La diversification des cultures : « passionnant, mais usant »

Agriculteur dans l’Indre et membre du réseau Syppre Berry, Matthieu Jeanneau témoigne des avantages et des inconvénients de la diversification des cultures qu’il pratique depuis plus de vingt ans sur son exploitation.

Matthieu Jeanneau, agriculteur dans l’Indre sur 345 ha lors du colloque Syppre Berry

En vingt ans, qu’avez-vous appris de la diversification des cultures  ?

Matthieu Jeanneau: Que les cultures de diversification peuvent apporter un bénéfice agronomique sur les cultures principales, qui se traduit assez fréquemment en bénéfice économique. Par exemple, en 2024, le rendement moyen de mon blé tendre est de 74 q/ha, ce qui est assez notable dans le contexte de l’année. Sur les colzas, je gagne environ 2 q/ha lorsque la culture revient dans la rotation au bout de cinq ans au lieu de trois. Et enfin, que les problèmes sont proportionnels au nombre de nouvelles cultures introduites.

C’est-à-dire ?

M.J : Une nouvelle culture, c’est très chronophage : il faut du temps pour trouver un fournisseur de semences, un débouché mais aussi pour le réglage du semoir, du pulvérisateur, leur nettoyage, etc. Ces aspects là créent une charge mentale qui est peu évoquée quand on parle de diversification. À cela s’ajoute du stress tant qu’on ne maîtrise pas la culture, a minima pendant 4 à 5 ans, si tant est que l’on conserve les mêmes moyens de production pendant cette période. C’est passionnant, mais usant.

En quoi Syppre vous est utile vis-à-vis de la diversification ?

M.J: Syppre est une démarche scientifique qui permet de confirmer certaines de nos intuitions. L’aspect longue durée du projet produit des données sur des phénomènes qu’on observe en tant qu’agriculteur, mais qu’on ne pouvait pas objectiver jusqu’ici. Enfin, je bénéficie de la force du réseau : les expériences des autres m’aident à affiner mes choix.

Rendez-vous sur le site de Perspectives agricoles pour plus de détails sur les résultats de la plateforme du Berry

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