#SyppreLauragais, le blé s’enracine plus profondément que prévu.

Article publié le 18 juin 2020

Afin de compléter la caractérisation des sols sur la plateforme Syppre Lauragais, un profil racinaire a été ouvert dans une parcelle en blé dur du système innovant le 17 juin 2020.

Il s’agit d’une fosse d’1,7 m de profondeur (photo 1) dans lequel les racines de blés sont décomptées grâce à une grille spécifique (photo 2). Cela permet de connaître la profondeur de sol prospecté par la culture. On a sélectionné le blé car de toutes les culture présentes dans le système à cette époque-ci, c’est celle dont les racines sont capables d’aller le plus loin et dont le stade de développement est le plus avancé.

Photo 1 : Fosse de 1.7 m de profondeur
Photo 2 : Grille pour le décompte des racines

Contre toute attente, on trouve des racines de blé jusqu’à 1,5 mètre de profondeur alors même qu’une zone assez compacte se trouve entre 50 cm et 1m.

Ces observations permettront de mieux caractériser le réservoir utile de la parcelle et donc d’avoir un meilleur bilan hydrique en fin de campagne.

Des évolutions à prévoir suite au Comité de pilotage de la plateforme Syppre Champagne

Article publié le 16 juin 2020

Le COPIL de la plateforme Syppre Champagne s’est réuni le 12/06 pour faire le point sur la campagne en cours et sur les évolutions à prévoir sur le système innovant. La conduite des colzas sera modifiée, et le maintien des pois dans l’assolement a été remis en cause.

Assolements des systèmes témoin et innovant de la plateforme Syppre Champagne

Une année désastreuse pour les pois

La campagne 2019/20 a été marquée par de forts dégâts d’oiseaux sur les pois de la plateforme Syppre Champagne. Les pois de printemps et d’hiver présents dans l’assolement innovant ne seront très probablement pas récoltés. La pression est particulièrement forte sur le site expérimental Terralab.

Si la présence des ces deux pois posait déjà auparavant un problème de rentabilité pour le système innovant, la campagne en cours vient le confirmer.

Si un des deux pois venait à être conservé, il s’agirait du pois d’hiver, qui présente un potentiel de production supérieur au pois de printemps.
Une proposition faite lors du COPIL est de tenter d’associer le pois à une céréale (ou autre espèce) pour limiter la verse, l’égrenage, et faire une barrière physique pour limiter les dégâts autant que faire se peut.
Concernant le pois de printemps, deux propositions ont été évoquées lors du COPIL pour maintenir une légumineuse devant colza :

  • La mise en place d’une lentille qui serait moins sujette aux dégâts d’oiseaux,
  • La mise en place d’une vesce pour de la production de semences.

Le retour de l’association colza/légumineuses pérennes

Le colza du système témoin était conduit jusqu’à maintenant avec une date de semis plus tardive que le colza du système innovant (fin août vs. début août). Afin de suivre au mieux les conseils de Terres Inovia, ce colza sera désormais implanté à la même date que le colza innovant, et associé à une féverole.
Du côté du système innovant, il a été décidé pour la prochaine campagne de retenter une association avec des légumineuses pérennes (lotier, trèfle blanc), et gélive (fenugrec). La taille des semences permettra un semis à la volée derrière le semis de colza qui sera ré-appuyé avec un passage de rouleau. Un passage de herse sera tenté si les conditions le permettent pour enfouir légèrement les graines (résidus du précédent pois peu nombreux).

Des abeilles adhérent au projet Syppre

Article publié le 12 juin 2020

Trois ruches ont été installées sur la plateforme Syppre de Picardie, à la faveur d’un partenariat avec la start-up Terre des abeilles. Objectif : préserver la biodiversité et mettre en valeur nos écosystèmes.

La plateforme Syppre a noué un partenariat avec Terre des abeilles. Cette start-up, développée par le négociant Ternoveo, installe des ruches auprès des agriculteurs des Hauts-de-France afin de développer la biodiversité et faire coexister les pratiques agronomiques et l’apiculture.

