Deux nouvelles méthodes testées pour valoriser les intercultures

Article publié le 15 janvier 2021

Afin de tirer le meilleur parti des intercultures longues, deux implantations de couvert ont été initiées sur la plateforme Syppre Picardie : un semis avant pré-buttage des pommes de terre et un autre avec un strip till d’été.

En sortie d’hiver, les couverts intermédiaires ont pu jouer leur rôle. Le bilan, à ce stade de la campagne, est plutôt positif.

Une levée des couverts difficile

Les conditions climatiques de cette année ont rendu les levées des couverts intermédiaires difficiles, en raison de la sécheresse et notamment des rémanences de certains produits phytosanitaires appliqués au printemps dernier.

Pré-buttage de pommes de terre : un sol de meilleure qualité

Depuis deux ans, un couvert a été mis en place sur le pré-buttage de pommes de terre. L’objectif : améliorer la qualité structurale en faisant travailler le sol par les couverts sans avoir à recourir au labour. Le résultat ? En comparaison à l’an dernier, la féverole et les tournesols ont bien levé. « Ces espèces ont jouées leur rôle sur la fixation de l’azote et la structuration du sol », confirme Nicolas Latraye, animateur de la plateforme Syppre Picardie. Petit bémol : la phacélie n’a pas levé, favorisant l’émergence d’adventices par une couverture du sol insuffisante.

Couvert avec phacélie majoritaire sur la campagne 2019-2020 (N.Latraye-Terres Inovia)
Couvert avec féverole et tournesol majoritaires sur la campagne 2020-2021 (N.latraye-Terres Inovia)

La méthode du strip-till d’été testée pour la première fois

Le strip till « profond » était classiquement réalisé à deux périodes de l’année sur la plateforme : au mois d’août pour le semis du colza et en entrée d’hiver pour les cultures de printemps que sont le maïs et la betterave.

Pour le colza : rien ne change, il a encore une fois été implanté avec cette technique, permettant entre autres, de favoriser le développement du pivot.

La technique change pour l’implantation des cultures de printemps. Les conditions climatiques étant de plus en plus pluvieuses en entrée hiver, il est devenu compliqué de trouver un créneau satisfaisant pour réaliser le travail dans des circonstances idéales. Il a même été impossible de réaliser ce strip till d’hiver l’année dernière.

Afin de s’affranchir de cette difficulté de passage, il a donc été décidé d’avancer ce travail du sol afin d’avoir des conditions idéales de portance du sol et une fragmentation optimale sur la ligne de semis. Mais avancer cette date de travail amène un risque dans les sols limoneux du Santerre : voir se refermer le sillon au cours de l’hiver. Afin de limiter cet effet, un couvert de tournesol a été implanté dans les sillons, son système racinaire permettant d’occuper et de structurer le sillon travaillé.

Pour que les adventices ne se développent pas trop, la couverture du sol est complétée par de la phacélie, du trèfle d’Alexandrie ainsi que de la moutarde anti-nématode semée sur toute la parcelle.

Toutes oles espèces sont levées et présentes dans ce couvert (N.Latraye-Terres Inovia)

#SyppreChampagne – A l’heure des prélèvements avant l’hiver

Article publié le 11 janvier 2021

Les pesées des biomasses d’entrée hiver viennent d’être réalisées sur les parcelles de colza. L’implantation combinée au strip-till y est largement au-dessus de l’implantation après labour.

Les pesées de biomasse d’entrée hiver ont été réalisées le 23 novembre dans les parcelles de colza. Sans surprise suite aux levées, des écarts conséquents sont constatés entre les deux modalités. Pour le colza témoin (en système labour), la biomasse fraiche est de 0,24 kg/m². Pour le colza innovant (en système Stip-Till), elle est de 2,69 kg/m² ! La différence s’explique principalement par la survenue d’un orage peu de temps après le semis : la battance a fortement dégradé la qualité de levée du colza témoin, mais pas celle du colza innovant. L’intérêt du strip-till vis-à-vis de la battance a clairement été validé sur colza cette année.

