Un bilan de campagne 2018/19 mitigé sur la plateforme du Lauragais

Article publié le 8 novembre 2019
Sur la plateforme Syppre du Lauragais, les conditions climatiques ont permis de belles performances sur les céréales d’hiver et expliquent en partie des résultats plus mitigés en cultures de printemps obtenus cette année.
bilan de campagne 2018/2019

Pour les céréales d’hiver, le début de campagne s’est déroulé dans le sec, laissant craindre une perte de potentiel. Mais la combinaison de pluies sans excès et de températures douces dès le début du printemps 2019 ont conduit à des résultats très satisfaisants. En revanche, les cultures d’été ont souffert de conditions sèches précoces, couplées à des vagues de chaleur à des périodes sensibles de leur cycle. Et les pluies sont arrivées trop tard pour sauvegarder le potentiel.

Au final, le blé dur installé après pois protéagineux obtient un très bon rendement (89 q/ha). Il a bénéficié d’une bonne valorisation de l’effet précédent et d’une fertilisation azotée optimisée à l’aide de l’outil de pilotage CHN.

Il en est de même pour le blé tendre après tournesol (81 q/ha). Cependant, un désherbage chimique renforcé a été nécessaire vis-à-vis du ray-grass pour contenir les risques de dérive.
Le pois protéagineux d’hiver, qui vient après le sorgho, a également été plutôt réussi (45 q/ha).

Du côté des cultures de printemps, le rendement du tournesol a été affecté par le déficit hydrique estival (19 q/ha). Il est cependant intéressant de noter que le couvert associant féverole et phacélie, détruit mécaniquement un mois avant le semis du tournesol, confirme son efficacité vis-à-vis de l’érosion.

Le sorgho a été très fortement pénalisé par la CIVE (culture intermédiaire à valorisation énergétique) de triticale installée dans l’interculture précédente. Ce couvert atteint en effet une biomasse élevée (7,3 t MS/ha), qui a pénalisé la disponibilité hydrique et la maîtrise des repousses.

En savoir plus sur le système mis en place sur la plateforme Syppre du Lauragais

Le système de cultures à l’étude évolue en 2019-2020 sur la plateforme Lauragais

Article publié le 28 octobre 2019

La principale évolution porte sur la séquence de cultures autour du colza dans la rotation. En effet, la succession Colza – Blé dur – Orge, initialement retenue dans le système de cultures, a été transformée en Pois chiche – Colza – Blé dur.

La plateforme Syppre Lauragais fait évoluer son système innovant. Ceci afin de mieux répondre aux ambitions de réduction de la dépendance aux intrants, et plus particulièrement l’usage des herbicides.

Cette reconception est motivée par l’amélioration de la gestion du ray-grass pour lequel des dérives de salissement ont été mesurées les premières années.

nouvelle rotation dans le système de cultures à l'étude sur la plateforme Syppre Lauragais
La nouvelle rotation du système de cultures de la plateforme Syppre Lauragais en 2019-2020
colza dans la nouvelle rotation du système de cultures étudié

Le colza après pois chiche est mis en œuvre en 2019. L’implantation a été réalisée en direct avec un semoir monograine en repassant dans les lignes de semis du pois chiche pour profiter de l’état structural. L’opération a bien réussi.

Le couvert de sorgho fourrager a été installé de suite après la récolte du blé dur et avant pois chiche. Il a profité des pluies d’août pour atteindre un développement végétatif intéressant.

En savoir plus sur le système innovant de la plateforme Syppre Lauragais

Le sarrasin, culture dérobée ou culture intermédiaire ?

Article publié le 25 octobre 2019

Sur la plateforme Syppre Picardie, le sarrasin a été implantée pour la deuxième année consécutive pendant l’été 2019. Il constitue une interculture intéressante : gestion des adventices et limitation des pertes azotées, et lorsqu’une récolte est possible, il permet d’augmenter la rentabilité du système de culture. Bilan de deux années de campagne.

Sarrasin sur la plateforme Syppre de Picardi (au 18 septembre 2019 avec bande non semée).

Un été 2018 favorable au cycle de développement du sarrasin.

Le sarrasin fut implanté après l’échec de la culture de féverole. Cette dernière, ressemée deux fois, a été abandonnée dans deux parcelles sur trois. Cette troisième année d’échec a conduit à son remplacement par du pois d’hiver.

