Un test de stabilité structurale en faveur du système innovant

Article publié le 22 juillet 2022

L’équipe expérimentale Syppre Lauragais a réalisé un test de fertilité physique du sol appelé « Slake test ». L’objectif est d’évaluer la stabilité structurale en comparant les vitesses de délitement d’une motte de terre dans l’eau et de comparer ainsi différentes structures de sol. Dans cette expérience, deux modalités sont comparées :

  • le système témoin après un labour d’été et avant l’implantation d’un tournesol au printemps ;
  • le système innovant, dont le sol avant l’implantation du tournesol n’est pas labouré et fait l’objet d’une double couverture végétale : du sorgho fourrager implanté après la récolte de blé dur et détruit à l’automne et une association de féverole et de phacélie semée directement dans le couvert de sorgho à l’automne et détruite mécaniquement (sans Glyphosate) trois semaines avant l’implantation du tournesol.

Le protocole de ce test prévoit des agitations des mottes 5 minutes, puis 25 minutes après la mise dans l’eau.

On voit nettement que la motte du système innovant reste plus stable sur les 35 minutes d’expérience que celle du système témoin labourée. La structure du sol est donc améliorée et le sol moins sujet à l’érosion dans le système innovant que dans le système témoin labouré un an sur deux. C’est aussi ce que l’on peut voir lors de chaque phénomène érosif observé sur la plateforme depuis sa mise en place qui affecte le système témoin et pas le système innovant.

#SyppreChampagne – La plateforme visitée ce printemps

Article publié le 24 juin 2022

La plateforme expérimentale du projet Syppre en terres de craie a accueilli des agriculteurs lors de 2 visites en mai et juin, l’occasion de présenter le projet Syppre mais aussi le système innovant mis en place et d’échanger avec eux.

Le 19 mai, une quinzaine d’agriculteurs adhérents du GRCETA de l’Aube ainsi que leur technicien Thomas BEZIAUD sont venus visiter la plateforme Syppre champenoise.

La journée a commencé par une présentation du site TERRALAB par Gaël PONSARDIN (Chambre d’Agriculture de la Marne), avec la définition de ses objectifs, résultats, travaux et projets, suivi d’une visite en bus de la plateforme située sur l’ancienne Base 112.
L’après-midi, Paul TAUVEL (ITB, chef de projet Syppre) a présenté le réseau Syppre, ses 5 plateformes et leurs objectifs, avec un focus sur la plateforme champenoise, un bilan des 6 années, les réussites et les échecs, et les évolutions prévues.
Puis Jonathan MAJERUS (ITB, pilote opérationnel Syppre) a fait visiter la plateforme en expliquant les itinéraires, les problèmes techniques rencontrés, les réussites.
Les échanges entre l’équipe Syppre et ce groupe d’agriculteurs ont été enrichissants et permettent de remettre en question certaines techniques.

Le 8 juin, un groupe de 8 agriculteurs, adhérents à la CGB Champagne Bourgogne, sont venus à leur tour visiter la plateforme. La même présentation de Syppre leur a été faite, le tour des parcelles s’est fait en voiture sous la pluie tant attendue.
Les échanges ont également été très fructueux.

Les structurales 2022

Article publié le 30 mai 2022

Plus de 200 participants se penchent sur la fertilité des sols

En mars 2022 se tenaient les deux premières éditions des Structurales sur les plateformes expérimentales Syppre Béarn et Syppre Lauragais. Elles ont permis de rassembler plus d’une centaine de personnes sur chaque site.

Ces nouveaux rendez-vous ont été conçus pour aborder et expliciter les différents aspects de la fertilité des sols auprès d’un public professionnel. Les composantes de la fertilité et du bon état d’un sol étaient détaillées dans quatre ateliers.

1) Choisir et implanter son couvert

Le choix de l’espèce à implanter est primordial pour garantir la réussite de la culture intermédiaire. Il doit prendre en compte plusieurs critères : la date de semis, l’adaptation des espèces au contexte pédo-climatique, la facilité de destruction et les objectifs agronomiques (fourniture d’azote à la culture suivante…). Dans le contexte béarnais où les cultures d’été sont prépondérantes, les dates d’implantation souvent tardives orientent en général les agriculteurs vers des légumineuses qui tolèrent des implantations du mois d’octobre (féveroles, pois fourrager…) ou des graminées (beaucoup plus difficiles à détruire).