Les légumineuses associées, féverole dans le témoin et trèfle, lotier, fénugrec dans le système innovant, sont très peu présentes du fait du sec estival et automnal. Les modalités de semis seront à revoir pour la prochaine campagne.

Ces légumineuses ont très peu joué leur rôle de perturbateur contre les ravageurs. Toutefois, le colza innovant n’a reçu aucun insecticide et ne présente pas de dégâts d’altises ou de charançons, dû à son fort développement. Le colza témoin a été traité à 2 reprises contre ces ravageurs, plus sensible à cause de son stade et de son niveau de biomasse bien moindre.

Le devenir du colza témoin est encore incertain et dépendra de l’hiver. Il n’est pas exclu de le remplacer par une culture de printemps. Le colza implanté au strip-till présente des débuts d’élongation, l’hiver pourrait aussi avoir un impact sur cette modalité.

Pesées des biomasses Cipan avant destruction : bilan mitigé

Fin novembre, les pesées de biomasses des CIPAN ont également été réalisées avant destruction. Des différences sont observées, principalement dues au précédent et à l’espèce.

Ces poids s’échelonnent de 0,5 à 3,6 T de matière sèche par hectare. La biomasse la plus élevée est une phacélie en précédent pois d’hiver pour l’implantation d’un chanvre.

Les Cipan ont été détruites par broyage puis par un scalpage léger à l’aide d’un vibroculteur équipé d’ailettes.

Prélèvements sur la plateforme pour tests Elisa : betteraves et adventices hôtes des virus

Enfin, des prélèvements ont été réalisés sur la plateforme champenoise sur différentes cultures et adventices (colza, moutarde, phacélie et pissenlit) et ce afin d’évaluer le caractère de « réservoirs à virus » de certaines espèces.

Les tests Elisa effectués ont permis de déterminer la présence des virus de la jaunisse modérée et grave de la betterave.

Il a été décidé d’implanter en 2021 des betteraves sans NNI en traitement de semences sur la plateforme. La surveillance des pucerons devra être rigoureuse sachant que les plantes cultivées et les adventices présentes sont hôtes de ces derniers.

Syppre Lauragais sur France2

Article publié le 10 décembre 2020

Diffusé sur France 2, le programme Terres de Partage, proposé par France Télévisions et parrainé par Passion Céréales, valorise des initiatives collectives du monde agricole et de ses filières.

L’Action Syppre a fait l’objet d’une diffusion le 14 novembre 2020, montrant comment en région Occitanie, des agronomes et des agriculteurs travaillent ensemble pour mieux protéger les sols.

« Une rupture profonde dans le dispositif de R&D en agriculture »

Article publié le 10 décembre 2020

Syppre est un dispositif ambitieux traduisant différentes évolutions majeures dans la recherche agronomique, porteur d’un potentiel important et qui récolte les premiers fruits de son développement.

Christian Huyghe, directeur scientifique Agriculture INRAE, président du COST de l’Acta

Issu d’une maturation longue, il est le premier projet majeur de recherche appliquée partagé entre les différents instituts techniques agricoles de grandes cultures, qui sont par définition construits autour de filières, et il associe la recherche finalisée, le développement et l’enseignement. Ce changement signifie qu’une part importante des innovations au service de la performance des systèmes de production viendra des évolutions du système de culture et des successions culturales, y compris les intercultures, même si des innovations incrémentales sur chaque culture sont aussi attendues.

Les performances analysées concernent évidemment la productivité et la rentabilité économique, mais un accent particulier est mis sur la performance environnementale qui devra augmenter fortement dans les années futures pour mieux répondre aux défis majeurs que sont le climat, la biodiversité ou la qualité de l’air et de l’eau. En développant les dispositifs sur plusieurs lieux, et en les co-construisant avec les acteurs agricoles des régions concernées, Syppre cherche à intégrer autant que possible la dépendance aux conditions locales, et les questions de chaque environnement, mais en s’imposant de s’extraire des éléments à valeur générique, applicables à des échelles géographiques larges. Ce sont des dispositifs complexes qu’il faudra porter longtemps pour en obtenir les informations les plus riches.

