèmes en double culture n’atteignent pas la multiperformance. S’ils sont plus économes en GES et parfois en IFT, la productivité est finalement réduite comparativement à notre témoin.
