Tournesol : quel bilan lors de la dernière campagne ?

L’implantation et le développement du tournesol ont été bien menés dans les parcelles du Berry. Les rendements sont néanmoins variables, selon que le type de sol soit superficiel ou profond.

Le tournesol, une plante aux atouts agronomiques intéressants

Le tournesol a un rôle important dans le cadre de la lutte contre les graminées annuelles comme le ray-grass et le vulpin. C’est en raison de ces vertus agronomiques que la plante a été intégrée dans les systèmes de culture d’agriculteurs et de la plateforme d’expérimentation SYPPRE du Berry. Une des clés de la réussite ? « Pouvoir être implantée avec succès à la fois dans les sols profonds que dans les terres superficielles à faible réserve utile, et mettre en place un bon enracinement et une structure de peuplement de qualité », indique Gilles Sauzet, ingénieur de développement chez Terres Inovia et coordinateur de la station SYPPRE Berry.

Un bon enracinement et une structure de peuplement de qualité sont l’une des clés de la réussite.
Crédit photo : G. Sauzet

Ravageurs et sécheresse pendant la campagne

Une dizaine de parcelles ont été suivies de semis à la récolte. Dans 80% des cas, les plantes ont bien levé, en particulier pour les semis précoces (levée les dix premiers jours d’avril). Un petit bémol : des dégâts d’oiseaux sur une parcelle et la présence de limaces sur deux parcelles ont occasionné un re-semis dans les zones concernées qui représentent 15% de la surface.

Les pluies de la fin du mois d’avril ont ensuite permis aux plantes d’avoir une croissance régulière. « Au mois de mai, au stade de bouton, l’indice foliaire était très bon et les plantes très saines, ce qui a permis aux tournesols précoces de conserver un indice foliaire de qualité et d’avoir un très bon remplissage du capitule, en dépit de la sécheresse des deux mois d’été », poursuit Gilles Sauzet. Ce qui n’est pas le cas des plantes plus tardives, qui ont souffert de ces conditions climatiques et ont généré beaucoup moins de graines.

Des tournesols tardifs ont pu souffrir de la sécheresse de juillet et août.
Crédit photo : G.Sauzet

Un rendement variable selon le type de sol

On considère que le potentiel est d’environ 8 à 10 quintaux par hectare pour 100 mm d’eau. En sols superficiels, il a été de 17 à 23 quintaux/ha pour une pluviométrie de 130 à 150 mm et une réserve utile de 70 mm en moyenne. « L’écart est lié à la qualité de la structure du peuplement.» En sols profonds, avec une réserve utile de 120 à 150 mm et une pluviométrie de 150 mm il était en revanche bien supérieur, autour de 30 à 35, selon la réserve utile de ces sols.

Tournesol bio : quel résultat ?

Des tournesols bios ont été installés après de nombreux passages de travail du sol. « On a constaté une très forte levée de ray-grass en même temps que la levée de tournesol, ce qui a nécessité 1 à 2 binages très profitables à la culture. L’agriculteur a choisi de ne pas faire de blé à la suite et de poursuivre son action d’élimination de la graminée avec des cultures de printemps et des faux semis ». La solution dans cette situation ? Revenir donc à une culture de printemps et ne pas hésiter à pratiquer le faux-semis pour détruire les levées successives de ray-grass.

Sans travail du sol : attention aux limaces

Une autre situation s’est présentée sur les parcelles du réseau SYPPRE Berry : un tournesol implanté sans travail du sol, sur un couvert de féverole et avec une qualité structurale et une porosité biologique de très bonne qualité. Résultat : un très bon enracinement, mais l’absence de travail du sol superficiel a généré la présence de limaces, d’où la nécessité d’un re-semis dans les zones concernées. « La solution aurait été de pratiquer un déchaumage au moment de la ponte pour détruire les adultes et les œufs ».

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