Le sarrasin a été semé entre la récolte de la légumineuse (féverole en 2018 et pois d’hiver en 2019) et le semis du blé tendre d’hiver qui suit. Sur les deux autres répétitions, un sarrasin a été implanté précocement, le 14 juin 2018, à une dose de 43kg/ha. La levée a été rapide et le salissement modéré (seules quelques zones avec une forte levée de chénopode ont dû être broyées par la suite afin d’éviter le salissement des modalités). Sa récolte, effectuée le 27 septembre a donné un excellent rendement : 24 q/ha en moyenne sur les deux parcelles récoltées (21,1 pour la parcelle la plus impactée par les chénopodes et 26,7 pour l’autre).

L’été 2019, première année en condition réelle

Afin d’éviter toute levée d’adventices et de limiter l’assèchement du sol, le semis du sarrasin a été réalisé en direct avec le semoir Easydrill le 9 juillet après la récolte du pois d’hiver le 5 juillet. Malgré un semis dans des conditions satisfaisantes, l’absence de pluie n’a permis une levée du sarrasin que le 28 juillet, juste après une période de précipitations. Cette levée tardive n’a pas permis un développement optimal du sarrasin et les premières fleurs ne sont apparues que mi-septembre, compromettant la récolte. Afin d’éviter toute relevée hivernale de sarrasin, il a été décidé de le détruire le 26 septembre avant la fructification.

Même si aucune récolte n’a été faite, cette année 2019 nous a permis de garder une interculture propre et d’éviter les fuites d’azote en interculture après pois d’hiver :

  • Le potentiel de concurrence vis-à-vis des adventices du sarrasin a pu être démontré sur la plateforme. Une bande non-semée fut laissée dans les parcelles et de nombreuses levées d’adventices (matricaires et chardons majoritairement) ont pu être observées alors que peu ou pas d’adventices étaient présentes dans les parties semées (photo ci-dessous).
  • Durant son cycle de développement, le sarrasin à produit 741g/m² de matière verte et a piégé 29 unités d’azote dans ses parties aériennes.

Des conditions météorologiques profitables aux cultures et au COPIL !

Article publié le 17 octobre 2019

En cette mi-octobre, le retour des précipitations profite à la quasi-totalité des cultures de la plateforme champenoise. C’est ce qu’a pu constater le COPIL de la plateforme terre de craie qui a visité toutes les modalités le 11 octobre.

Tour de plaine

Coté betteraves, les maladies foliaires ne progressent pas et la récolte est prévue vers le 25 octobre.

La récolte du chanvre a elle déjà eu lieu (le 30 septembre). Le rendement en chènevis est de 8,54 quintaux, dans la moyenne régionale. L’endainage et le pressage des pailles seront réalisés dès que les conditions météo le permettront.

Au niveau des colzas, ceux semés au stip till, dans le système innovant, début août atteignent désormais le stade 10 feuilles (voir photo). Les plantes compagnes et les repousses de pois se retrouvent sous le colza et n’ont pas d’effet de concurrence. Aucun insecticide n’a été appliqué.

Les colzas du système témoin viennent, eux, de terminer leur levée avec le retour des pluies. Leur stade  est très hétérogène (entre 2 et 5 feuilles). Une intervention insecticide est prévue dans les prochains jours suite à des captures de grosses altises et de charançon du bourgeon terminal dans les bacs jaunes.

Sur les autres cultures :

  • Les CIPAN et CIVE se développent avec le retour des précipitations (voir photo).
  • La moutarde semée tardivement se développe légèrement mais régulièrement.
  • Les premiers semis de blé ont été réalisés le 14 octobre dans de bonnes conditions.

COPIL Syppre Champagne

Le COPIL Syppre Champagne a été accueilli le 11 octobre par Cristal Union à la sucrerie de Bazancourt. Trois thèmes principaux ont été abordés : l’association trèfle-colza, la stratégie de la plateforme pour la valorisation énergétique de biomasse, le désherbage mécanique.

Il était initialement prévu sur la plateforme d’associer au moment du semis du colza, un trèfle, maintenu dans le blé suivant. La première année s’est statuée par un échec pour plusieurs raisons : semis trop tardif du colza, impact du désherbage du précédent sur le développement du trèfle. Depuis, cette association a été mise de côté, et remplacée par une association avec de la féverole et de la lentille, intéressante notamment pour diminuer la pression ravageurs.

