Eté 2020 : une fin et un début de campagne encore difficile en Champagne !

Article publié le 18 septembre 2020

Les semis de colza ont été réalisés le 10 août sur la plateforme champenoise.

Pour le système témoin (précédent blé), le semis au semoir monograine est précédé d’un labour et d’un semis de féveroles au semoir à céréales.

Pour le système innovant (précédent pois de printemps), le semoir est couplé (ou semis combiné) au Strip-till, puis un mélange de lotier, fénugrec, trèfle d’alexandrie et trèfle blanc (légumineuses gélives ou pérennes) est épandu et enfoui grâce à un passage de herse étrille très léger à 1 cm de profondeur.

La variété de colza choisie est partiellement résistante au virus TUYV en association à une variété à floraison très précoce pour réduire les dégâts de mélighètes.

Contrairement à la campagne précédente, les deux colza ont été implantés précocement et associés à des légumineuses, ce qui était uniquement le cas du colza innovant en 2019.

Deux jours après le semis, un orage de 16 mm passa sur la plateforme. Il a été bénéfique au colza innovant mais pas suffisant pour le colza sur labour. En effet, ce dernier a « croûté » sous l’effet de cette forte averse. Le colza innovant lève rapidement et assez régulièrement 10 jours après le semis alors que les premiers pieds du colza témoin apparaissent 17 jours après le semis. Un manque trop important de population a nécessité un sur-semis, réalisé le 8 septembre, toujours au semoir monograine, entre les rangs pour épargner le peu de plantes levées.

Avec les conditions sèches actuelles, les associations de légumineuses peinent à lever, il sera certainement nécessaire de re-semer le trèfle en sortie d’hiver dans le système innovant pour le blé suivant.

Contrairement au labour, la technique du strip-till évite la battance des parcelles en cas d’orage et offre une meilleure dynamique de levée les années sèches en colza.

Les cipans ont été semées les 12 et 13 août mais présentent également des difficultés de levée. Entre la vesce, la phacélie et la moutarde. Seule cette dernière est faiblement présente  et peu développée.

Pour les cultures de la campagne 2019-2020 encore en place,  les récoltes approchent.

Le chanvre arrive à maturité et sa récolte est prévue très prochainement.

Les betteraves souffrent de la sécheresse (uniquement 127 mm de précipitation depuis le semis) à laquelle s’ajoutent des foyers de jaunisse virale. En moyenne, 40 % de la surface est touchée par ce virus ce qui est représentatif du secteur. Les rendements se verront fortement impactés. La récolte est prévue vers le 1er novembre.

Des conditions climatiques estivales très difficiles pour les semis de couverts d’interculture du début d’été

Article publié le 15 septembre 2020

A l’image de ce qui s’est passé dans de nombreuses régions, il n’est tombé sur la plateforme Syppre Lauragais (Vieillevigne 31) que 14 mm de pluie entre le 25 juin et le 25 aout, soit le minimum historique sur cette période depuis l’ouverture de la station météo en 1985 alors que la moyenne se situe entre 80 et 90 mm.

Fin juin ont été installés des couverts végétaux : un sorgho fourrager après le blé et du sarrasin après le pois protéagineux, avec un objectif de culture dérobée.

Les semis de couverts ont été réalisés soit en semis direct, sur les chaumes indemnes de repousses d’adventices, soit après déchaumage sur les modalités présentant des repousses (ray-grass, liseron, …). Les levées ont été partielles, par taches en semis direct. Elles ont été pratiquement nulles en semis sur sol travaillé.

Semis de couverts
A gauche : semis direct A droite: semis sur sol travaillé.

La levée du sarrasin a également été très mauvaise.  En revanche, grâce au retour des pluies (25 mm entre fin août – début septembre), on observe une seconde vague très décalée de levée mais qui ne permettra pas d’assurer l’objectif de récolte. De même, ces premières pluies ont provoqué de fortes levées de ray-grass permettant d’espérer un bon effet faux-semis pour la maitrise des adventices dans les cultures suivantes.