Au début du mois de juin, la plateforme Syppre a ainsi accueilli trois ruches, situées en bordure des parcelles. Elle s’est engagée à mener une démarche éco-responsable en utilisant les bonnes pratiques culturales, dans le respect de cet auxiliaire indispensable et de la biodiversité.  

Pour la plateforme Syppre, l’objectif est de « montrer que les pratiques agricoles ne sont pas néfastes à la vie des abeilles, qui peuvent cohabiter avec les différents systèmes de culture », confirme Nicolas Latraye, ingénieur de développement de Terres Inovia et animateur de la plateforme. Ce partenariat a été signé pour deux ans et pourra être reconduit.


#SyppreBéarn, support de test de Biofunctool

Article publié le 11 juin 2020

Biofunctool® est une méthode « low tech » d’évaluation du fonctionnement du sol via la mesure de 9 indicateurs de terrain facilement accessibles.

Biofunctool® : une méthode d’évaluation du fonctionnement du sol
Prélèvements d’agrégats début juin 2020 (photo Arvalis)

Cette méthode permet de caractériser trois fonctions du sol : dynamique du carbone, cycle des nutriments et maintien de la structure.

Agroréseau, partenaire de la plateforme SYPPRE Béarn, teste cette année Biofunctool ® chez des agriculteurs dans les conditions pédoclimatiques béarnaises. La plateforme SYPPRE Béarn a servi de support de test. Des mesures ont été ainsi réalisées sur deux systèmes (la référence monoculture de maïs et la rotation maïs-soja en semis direct).

Plus d’infos sur Biofunctool

Colza robuste : une campagne 2019-2020 sur la route du succès

Article publié le 14 mai 2020

Le 2 avril dernier, un webinaire a été organisé pour expliquer la démarche du colza robuste dans le Berry, présentée par Gilles Sauzet. En quoi consiste-t-elle ?

Le réseau Berry, qu’est-ce que c’est ?

Le réseau Berry est l’un des premiers réseaux d’agriculteurs à avoir vu le jour. Né en 2005, il s’est élargi en 2012 et compte aujourd’hui 12 exploitations. L’objectif : améliorer la fertilité des sols et la réussite de l’implantation du colza pour accroître la performance économique et environnementale de la culture ainsi que son attrait. « Dans cette région au contexte climatique complexe, il faut mettre en place des cultures robustes », prévient Gilles Sauzet, ingénieur de développement de Terres Inovia et responsable de la plateforme Syppre dans le Berry.

Un tableau de bord, l’indispensable outil de pilotage

Pour guider le suivi des 40 parcelles du réseau Syppre dans le Berry, la constitution d’un tableau de bord est l’une des clés de la réussite. « C’est un outil de diagnostic et de pilotage pour définir un projet, l’évaluer en cours de campagne et en analyser ensuite le résultat. Ce tableau de bord a été formalisé avec les agriculteurs ».

Le tableau de bord pour un colza robuste pratiqué dans le réseau Syppre Berry
Crédit : G.Sauzet

La campagne 2019-2020

Au 4 octobre, les plantes étaient au stade 4 feuilles dans 49 parcelles sur 54, ce qui est très positif. Ainsi, 70% des parcelles n’ont pas eu besoin d’intervention. « Grâce au tableau de bord, nous avons pu voir rapidement s’il était pertinent, ou non, de traiter les colzas à ce stade, explique Gilles Sauzet. Or, grâce aux données intégrées dans le tableau de bord (stades et biomasse) il est possible de ne pas faire de traitement lorsque les colzas sont précoces, ce qui était le cas ». Une réussite : en floraison, plus de 90% des plantes sont saines dans cette situation.

Le semis idéal ? Dans le réseau Berry, il s’est situé, pour cette campagne, entre le 7 et le 14 août en sols argileux, après un période de pluie, à condition d’éviter le travail profond ni de multiplier les passages. La règle ? « Être prêt à semer tôt ».