Avec dorénavant un colza implanté plus précocement que les deux premières campagnes, la question s’est posée au COPIL de revenir ou non à la mise en place du trèfle. Philippe Hauprich d’Arvalis, en charge de la plateforme expérimentale de Poix a animé la discussion à ce sujet. Son expérience relève deux difficultés principales : la réussite du semis, et la régulation du trèfle. Il a été décidé de maintenir une association féverole-lentille pour plusieurs raisons : réduction intéressante de la pression ravageurs, difficulté de réussir un trèfle avec la concurrence des repousses du précédent (pois de printemps) dans le colza,  programme herbicide compatible avec le trèfle plus restreint. Cependant, il a été décidé de tenter, uniquement les années où une opportunité climatique se présente, de semer au printemps du trèfle dans le colza. Deux solutions de semis ont été évoquées : un semis à la volée avec l’épandeur à engrais, ou bien un semis au semoir à disques pour casser un peu de feuilles et laisser un peu de lumière au trèfle. La destruction de ce dernier est prévue dans le blé suivant pour éviter de le concurrencer. La question se pose tout de même des chances de réussite d’une bonne levée du trèfle dans un colza bien développé.

La production de biomasse pour valorisation énergétique était un des objectifs initiaux de la plateforme Syppre. Cependant, la stratégie appliquée, avec les contraintes fixées par les cultures principales mises en place, ne permet par d’y répondre. Une seule interculture peut véritablement accueillir une CIVE d’été : pois d’hiver/chanvre. La question a été posée au COPIL de la possibilité d’introduire des CIVE d’hiver, avec la contrainte de reculer la date de semis de la culture suivante et donc d’affecter son potentiel de production. La seule culture sur laquelle un compromis sur la date de semis ait été accepté est le chanvre. Or, celui-ci se situe après pois de printemps, seule culture où une CIVE d’été est envisageable. Les possibilités sont donc trop restreintes à ce jour pour répondre à cet objectif de production de biomasse. Des propositions de modification d’assolement pourraient cependant être faites au prochain COPIL.

Enfin, concernant le désherbage mécanique, le CETA de Romilly est intervenu pour faire un retour d’expérience de ses agriculteurs sur l’emploi de la herse étrille sur différentes cultures. L’équipe technique de l’ITB a noté les différentes pratiques. L’objectif a été fixé par le COPIL de ne plus intervenir chimiquement dans l’inter-rang des betteraves.

L’Action Syppre lauréate des ITA’Innov

Article publié le 16 octobre 2019

La remise des trophées ITA Innov 2019 se tenait ce 15 octobre à Paris. L’Action Syppre a été récompensée dans la catégorie « Equipe innovante ». Le jury distingue ainsi l’originalité de ce projet inter-instituts (fédérant Arvalis – Institut du Végétal, Terres Inovia et l’ITB), son fonctionnement remarquable et sa contribution à la création de valeur au sein des filières et des territoires.

Le jury de l’édition 2019 des ITA’Innov récompense l’Action Syppre en tant qu’ « Équipe innovante ». Ce trophée récompense le mode de fonctionnement de Syppre qui mise sur la co-construction, avec différents acteurs du monde agricole et en particulier les agriculteurs.

Pour ce faire, Syppre met l’accent sur la cohésion des équipes et leur implication. Les 26 collaborateurs des trois instituts agricoles grandes cultures (ARVALIS-Institut du végétal, Terres Inovia et l’ITB) qui sont impliqués dans le projet sont organisés en groupes nationaux d’actions transversales, et groupes régionaux pour la mise en œuvre du projet. En effet, l’Action s’ancre dans 5 territoires : Béarn, Berry, Champagne, Lauragais et Picardie.

Les trophées ITA Innov récompensent, tous les 2 ans, les découvertes et innovations issues de la recherche appliquée française des instituts techniques agricoles (ITA). Le concours est placé sous le haut patronage des ministères de l’Agriculture et de l’alimentation et de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation.

Pour cette 3è édition l’ACTA a reçu 37 candidatures. Le jury en a retenu 11. 4 ont reçu un prix.

Le jury d’experts, présidé par Claude Bernhard, Directeur d’Agreenium, compte 19 représentants des univers de la recherche, de l’entreprise, de la sphère institutionnelle et de la société civile.

Syppre vise à construire les systèmes de cultures de demain répondant aux enjeux de la triple performance : productivité physique, rentabilité, excellence environnementale. L’enjeu est de produire des connaissances et des outils pour accompagner la transition vers des systèmes durables et multi-performants. Syppre s’inscrit dans une dynamique nationale et européenne d’appréhension de l’agriculture avec une approche globale, systémique, inter-filière et de partage d’informations avec les agriculteurs directement impliqués.