A gauche : 2 vagues de levées des sarrasins.
A droite : forte levée de ray-grass après les pluies de fin août

Rencontre « Des espèces végétales et des techniques adaptées au contexte de demain »

Article publié le 25 août 2020

Terrasolis, Vivescia et le GIS GC-HP2E organisent une journée de réflexion interactive, le 25 septembre 2020, à Terralab. Y seront présentés les essais Syppre menés sur la plateforme champenoise.

Quelles sont les problématiques locales et les solutions testées ? Existe-t-il des réponses dans d’autres régions et sont elles transposables ? Quelles sont les pistes qui devraient être étudiées prioritairement par la recherche agronomique française ?

Voici autant de questions auxquelles les organisateurs tenterons de répondre, épaulés des spécialistes de Syppre, d’ARVALIS – Institut du Végétal, de l’ITB, de la Chambre d’agriculture du Grand-Est et de l’INRAe.

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Une moisson précoce et hétérogène

Article publié le 30 juillet 2020

Les récoltes estivales sur Syppre Champagne sont achevées.

Fin juin, la décision est prise de ne pas récolter les pois d’hiver et de printemps suite à de conséquents dégâts de pigeons et corbeaux. Un passage de broyeur a été réalisé dans ces 2 cultures.

Le colza a été récolté le 6 juillet. Les rendements sont décevants (19 qx pour le système témoin contre 25 qx pour le système innovant), notamment du fait de gelées tardives. Ces résultats confirment l’intérêt du semis précoce et d’une association avec des légumineuses mis en œuvre dans le système innovant. Cette conduite avait permis d’obtenir une bien meilleure levée et biomasse que le témoin, et de ne pas avoir recours à des insecticides.

Le blé a été récolté le 10 juillet. Les rendements sont bons :

  • Système témoin : 80 qx pour le blé de betteraves, 89 qx pour le blé de colza
  • Système innovant : 83 qx pour le blé de betteraves, 85 qx pour le blé de colza, 87 qx pour le blé de chanvre

Les taux de protéines sont moyens en précédent colza et betteraves (10,7) et assez bons en précédent chanvre (11,3).

Le 27 juillet, la moisson s’achève avec les orges de printemps. Les rendements sont très décevants (44 qx pour le système témoin, 40 qx pour le système innovant) avec des taux de protéines élevés (13).

Ces rendements reflètent les résultats des exploitations avoisinant la plateforme.

Avant récolte, une note de satisfaction de désherbage a été réalisée et toutes les parcelles étaient satisfaisantes voir très satisfaisantes. A noter que les orges de printemps ont été désherbées exclusivement avec une herse étrille.

Après récolte, des reliquats d’azote sont réalisés sur 3 horizons pour mesurer la quantité d’azote restant dans le sol avant l’implantation du colza et des CIPAN.

Quant aux autres cultures encore en place :

  • Le chanvre a atteint sa taille maximale et est au stade floraison, les parcelles sont propres.
  • Les betteraves ont du mal à couvrir le sol (stress hydrique), la virose dû aux pucerons est bien visible (15% de surface), aucune maladie cryptogamique n’est détectée, le désherbage est satisfaisant.

Agro réseau en visite sur la plateforme Syppre

Article publié le 22 juillet 2020

Une dizaine d’agriculteurs du réseau « Agro réseau »  visitaient le jeudi 16 juillet la plateforme Syppre Béarn. Ce réseau animé par la Chambre D’Agriculture des Pyrénées Atlantique travaille sur la transition des exploitations agricoles vers l’agroécologie en mobilisant des leviers tels que les couverts végétaux, le semis direct et la diversification des cultures au-delà du maïs.