Dans le contexte lauragais, la féverole seule ou associée à une crucifère ou une phacélie reste l’espèce privilégiée par les producteurs dans les intercultures longues. Implantée en octobre et détruite courant mars à début avril, elle contribue, en plus de la fourniture d’azote, à réduire les risques d’érosion dans les coteaux.

2) Les différents tests d’évaluation de la fertilité

Un panel de tests était présenté sur cet atelier, plus ou moins complexe à mettre en œuvre.

Certains tests permettent d’évaluer qualitativement ou quantitativement la microfaune et la macro-faune du sol, responsables de la dégradation des végétaux en matière organique ainsi que de la minéralisation de la matière organique, qui rend accessible les éléments nutritifs aux cultures qui suivent. Le slake test permet d’estimer la stabilité structurale du sol qui va avoir un effet sur les risques de battance ou d’érosion par exemple. Le test Beerkan permet lui d’évaluer la vitesse d’infiltration de l’eau dans le sol tandis que le test du slip permet d’analyser la vitesse de dégradation du coton entre deux parcelles. Les résultats de ces différents tests sont à interpréter avec précaution et nécessitent souvent un appui méthodologique avant d’être mis en œuvre. Les entités comme les chambres d’agriculture ou encore les instituts techniques peuvent réaliser et/ou conseiller sur ce type de dispositifs.

3) Evaluer et améliorer la structure du sol

Une bonne structure est un préalable pour avoir de belles cultures. Les tassements les plus préjudiciables sont les tassements profonds, qu’il faut savoir diagnostiquer pour pouvoir les corriger. La méthode la plus précise est le profil cultural qui permet d’accéder à de nombreuses informations : identification des zones tassées, profondeur d’enracinement… D’autres méthodes permettent d’avoir une estimation de la structure en superficie, comme le test bêche par exemple. Lorsqu’un problème de tassement est diagnostiqué, il faut ensuite choisir les bons outils pour les corriger.

Pour plus d’infos, visualisez cette vidéo.

4) Comment stocker du carbone dans le sol

Le dernier atelier permettait de revenir sur l’origine de la matière organique, source de carbone du sol, et sur l’ensemble des bénéfices agronomiques qu’elle engendre quand elle est présente en bonne quantité dans les sols. Des simulations de bilan carbone ont été présentées au public pour faire comprendre l’efficacité de certains leviers qui permettent l’amélioration du stock de matière organique, et du carbone du sol (couverts végétaux, apport de produits résiduaires organique…), mais aussi qui permettent de limiter les émissions de gaz à effet de serre (diminution de la fertilisation azotée, formes d’azote…). Le label bas-carbone et la possible valorisation financière qui découlera de la vente de crédit carbone ont également été présentés. Ce dispositif de soutien pourrait permettre de compenser tout ou partie du coût des leviers mis en place par l’agriculteur.

Avec de nombreuses questions et une participation active des visiteurs durant cet événement, les plateformes Syppre sont des dispositifs qui se prêtent à ce type de journée d’information : la fertilité des sols est une thématique centrale des systèmes innovants expérimentés.

les structurales 2022 fertilité des sols

Une intervention de désherbage mécanique nécessaire pour contrôler les graminées sur l’orge d’hiver

Article publié le 19 mai 2022

Sur la plateforme Syppre du Berry, une stratégie de désherbage mixte a été mise en place sur les parcelles d’orge d’hiver afin de maîtriser les graminées adventices.