Contacts Presse :

Xavier GAUTIER – ARVALIS – Institut du végétal – Tel 01 44 31 10 20 / 06 80 31 31 53 – presse@arvalis.fr

Hélène DORCHIES – ITB – Tel 01 44 69 43 54 / 06 13 86 22 54 – h.dorchies@itbfr.org

Tiphaine de BELLOY – Terres Inovia –Tel 01 39 53 01 10 – belloy@droitdevant.fr

Arvalis, l’ITB et Terres Inovia font partie du réseau Acta – Les instituts techniques agricoles

Le projet Syppre a le soutien du Groupement d’Intérêt Scientifique Grandes Cultures à Hautes Performances Economiques et Environnementales

Arvalis et Terres Inovia sont composantes de l’institut Carnot Plant2Pro®

Introduire une céréale dans une monoculture de maïs

Article publié le 15 octobre 2019

Depuis trois ans, Arvalis évalue deux systèmes innovants : une monoculture de maïs avec une avoine CIVE en interculture et une double culture orge-maïs. Leurs performances sont comparées à celles d’une monoculture de maïs labourée et mulchée.

Monoculture de maïs avec une orge  intercalée
Arvalis évalue en Béarn les performances d’une monoculture de maïs où une orge ou une avoine rude a été intercalée.

À Sendets (64), sur la plateforme SYPPRE-Béarn(1), Arvalis expérimente depuis 2015 la pérennité et la rentabilité d’une double culture d’orge d’hiver suivie d’un maïs grain non irrigué. En moyenne sur trois ans, l’orge d’hiver a une productivité sur les terres noires de cette région de 55 q/ha. Le meilleur résultat a été obtenu en 2017 (71 q/ha). Et le pire (41 q/ha) en 2018, année marquée par un hiver très humide. L’orge d’hiver est en général récoltée dans la deuxième quinzaine de juin. Plus la récolte est précoce, plus l’implantation du maïs peut s’envisager tôt. Ceci diminue les risques de le récolter à des dates vraiment trop tardives. Il est donc préférable de s’orienter vers des variétés d’orges précoces.

Afin de diminuer les coûts, le maïs est implanté avec des techniques les plus simplifiées possibles. Néanmoins, si les pailles de l’orge ne sont pas exportées, il est difficile de se passer d’une étape de broyage suivie d’une incorporation. La variété de maïs choisie doit donc être la plus précoce possible (groupe G0) pour minimiser les coûts de séchage….

Pour en savoir plus, lire l’article complet (mai 2019)

Plateforme du Berry : bilan de la campagne 2019

Article publié le 2 octobre 2019

La campagne qui vient de s’achever a été marquée par des écarts climatiques importants, avec un fort déficit hydrique depuis mai 2018. Mais la plateforme peut néanmoins compter sur de belles réussites.

Couvert en interculture sur la plateforme du Berry le 3 octobre 2019 (photo G.Sauzet)

Les points positifs

Les blés, installés derrière le pois et le colza, ont été fortement enherbés de vulpin en sortie d’hiver. Facilité par une météo clémente, le désherbage mécanique réalisé en février 2019 avec une herse étrille a permis de supprimer 60% de cette adventice et d’avoir un rendement correct, en blé de colza en particulier.

Le blé de tournesol a été installé en semis direct. Résultat : des parcelles très propres, une absence de vulpin et des rendements supérieurs aux prévisions. Depuis quatre campagnes, le tournesol est, en effet, un précédent qui permet d’obtenir un blé peu enherbé en vulpin, peu consommateur d’intrants désherbage et d’exprimer son potentiel.

L’orge témoin a été retourné pour faire de l’orge de printemps car, malgré un semis retardé, la pression du vulpin est forte. Mais la culture est de très bonne qualité.

Adventices : la succession de colza, maïs et tournesol en système innovant a permis d’éviter des levées de vulpin dans le blé. Quant au tournesol, la culture est intéressante dans le système mis en place par la plateforme car les différentes actions de déchaumage ont limité les levées d’adventices depuis trois ans. De ce fait, la parcelle est propre sans avoir recours au désherbage chimique et le binage est suffisant.