Les différents systèmes de culture expérimentés sur la plateforme ont été présentés avec des réussites (double culture Avoine diploïde (CIVE) – maïs ; rotation maïs soja, soja implanté à 40 cm) mais aussi les échecs (double culture orge-maïs et monoculture de maïs sous couvert vivant de trèfle abandonnées, réintroduction du glyphosate après une année d’expérimentation sans).

Les questions de la part des agriculteurs ont été nombreuses sur des aspects très techniques (itinéraires techniques, type de matériel) mais aussi sur des aspects plus stratégiques avec des réflexions sur la conduite de culture sans recours aux produits phytos. Ils ont également fait quelques suggestions atour de nouveaux systèmes qui pourraient être expérimentés sur cette plateforme. Les échanges riches témoignent de leur intérêt pour cette plateforme en tant que vitrine produisant des données qui alimentent les évolutions de leurs propres systèmes.

Évaluation de la fertilité du sol sur la plateforme Syppre Lauragais.

Article publié le 22 juillet 2020

Différents tests ou mesures sont réalisés sur la plateforme Syppre Lauragais pour évaluer la fertilité du sol, son évolution, et les différences qui pourraient exister entre les 2 systèmes de cultures étudiés.
Une des manips réalisées récemment est le « test du slip ». Il s’agit d’une méthode visuelle d’évaluation de l’activité biologique des sols. Il consiste à enfouir dans le sol des slips 100% coton blanc et d’observer leur niveau de dégradation après 90 jours (test réalisé entre mars et juin sous culture de blé dur). Le constat visuel permet de mettre en évidence une dégradation plus importante du tissu sur la modalité du système innovant comparativement au système témoin. Après pesée, le pourcentage de décomposition est de 40% sur le système innovant et de 20% sur le système témoin.

En complément, un slake test a été réalisé fin juin qui permet de mettre en évidence la stabilité structurale d’une motte de terre de l’horizon de superficiel sur 4 modalités. Les photos prises quelques minutes après l’immersion des mottes dans les colonnes d’eau montrent des différences sur la dispersion des mottes et la turbidité de l’eau.

Sur le plan purement visuel, on peut identifier une meilleure stabilité structurale de la motte de terre dans les modalités du système innovant par rapport au témoin. Ces observations seront complétées par des mesures quantitatives qui permettront de mieux caractériser le sol.

#SyppreLauragais, le blé s’enracine plus profondément que prévu.

Article publié le 18 juin 2020

Afin de compléter la caractérisation des sols sur la plateforme Syppre Lauragais, un profil racinaire a été ouvert dans une parcelle en blé dur du système innovant le 17 juin 2020.

Il s’agit d’une fosse d’1,7 m de profondeur (photo 1) dans lequel les racines de blés sont décomptées grâce à une grille spécifique (photo 2). Cela permet de connaître la profondeur de sol prospecté par la culture. On a sélectionné le blé car de toutes les culture présentes dans le système à cette époque-ci, c’est celle dont les racines sont capables d’aller le plus loin et dont le stade de développement est le plus avancé.

Photo 1 : Fosse de 1.7 m de profondeur
Photo 2 : Grille pour le décompte des racines

Contre toute attente, on trouve des racines de blé jusqu’à 1,5 mètre de profondeur alors même qu’une zone assez compacte se trouve entre 50 cm et 1m.

Ces observations permettront de mieux caractériser le réservoir utile de la parcelle et donc d’avoir un meilleur bilan hydrique en fin de campagne.

Des évolutions à prévoir suite au Comité de pilotage de la plateforme Syppre Champagne

Article publié le 16 juin 2020

Le COPIL de la plateforme Syppre Champagne s’est réuni le 12/06 pour faire le point sur la campagne en cours et sur les évolutions à prévoir sur le système innovant. La conduite des colzas sera modifiée, et le maintien des pois dans l’assolement a été remis en cause.

