« Syppre participe à préparer la transition agricole »

Henri Havard, Délégué interministériel pour la filière sucre, s’est rendu au colloque Syppre Picardie du 30 mai 2024, il nous livre ses impressions sur cette visite.

Pourquoi vous êtes-vous rendu à cette visite de plateforme ?

Je considère que pour maitriser un sujet, effectuer un travail de bibliographie est capital, mais qu’il est également important d’aller sur le terrain et de rencontrer les acteurs. En tant que délégué interministériel pour la filière sucre, je me déplace donc régulièrement pour visiter des essais. Ce colloque était l’occasion de mieux appréhender la betterave à l’échelle de la rotation, de découvrir les problématiques système et la recherche agronomique sur le sujet.

Qu’avez-vous pensé de cette visite ?

Je suis toujours très agréablement surpris de la participation de nombreux agriculteurs à ce type d’évènement. Ces derniers montrent une véritable envie de comprendre, d’apprendre et d’échanger. D’ailleurs, j’ai beaucoup apprécié la qualité des interventions : les orateurs étaient très pédagogues, attentifs aux questions et utilisaient des supports bien construits. Les rosaces qui présentent la rotation sont particulièrement bien pensées. Elles pourraient même être utilisées auprès d’un public de scolaires !

Que retenez-vous de cette visite ?

En premier lieu, je retiens la variété et la complexité des problématiques soulevées à l’échelle de la rotation. Par ailleurs, je me félicite de la coopération entre les 3 ITA et leurs partenaires. Ce regroupement de moyens permet de réaliser des travaux de grande ampleur.

Ensuite, cela me conforte dans l’idée que ce type de dispositif, tout comme les FPE du PNRI, est important pour valider des théories et favoriser le transfert de nouvelles pratiques aux agriculteurs. Cela créé des dispositifs très complexes, mais c’est le prix à payer pour avoir une recherche appliquée qui soit crédible. Il ne faut pas économiser, ni son argent, ni ses efforts sur ce type de travaux. Cela ne veut pour autant pas dire qu’il faut multiplier le nombre de plateformes, car ce serait courir le risque de ne plus avoir la capacité de traiter les données produites. Il faut garder quelque chose de représentatif et de proportionné.

Enfin, je suis conforté dans l’idée que l’allongement rotationnel est une bonne chose. Même si au moment de le mettre en place cela peut paraitre compliqué et couteux, cela a, à long terme, des effets bénéfiques, comme la limitation de la prolifération des ravageurs. C’est d’ailleurs l’un des objets de la PAC 2023-2027 qui impose des cultures supplémentaires dans la rotation.

Quelles sont vos réflexions en lien avec cette visite ?

Sur Syppre Picardie, j’ai pu voir de la recherche très appliquée, très proche des attentes du marché, or Syppre n’est porté que par les ITA et donc par les agriculteurs. Cela pose la question du financement de la recherche agricole. Comment faire pour maintenir ce type de plateforme sur l’avenir ? Faut-il une plus grande participation des entreprises à qui bénéficie ce travail ?

Et puis, évidemment, le fait de modifier substantiellement l’itinéraire cultural, nous renvoie, nous, État, à la question de la prise en compte du risque que cela représente pour l’agriculteur. Ce sont des questions qui commencent à être évoquées dans le PARSADA.

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