Un travail sur les graminées indispensable avec une stratégie de désherbage mécanique

Durant la campagne 2021/2022, l’orge d’hiver a dû faire face à une forte infestation de graminées, à l’inverse des autres cultures d’automne, dont le salissement a dans l’ensemble été bien maîtrisé. Les deux systèmes témoin et innovant étaient concernés par cette situation, avec une pression plus modérée à l’avantage du système innovant, qui bénéficie de l’effet de la rotation plus longue. « Pour l’orge d’hiver, nous avons été confrontés à une impasse, avec une émergence de ray-grass et de vulpins malgré le désherbage d’automne », explique Matthieu Loos, ingénieur de développement de Terres Inovia et coordinateur de la plateforme Syppre du Berry. Les raisons ? « Les conditions climatiques de l’an dernier au printemps, qui ont permis aux graminées de lever plus facilement durant l’été et l’automne. Il faut également ajouter le stock de graines qui s’est accumulé depuis quelques années par les difficultés de gestion dans la rotation colza/blé/orge, ainsi que les phénomènes de résistances avérés », répond-il.

De bonnes conditions climatiques ont permis le passage d’une herse étrille.

La solution a été trouvée dans la mise en œuvre d’un désherbage mixte. « Face à cette impasse et aux phénomènes de résistances, il n’y avait aucune possibilité de rattrapage chimique. Nous avons donc profité de bonnes conditions climatiques avec des sols ressuyés et une prévision d’absence de pluie pour réaliser un passage d’herse étrille ». Cette action mécanique intervenue fin février, combinée au traitement chimique de l’automne, a permis de limiter les populations des graminées sur les parcelles, avec l’espoir de limiter l’impact pour les prochaines campagnes.

Une base chimique nécessaire

Néanmoins, il est difficile aujourd’hui « d’évaluer la proportion de graminées détruites avec cette double action ». Sur la plateforme Syppre, il est difficile de se passer d’une intervention chimique sur orge d’hiver en raison de la forte pression des graminées. « Il faut garder une base chimique, même si nous ne fermons la porte à aucun autre levier car le désherbage mécanique est délicat à mettre en place et dépendant des conditions climatiques ». Le sol doit être, en effet, sec en surface pour permettre un déchaussement des racines et les laisser sécher sur le sol.


 

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Article publié le 3 mai 2022

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Une fiche pratique sur l’association colza/légumineuses pour réduire les intrants

Article publié le 3 mai 2022

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Une nouvelle fiche pratique DiverIMPACTS vient d’être publiée à partir des travaux réalisés dans le cadre de Syppre. Elle porte sur l’association du colza avec des légumineuses, expérience menée sur la plateforme champenoise.

Le système traditionnel dans la région, composé de blé tendre, orge de printemps, betterave, blé tendre et colza, est gourmand en azote et assez dépendant aux herbicides. La rotation a été modifiée pour ajouter un colza, plante bien adaptée à la région mais soumise à aux attaques de ravageurs (altises et charançon), et associé à des légumineuses (lentilles et féverole).

Les résultats des essais montrent que l’association permet :

  • d’augmenter le rendement moyen du colza,
  • de limiter les apports d’azote grâce à la libération d’azote fixé en sortie d’hiver,
  • de réduire l’utilisation des intrants : moins de traitements insecticides sur colza et absence de lutte chimique contre les repousses de pois.

DiverIMPACTS vise la diversification par la rotation, l’interculture, les cultures multiples. L’objectif est de réaliser le plein potentiel de la diversification des systèmes de culture pour améliorer la productivité, la prestation des services écosystémiques l’efficacité et la durabilité des ressources des chaînes de valeur. Le projet débuté en 2017 s’achèvera en mai 2022.

Consulter la fiche

Stimuler la diversification des systèmes de culture : clap de fin pour le projet européen DiverIMPACTS

Article publié le 13 avril 2022
logo diverimpacts

Les 30 et 31 mars 2022 la réunion finale du projet européen DiverIMPACTS s’est tenue à Namur (Belgique). Au terme de 5 ans de travail, ce fut l’occasion pour les 34 partenaires du projet de partager les résultats obtenus, d’évaluer leurs impacts et de tirer des leçons à retenir pour l’avenir.