Les points bloquants

Les semis de colza ont été raté, malgré d’une date de semis précoce (au 8 août 2018, juste avant la pluie annoncée). Les précipitations, qui ont eu lieu les 12 et 13 août, ont été plus faibles que les prévisions (7 mm au lieu de 14). Surtout, le sol était très sec et le travail du disque n’a pas créé suffisamment de terre fine. Le positionnement des graines a donc été de mauvaise qualité. La plupart ont séché après germination.  En effet, la profondeur de semis est déterminante, la jeune racine devant vite trouver la fraicheur.

Il a donc fallu trouver des cultures de substitution avec le tournesol et le soja. Le tournesol a résisté correctement. Mais le soja a souffert d’une levée abondante de cénopodes malgré l’utilisation d’herbicides.

Le projet Syppre à l’honneur en Hongrie !

Article publié le 26 septembre 2019

La conférence internationale sur la diversification des cultures, tenue à Budapest les 19 et 20 septembre, a été l’occasion de mettre en avant les premiers résultats du projet Syppre.

©Gabor Pap

Organisé à l’initiative d’un cluster de projets H2020 dont DiverIMPACTS, au sein duquel des projets régionaux Syppre constituent des cas d’études, ce congrès a réuni à Budapest des scientifiques du monde entier, travaillant sur les questions de diversification.

De nombreuses sessions de présentation ont permis de balayer des thèmes variés : évaluation des systèmes diversifiés, outils au service de la diversification des systèmes, verrous technologiques à la diversification, etc.

Deux présentations ont mis à l’honneur le projet Syppre :

  • Une première a traité des résultats obtenus en 2016-17 et 2017-18 en termes de performance pour les cinq plateformes expérimentales. La diversification des cultures étant un levier important mobilisé dans l’ensemble des régions, les intérêts et les inconvénients liés à celle-ci ont été relevés.
  • Une seconde présentation a été faite sur le projet régional berrichon, avec un focus sur les performances des systèmes mis en œuvre dans le groupe d’agriculteurs local comparées à celles de la plateforme expérimentale du Berry. L’objectif était aussi de montrer le processus d’implication de ce groupe dans la re-conception de leurs propres systèmes de culture et dans la co-conception du système testé sur la plateforme expérimentale.

L’outil inter-instituts pour l’évaluation multicritères des systèmes de culture, Systerre, mobilisé dans le projet Syppre, a aussi fait l’objet d’une présentation et d’un poster.

Sécheresse et adventices au rendez-vous

Article publié le 23 septembre 2019

En cette mi-septembre 2019, les cultures souffrent sur la plateforme Champagne. L’absence de pluies récentes impacte les plantes, particulièrement les Cipan et le Colza sur labour. A cela s’ajoute une forte présence de chardons et réséda pour lesquels il faudra trouver un moyen de lutte (arrêt du déchaumeur à disque, utiliser un déchaumeur à dent…).

La couverture betteravière est actuellement de 90 %, avec des zones sèches (cailloux) bien visibles et des feuilles fanées.

La cercosporiose a fait son apparition tardivement. Chaque modalité a été protégée par  un fongicide en juillet. Et seule la modalité 15 a reçu un second fongicide fin août.

Les teignes ont profité de la sécheresse persistante de ces 3 dernières semaines mais aucune intervention n’a été réalisée.

De nombreuses adventices sont présentes sur la modalité 15 (chénopodes, réséda, mercuriales, chardons) alors que les modalités 3 et 10 sont propres. Ces adventices sont liées à  la présence de tournesol  dans la rotation.

Du côté du chanvre, la maturité est proche avec des parcelles très propres. Cette culture est intéressante pour le nettoyage des parcelles.

Le colza semé en StripTill le 8 août a connu une très belle levée et implantation. Il est actuellement au stade 6 – 8 feuilles. Le couvert de féveroles et lentilles est lui aussi bien levé. De nombreuses repousses de pois apparaissent néanmoins. Aucune destruction de celles-ci n’est pour l’instant envisagée mais la situation est à surveiller.

Le colza semé sur labour le 23 août connait lui une levée très hétérogène, avec des zones qui vont du stade non germé à des plantes qui atteignent le stade 2 feuilles. Des dégâts d’oiseaux (pigeon, perdrix) sont observés et de grosses altises arrivent. Le potentiel de ce colza est certainement déjà bien impacté.

Au niveau des CIPAN et CIVE, le développement est lent cette année. La vesce semble avoir du mal à s’implanter, contrairement à la moutarde, la phacélie et l’avoine.