Assolements des systèmes témoin et innovant de la plateforme Syppre Champagne

Une année désastreuse pour les pois

La campagne 2019/20 a été marquée par de forts dégâts d’oiseaux sur les pois de la plateforme Syppre Champagne. Les pois de printemps et d’hiver présents dans l’assolement innovant ne seront très probablement pas récoltés. La pression est particulièrement forte sur le site expérimental Terralab.

Si la présence des ces deux pois posait déjà auparavant un problème de rentabilité pour le système innovant, la campagne en cours vient le confirmer.

Si un des deux pois venait à être conservé, il s’agirait du pois d’hiver, qui présente un potentiel de production supérieur au pois de printemps.
Une proposition faite lors du COPIL est de tenter d’associer le pois à une céréale (ou autre espèce) pour limiter la verse, l’égrenage, et faire une barrière physique pour limiter les dégâts autant que faire se peut.
Concernant le pois de printemps, deux propositions ont été évoquées lors du COPIL pour maintenir une légumineuse devant colza :

  • La mise en place d’une lentille qui serait moins sujette aux dégâts d’oiseaux,
  • La mise en place d’une vesce pour de la production de semences.

Le retour de l’association colza/légumineuses pérennes

Le colza du système témoin était conduit jusqu’à maintenant avec une date de semis plus tardive que le colza du système innovant (fin août vs. début août). Afin de suivre au mieux les conseils de Terres Inovia, ce colza sera désormais implanté à la même date que le colza innovant, et associé à une féverole.
Du côté du système innovant, il a été décidé pour la prochaine campagne de retenter une association avec des légumineuses pérennes (lotier, trèfle blanc), et gélive (fenugrec). La taille des semences permettra un semis à la volée derrière le semis de colza qui sera ré-appuyé avec un passage de rouleau. Un passage de herse sera tenté si les conditions le permettent pour enfouir légèrement les graines (résidus du précédent pois peu nombreux).

Des abeilles adhérent au projet Syppre

Article publié le 12 juin 2020

Trois ruches ont été installées sur la plateforme Syppre de Picardie, à la faveur d’un partenariat avec la start-up Terre des abeilles. Objectif : préserver la biodiversité et mettre en valeur nos écosystèmes.

La plateforme Syppre a noué un partenariat avec Terre des abeilles. Cette start-up, développée par le négociant Ternoveo, installe des ruches auprès des agriculteurs des Hauts-de-France afin de développer la biodiversité et faire coexister les pratiques agronomiques et l’apiculture.

Au début du mois de juin, la plateforme Syppre a ainsi accueilli trois ruches, situées en bordure des parcelles. Elle s’est engagée à mener une démarche éco-responsable en utilisant les bonnes pratiques culturales, dans le respect de cet auxiliaire indispensable et de la biodiversité.  

Pour la plateforme Syppre, l’objectif est de « montrer que les pratiques agricoles ne sont pas néfastes à la vie des abeilles, qui peuvent cohabiter avec les différents systèmes de culture », confirme Nicolas Latraye, ingénieur de développement de Terres Inovia et animateur de la plateforme. Ce partenariat a été signé pour deux ans et pourra être reconduit.


#SyppreBéarn, support de test de Biofunctool

Article publié le 11 juin 2020

Biofunctool® est une méthode « low tech » d’évaluation du fonctionnement du sol via la mesure de 9 indicateurs de terrain facilement accessibles.

Biofunctool® : une méthode d’évaluation du fonctionnement du sol
Prélèvements d’agrégats début juin 2020 (photo Arvalis)

Cette méthode permet de caractériser trois fonctions du sol : dynamique du carbone, cycle des nutriments et maintien de la structure.

Agroréseau, partenaire de la plateforme SYPPRE Béarn, teste cette année Biofunctool ® chez des agriculteurs dans les conditions pédoclimatiques béarnaises. La plateforme SYPPRE Béarn a servi de support de test. Des mesures ont été ainsi réalisées sur deux systèmes (la référence monoculture de maïs et la rotation maïs-soja en semis direct).

Plus d’infos sur Biofunctool