DiverIMPACTS, un projet pour stimuler la diversification des systèmes de culture à l’échelle Européenne

Financé par le programme H2020 de Recherche & Innovation de l’Union Européenne, pour une durée de 5 ans (2017-2022), le projet DiverIMPACTS, coordonné par l’INRAe s’était fixé comme objectif d’exploiter le plein potentiel de la diversification des systèmes de culture afin d’améliorer leur productivité, augmenter la fourniture de services écosystémiques et permettre aux chaînes de valeur agricoles d’être plus performantes et durables. Pour ce faire, le projet a mis en place pas moins de 25 cas d’étude et 10 plateformes d’essais à travers 11 pays européens afin d’étudier l’impact de la diversification des cultures sur des systèmes conventionnels et biologiques en grandes cultures, polyculture-élevage et en horticulture.

La diversification des systèmes de cultures et ses avantages

La diversification des cultures consiste à introduire de nouvelles espèces (dans l’espace et/ou dans le temps), complémentaires au système de culture existant, afin de compenser ses faiblesses, de le rendre plus résilient et durable d’un point de vue environnemental, économique et social. La diversification des cultures est un principe agroécologique qui repose sur trois grandes pratiques culturales : l’allongement des rotations (ajout de nouvelles cultures à la rotation existante), la culture multiple (augmentation du nombre de cultures cultivées sur une même parcelle au cours d’une année) et les cultures associées (cultiver plusieurs plantes en même temps sur une même parcelle).

En s’appuyant sur la complémentarité des espèces, la diversification des cultures est un levier majeur pour rompre le cycle de développement de certains ravageurs, maladies et adventices, améliorer la résilience face au changement climatique, tout en augmentant la robustesse et la rentabilité des systèmes de culture.

Arvalis dans le projet DiverIMPACTS

L’Institut a eu un rôle majeur, aux côtés de Terres Inovia et de l’ITB, dans le suivi de 5 cas d’étude et l’animation d’un réseau des 10 plateformes d’essais mettant en œuvre des systèmes diversifiés innovants. Ces derniers ont notamment intégré 3 plateformes françaises du dispositif Syppre dans le Béarn, le Berry et la Champagne, visant à accompagner les agriculteurs français vers de nouveaux systèmes de production répondant aux défis de l’agriculture et aux attentes de la société. Chaque système innovant a pu être évalué méthodiquement en termes de performance technique, économique et environnemental grâce à l’outil d’aide à la décision stratégique SYSTERRE® qui s’est appuyé sur le développement d’indicateurs spécifiques. Ces travaux ont contribué à fournir aux acteurs des territoires des outils et innovations clés permettant de lever les freins à l’utilisation des bénéfices de la diversification des cultures au niveau des exploitations, des filières et des territoires.

partenaires diverimpacts
DiverIMPACTS a réuni 34 partenaires de 11 pays européens

Des résultats nombreux et globalement encourageants

Le mode et le niveau de diversification dépendent de nombreux facteurs : conditions pédoclimatiques, objectifs de l’agriculteur, propension aux risques, pressions biotiques, infrastructures, opportunités de marché… Ils sont donc à raisonner au cas par cas.

Dans le cadre du projet, la plupart des expérimentations et des cas d’études ont montré des performances globales des systèmes de culture diversifiés supérieures à celles de leurs références moins diversifiées. Les plus grands progrès ont été réalisés sur la dimension environnementale en raison de la diminution des intrants notamment. Parfois, il a été observé des conflits entre dimensions de durabilité, pouvant ainsi freiner l’adoption de pratiques de diversification. En particulier lorsqu’il s’agit d’une diminution de la performance économique des systèmes diversifiés par rapport à leurs références, malgré de bonnes performances dans les autres dimensions.

Au total, ce sont 46 barrières à la diversification qui ont été recensées, de la fourche à la fourchette. Ces barrières sont interconnectées : la collaboration entre les acteurs des filières est alors essentielle pour pouvoir les lever simultanément.

De nombreux livrables d’aide à la diversification permettant de lever ces barrières ont ainsi été produits ciblant les différents acteurs de la chaîne de valeur agricole : un guide pour la conception et  la conduite de projets multi-acteurs, une boîte à outils en ligne recensant 143 ressources utiles pour accompagner la diversification des cultures à destination des différents acteurs de la filière agricole, des centaines de recommandations techniques régionalisées, des recommandations politiques pour favoriser les initiatives de diversification prenant en compte les contraintes de production et de marché…

Ces résultats sont partagés sur le site internet du projet :  https://www.diverimpacts.net/

 “Do better things instead of doing things better.”