Pour les CIPAN et CIVE semés le 1er août, les constats sont hétérogènes :

  • Moutarde + Vesce : bonne levée de la moutarde, moins bien pour les vesces, avec de nombreuses repousses de blé.
  • Chlorofiltre (Trèfle + Vesce + Avoine à 25kg/ha = CIPAN) : la levée est moyenne, avec nombreuses repousses de blé.
  • Chlorofiltre (à 40kg/ha = CIVE) : bonne levée mais développement lent, avec quelques repousses de pois et colza.
  • Puzz Cover (Phacélie + Vesce) : bonne levée de la Phacélie, moins bien pour les vesces, avec de nombreuses repousses de blé.
  • Moutarde semis précoce : très belle levée. Le développement est bon malgrès de nombreuses repousses de blé.

Les CIPAN semées le 6 septembre (moutarde en semis tardif) ne sont eux pas levés.

Quel couvert de légumineuses semer avant un maïs ?

Article publié le 23 septembre 2019

C’est au cœur du Béarn, dans le cadre du projet Syppre, que plusieurs instituts techniques testent des systèmes de culture innovants à base de maïs. Un des leviers étudiés ici pour réduire la dépendance aux engrais azotés est l’introduction de couverts à base de légumineuses avant le maïs grain. Quelles espèces choisir ? Comment les détruire ? Eléments de réponses en vidéo avec Clémence Aliaga et Sylvie Nicolier d’ARVALIS et Julien Noguiez de la FDCuma 640.

L’objectif recherché en implantant une légumineuse avant un maïs est d’obtenir une biomasse importante du couvert pour l’effet azote, mais également pour l’effet mulch qui diminue les levées d’adventices en semis direct.

Quelle espèce de légumineuses semer ?

Les premiers essais ont porté sur la féverole, qui reste la légumineuse la plus utilisée avant le maïs. Facile à détruire, elle tolère des semis tardifs. Elle est capable de produire une biomasse intéressante même sur des semis de fin octobre. Cependant, sa sensibilité aux maladies foliaires et à l’hydromorphie sont mises à rude épreuve dans les zones à forte pluviométrie hivernale comme le piémont pyrénéen ou la façade Atlantique. Les années très pluvieuses peuvent entraîner sa destruction naturelle très précoce, ce qui laisse la place aux adventices. Dans ces situations, il est donc recommandé d’associer la féverole avec d’autres espèces (radis, phacélie…).

Lorsque l’on peut semer le couvert assez tôt, les vesces sont des légumineuses intéressantes et bien adaptées à nos régions. Lorsqu’elles se développent bien, leur pouvoir couvrant permet de limiter les levées d’adventices. Mais leur destruction mécanique reste difficile.

Le pois fourrager constitue une autre possibilité. Mais on ne peut pas espérer obtenir une biomasse aussi importante qu’avec de la féverole, surtout en semis tardif. Comme la féverole, il est préférable d’associer le pois qui a un pouvoir couvrant assez faible. 

Des essais sont également menés avec la vesce de Narbonne et les lupins.

Avec quel outil détruire le couvert ?

Toujours dans l’optique d’une moindre dépendance aux intrants de synthèse, plusieurs outils sont testés sur le dispositif pour une destruction mécanique du couvert.

Les déchaumeurs à dents ne se sont pas montrés adaptés à ce type de travail. 

Le rouleau Faca, qui effectue avant tout un travail de fractionnement au même titre qu’un broyeur, ne s’est montré efficace que sur des espèces de couvert à port dressé.

Quant à la herse rotative, elle est efficace en termes de destruction mais propose des débits de chantier assez faibles.

Enfin, des déchaumeurs à disques indépendants ont été testés à plusieurs profondeurs (4 et 8 cm). Seul un travail profond a conduit à une destruction correcte du couvert de légumineuse.

Qu’est-ce que SYPPRE Béarn ?

Le projet Syppre a été lancé parARVALIS – Institut du végétal, Terres Inovia et l’Institut Technique de la Betterave en 2013. En Béarn, ARVALIS et Terres Inovia, en partenariat avec Euralis, la Chambre d’agriculture des Pyrénées-Atlantiques et la FDCUMA 64, pilotent une plateforme d’essais de longue durée à Sendets (64) chez Jean-Marc PEDEBEARN. Ainsi, l’objectif est de faire émerger des systèmes de culture à base de maïs moins dépendants aux intrants de synthèse.