Les états clés

-Le peuplement au mètre carré (15 à 30 plantes/mètre carré), la biomasse (plus de 20g par plante), le stade au-delà de 4 feuilles fin septembre ont bien été bien maîtrisés;

-Les adventices ne concurrencent pas les colzas, avec des indices de satisfaction allant de 7,3 en sol profond à 7,8 en cas de colza associé, ce qui signifie que les quelques adventices présentes n’auront aucun impact sur l’état de la parcelle et du colza ;

-La longueur des pivots est de plus de 15 centimètres sur 45 parcelles (sur 54) en fin d’automne, avec des enracinements de bonne qualité. En deux mois, le colza doit voir sa biomasse multipliée par deux. « Avec 90% de plantes saines, nous sommes dans une situation très sécurisante », note Gilles Sauzet. Pour le colza associé, en particulier, tous les indicateurs sont au vert : une levée précoce, de bons seuils de croissance et des pieds vigoureux.

Un rendement au-dessus de 33 q/ha

80% des parcelles présentent un très bon potentiel, permettant d’atteindre, voire dépasser, l’objectif initial de 33 q/ha, en particulier dans les sols superficiels.

Objectif : diminution de l’IFT sur #SyppreChampagne

Article publié le 14 mai 2020

Pour cette nouvelle campagne betteravière 2020, le choix a été fait d’utiliser la bineuse et la rampe de localisation pour le désherbage et les interventions contre les ravageurs de la betterave. Le recours au pulvérisateur pour des traitements en plein doit être minimisé.

Depuis la levée des betteraves, 3 passages herbicides ont été réalisé grâce à la rampe de localisation SOPEMA et 1 passage aphicide contre les pucerons vert vecteurs de jaunisse. La surface de pulvérisation sur le rang de betteraves est de 20cm de large pour un écartement de 45cm. Il y a donc 45% de la surface traitée, ce qui permet une baisse d’IFT de 55%.

Au stade 6 – 8 feuilles des betteraves (le 7 mai), a été réalisé un premier passage de bineuse sur 30cm de large entre les rangs, ce qui permet de recroiser le mécanique et le chimique sur quelques centimètres. Un second passage est prévu assez rapidement dans les parcelles travaillées au Strip Till. En effet, avec la décision de ne plus utiliser de glyphosate et le minimum de travail du sol, les entres rangs sont fortement infestés en adventices, notamment en graminées (vulpins et repousses de céréales).

Les résultats de ces différentes interventions sont satisfaisants et vont permettre la baisse des IFT, ce qui répond aux attentes de Syppre Champagne.

#SyppreLauragais : Aléas et choix techniques auront des impacts variables

Article publié le 12 mai 2020

Après le pois chiche et le tournesol, les semis de cultures de printemps s’achèvent avec l’implantation du sorgho. Elle a été réalisé en semis direct après passage de strip-till sur un couvert de triticale fortement infesté en ray-grass. Ce couvert, dont l’objectif était une valorisation énergétique (CIVE) n’a pas été récolté compte tenu de sa faible biomasse. Une destruction chimique en dernier recours a été nécessaire.

Implantation du sogho en smeis direct
Implantation du sorgho en semis direct

La levée du tournesol est correcte malgré quelques dégâts d’oiseaux et un lit de semence plus ou moins motteux sur le système innovant lié la destruction mécanique du couvert interculture de féverole + moutarde blanche plus ou moins infestée de ray-grass.

Levée corects pour le tournesol malgré une implantation sur un sol parfois motteux
Levée du tournesol

En blé dur, les modalités implantées fin octobre sont au stade floraison avec un potentiel assez prometteur à ce jour. Les modalités pour lesquelles un décalage de la date de semis a été décidé pour réduire le risque d’infestation en ray-grass n’ont pu être semées que début janvier en raison des conditions climatiques. Elles arrivent en début d’épiaison avec une biomasse plus réduite et un potentiel certainement entamé.

Blé dur : potentiel variable selon la date d'implantation

#SyppreBéarn : les maïs lèvent dans de bonnes conditions

Article publié le 6 mai 2020

Sur la plateforme Syppre du Béarn, les premiers maïs ont été semés le 17 avril dans de bonnes conditions.