Cette phrase, prononcée par un des partenaires, pourrait bien être le parfait résumé des résultats obtenus dans ce projet. Au-delà de l’étude de la diversification des cultures, DiverIMPACTS a accompagné les acteurs de la chaine de valeur agricole (agriculteurs, conseillers, organismes économiques, parties prenantes, chercheurs… etc.) à repenser les systèmes de culture en prenant en compte l’intégralité de la filière et non un seul maillon.

Les résultats du projet rappellent aussi que la diversification n’est pas une fin en soi, mais un moyen prometteur pour concilier productivité suffisante et durabilité.

Diverimpacts : Stimuler la diversification des systèmes de culture

Les plateformes Syppre ont été intégrées dans DiverIMPACTS

Reprise des travaux sur #SyppreChampagne

Article publié le 9 mars 2022

Les travaux de printemps ont commencé sur la plateforme Champenoise (apport d’engrais, semis, etc.). Ils sont menés en prenant en compte la modification d’assolement décidée début mars en COPIL.

Les apports d’engrais minéraux (phosphore, potasse, sulfate de magnésie) ont pu être réalisés sur la plateforme, dans de bonnes conditions d’humidité du sol, évitant le tassement par les passages de roues. Les premiers apports d’engrais azotés, sous forme ammonitrate, ont également été fait sur blé, colza, orge de printemps ainsi que pour les futurs semis de betteraves.

Les semis d’orge de printemps se sont faits dans de bonnes conditions le 1er mars. Il  a été nécessaire de laisser la terre se ressuyer entre le travail d’ouverture et de semis, malgré un hiver plutôt sec. Le sol reste humide en profondeur.

Préparation betteraves / vulpins

Avec le choix de ne plus utiliser de glyphosate sur la plateforme, le mode d’implantation des betteraves au strip till se complique. Il a donc été nécessaire de réaliser une destruction des cultures intermédiaires en entrée d’hiver mécaniquement. Début mars, un scalpage léger (3 – 4 cm de profondeur) a permis de déchausser les repousses de céréales et les vulpins déjà bien développés. Puis après quelques jours de ressuyage, un passage de herse rotative a aplani et resserré le sol. Les vulpins sèchent sur la terre. Avant l’implantation au strip till des betteraves, des interventions de faux semis (herse étrille, croskill) seront réalisées si les conditions le permettent.

Enfin, le COPIL Syppre Champagne s’est réuni le 2 mars et a été décidé une modification de l’assolement. Pour les semis de 2022, il avait été précédemment décidé de remplacer le pois de printemps par de l’orge de printemps, du fait de ses mauvaises performances. Cette orge se retrouve en précédent colza dans l’assolement, qui ne profite plus de l’effet bénéfique du précédent légumineuse. Le choix est donc d’inter-changer les positionnements du chanvre et du colza pour mettre celui-ci derrière le pois d’hiver.

Syppre Béarn expérimente une système bas carbone

Article publié le 4 mars 2022

Un nouveau système a fait son apparition cet automne sur la plateforme Syppre Béarn. Il s’agit d’une rotation de 3 ans dont l’objectif est de réduire l’empreinte carbone des systèmes à base de maïs. Les trois cultures qui se succèdent sont le colza, le maïs et le soja.

Pour la première fois, un colza a donc été implanté sur les sols de terres humifères du Béarn. La levée a été excellente et les insectes ont été relativement discrets. Après ce colza, un mélange de trèfle et de vesce sera implanté afin de maximiser la fixation d’azote par les couverts et de diminuer la fertilisation azotée sur le maïs. Le travail du sol a été réduit et des apports de produits résiduaires organiques viendront remplacer l’azote minéral.

Description schématique des systèmes étudiés sur Syppre Béarn à partir de la campagne 2021-2022

Vérifier sur le terrain les performances calculées a priori

Avant implantation, le bilan carbone de ce système a pu être fait a priori grâce à l’outil CarbonExtract© et à des modélisations du stockage de carbone dans le sol grâce à CHN AMG©. Des hypothèses moyennes ont été prises pour évaluer le rendement des cultures et la biomasse des couverts produite par ce système. Il est comparé avec le témoin conduit sur la plateforme : une mono culture de maïs mulché.

L’analyse ex ante montre un bilan Carbone très positif notamment grâce un stockage très élevé et à des pratiques de fertilisation modifiées.

Ce système permettrait de stocker 6 tonnes de carbone par hectare à horizon 100 ans et sur les 30 premiers centimètres du sol.

Les leviers mis en place pour réduire le recours aux engrais azotés de synthèse (couverts à base légumineuse, légumineuses en cultures principales, apports de PRO) permettent de diminuer fortement les émissions de GES.

Sur le plan du carbone, ce système est donc prometteur. Il devra démonter qu’il l’est aussi pour les autres indicateurs de performances de Syppre !

Le système innovant actuel confirmé

Article publié le 23 février 2022

Le 11 février dernier, le comité de pilotage de la plateforme Syppre Berry s’est réuni afin de choisir le système de culture innovant pour la poursuite de l’expérimentation. Résultat : le système actuel est conservé. Explications.

Un objectif de multi-performance

Depuis plusieurs campagnes, la plateforme d’expérimentation Syppre Berry fait face à des difficultés pour concilier les objectifs de multi-performance. C’est pourquoi, au printemps 2021, un travail de re-conception du système innovant a débuté avec les partenaires. Différents prototypes ont pu ainsi être proposés dans le cadre d’un atelier pour remplacer le système innovant en place. L’objectif : maintenir les performances d’usage des intrants et améliorer plusieurs points faibles du système actuel, à savoir :

-La maitrise des adventices

-La rentabilité

-La robustesse vis-à-vis du climat

-Le stockage de matière organique

Un travail d’évaluation a priori des prototypes (sur la base d’hypothèses partagées de rendement, de conduite et de prix) a été conduit à l’aide de l’outil SYSTERRE®. Les agriculteurs et les conseillers présents ont pu hiérarchiser les systèmes proposés selon les enjeux à prioriser.

Le système actuel optimisé

Le comité de pilotage a finalement décidé de conserver le système innovant actuel sur la plateforme. Les évolutions récentes par rapport au système départ, comme l’abandon de l’association pois-blé et le remplacement du maïs par le millet ainsi que les résultats très positifs de la campagne 2021 plaident pour la poursuite de sa mise au point sur la plateforme.

Par ailleurs, les autres systèmes proposés n’apportent pas d’avantage décisif en termes de performances. Le prototype qui propose l’insertion de la luzerne dans le système innovant a fait l’objet notamment de nombreux échanges. Il est, en effet, plus performant sur de nombreux critères, à l’exception de la rentabilité. Mais son débouché a été jugé trop incertain. Un travail d’accompagnement au développement de filière serait nécessaire avant de pouvoir intégrer la culture dans l’essai.

Enfin l’optimisation du système actuel, avec par exemple plus de flexibilité dans les règles de décision, offre des marges de progression encourageantes.

Système innovant mis en oeuvre lors de la campagne 2021

La re-conception, un travail indispensable

Cette journée avec le comité de pilotage régional dans le Berry a montré tout l’intérêt du travail de re-conception. « Tout d’abord, ce travail de réflexion favorise les échanges de points de vue sur les objectifs prioritaires et les stratégies à mettre en œuvre pour les atteindre. Ensuite, l’évaluation a priori des performances des prototypes au regard des objectifs fixés permet de vérifier les hypothèses et d’objectiver le choix du système à retenir. Cela montre la nécessité de prendre le temps d’échanger avant d’initier des évolutions radicales de système », précisent Pierre Onzon et Stéphane Cadoux, ingénieurs d’études chez Terres Inovia. Même si le système actuel est finalement maintenu, ce travail a permis d’ouvrir des perspectives et d’alimenter les discussions autour de l’évolution des pratiques et des systèmes.