Les pluies qui ont suivi ont permis des levées homogènes, et les maïs sont actuellement à 4 feuilles dans les modalités en labour, TCS ou semis direct. Seule ombre au tableau : les limaces, favorisées par les conditions humides, s’en donnent à cœur joie !

limaces dans les semis de maïs
Les limaces profitent des conditions humides

Prochaine étape : les semis de soja lorsque les sols seront ressuyés …

De leur côté, les céréales à paille sont malheureusement en difficulté. Les conditions climatiques très pluvieuses de l’automne ont pénalisé les enracinements et le blé tendre est touché par la Jaunisse Nanisante de l’Orge. L’année ne s’annonce pas très bonne. A suivre …

Implantation des cultures de printemps

Article publié le 20 avril 2020

« Après cette longue période de précipitation, de début octobre à mi-mars, il a fallu être à la fois patient et réactif ».

Au 17 mars, dès que les conditions l’ont permis, un passage de vibroculteur est réalisé pour aérer les parcelles, que ce soit en reprise de labour ou conduite en TCS pour les semis de pois de printemps, orge brassicole et betteraves (sauf les betteraves conduites en Strip Till). Dans un contexte particulièrement compliqué, les préparations de sol ont été de bonne qualité, ce fut la bonne surprise.

Au semis, la surface du sol était affinée et sèche mais l’humidité était présente au niveau des graines, sur le lit de semence.

Les levés sont régulières et rapides, 12 jours pour l’orge et 15 jours pour les pois.

Le 19 mars est réalisé le passage de Strip Till seul  dans le système innovant et les betteraves sont semées le lendemain, ce qui a permis à la surface travaillée de ressuyer un peu. Les levées de betteraves sont rapides ( 15 jours).

Le 14 avril est semé le chanvre, sur une préparation de faux semis faite 12 jours plus tôt. La levée est en cours  , la pluie l’ homogénéiserai…

Après cette longue période humide, c’est au tour d’une période sèche qui persiste. Les orges et pois n’en ont pas souffert pour l’instant.

Quels enseignements opérationnels des premières campagnes ?

Article publié le 6 avril 2020

Le 19 mars, Terres Inovia a consacré une webconférence aux enseignements des systèmes de culture innovants mis en place entre 2016 et 2018 sur la plateforme Syppre du Berry.

L’objectif visé

L’enjeu, sur ces bassins de production avec des sols argilo-calcaires, est d’augmenter la fertilité des sols tout en contrôlant mieux les adventices afin de créer des cultures plus robustes.

La stratégie

La plateforme Syppre du Berry travaille à diversifier la rotation, avec deux cultures d’été, l’introduction de légumineuses, des couverts associés. L’objectif est également de diminuer le travail du sol.

Quels enseignements ?

Les plus

-Le contrôle du vulpin s’est nettement amélioré grâce à une succession colza-maïs-tournesol efficace ;

-On note la valorisation de l’azote et la performance du colza associé qui intervient après la lentille et le blé dur ;

-Le système de culture permet des couverts en interculture à la fois courts et longs.

Les moins

-Le vulpin est moins bien maîtrisé avec un mélange pois/blé ;

– Le vulpin est insuffisamment contrôlé seulement avec une succession de quatre cultures d’hiver à forte influence céréalière.

Il est encore trop tôt pour savoir si ce système est réaliste à l’échelle d’une exploitation et économiquement intéressant.

Quid de la campagne 2018-2019 ?

Au vu des enseignements sur les deux premières campagnes, il faut noter que la réussite de l’implantation est indispensable et que le choix des cultures est peut-être à repenser. L’impact climatique est également un facteur important à prendre en compte. La non-utilisation du glyphosate remet en cause des stratégies positives, telles que le stockage du carbone, des adventices qui lèvent moins et un travail du sol réduit ou une absence de travail peu propice à la germination des adventices.

Les solutions envisagées passent par :

-Une couverture du sol permanente pour augmenter la fertilité et la qualité structurale du sol ;

– Un labour et un travail du sol systématiques (en absence de glyphosate), avec des couverts en intercultures et une implantation facilitée lors de séquences humides.