Les challenges à venir pour Syppre sont de plusieurs ordres. Il faut d’abord augmenter en régions les liens avec les autres dispositifs associant les agriculteurs, qu’il s’agisse des réseaux DEPHY ou des GIEE pour augmenter la consolidation des résultats et leur diffusion. Il s’agit également de réfléchir aux variantes que l’on peut progressivement intégrer dans les systèmes de production testés, puisque les ruptures permises seront à l’aune de la créativité initiale. Ainsi, comment poursuivre l’intégration d’espèces de diversification tout en maintenant la capacité à extrapoler vers d’autres sites ? Comment mobiliser des dispositifs en agriculture biologique ? Comment penser les dispositifs pour maximiser la prophylaxie ou réfléchir à l’organisation spatiale des cultures et à la richesse des paysages ? Comment associer une composante animale dans les systèmes de culture, sachant les services rendus par les systèmes de polyculture-élevage ? Ces expansions possibles traduisent bien à quel point l’initiative Syppre est une rupture fondamentale dans le fonctionnement du dispositif de Recherche & Développement et de l’activité des instituts techniques agricoles. Enfin, le dernier défi consistera à associer l’aval des filières aux transitions portées par Syppre.

En conclusion, Syppre doit poursuivre son activité, afficher ses ambitions et, en publiant en continu ses résultats, donner à voir son potentiel pour contribuer à la performance économique, environnementale et sociale de l’agriculture.

Fin d’une campagne compliquée, début d’une nouvelle sur une bonne lancée

Article publié le 24 novembre 2020
Récolte des betteraves

Les récoltes de chanvre et de betteraves ont eu lieu en septembre et en octobre sur la plateforme champenoise. Les rendements ne sont pas au rendez-vous mais la nouvelle campagne débute sur une bonne lancée avec les semis d’automne.

Récolte du Chanvre :

Le 17 septembre, le chènevis est récolté et la paille de chanvre fauchée puis andainée. La paille est pressée 1 mois plus tard car les conditions climatiques se sont dégradées après la fauche. Les rendements sont assez décevants avec 470 kg/ha de chènevis et 4,5 T/ha de fibre. Une variété, plus tardive, se serait certainement mieux exprimée dans les sols de la plateforme champenoise. Les conditions de stress hydrique de l’année ont aussi fortement impacté le rendement.

Récolte des betteraves :

La récolte des betteraves a eu lieu le 22 octobre dans de bonnes conditions, mais les rendements ne sont pas au rendez-vous. La succession d’accidents en végétation (virose de la jaunisse, stress hydrique et carence en bore) ont fortement pénalisé les rendements.

La surface affectée par la jaunisse a été estimée à 60% en moyenne sur la plateforme Syppre malgré les 2 interventions d’aphicides localisées sur le rang, ce qui est représentatif de la région. La jaunisse engendre une perte de productivité de 25 à 30% dans les conditions de l’année en Champagne.

Du semis au 1er septembre, seulement 125mm de pluviométrie ont été enregistrés sur la plateforme. Les betteraves ont été en difficulté tout au long de leur développement et n’ont jamais couvert le sol.

Bien qu’il y ait eu 2 applications de Bore, une carence s’est déclarée avec un gradient plus prononcé sur certaines parcelles, sans rapport avec le système de culture en place mais selon l’historique des îlots de la plateforme. La productivité moyenne de cette année est de 48 tonnes par hectare

Fin des semis d’automne :

Les blés de colza et chanvre ont été semés le 19 octobre suite à un déchaumage au vibroculteur équipé de dents scalpeurs. Ces derniers ont levé rapidement, le 30 octobre, et régulièrement.

Les blés de betteraves ont été semés le 5 novembre et ont levé le 19 novembre. Les conditions de semis étaient particulièrement bonnes pour une implantation tardive.

Les pois d’hiver, associés à du blé, ont également été semés le 5 novembre et sont en cours de levée. Un roulage a été réalisé aussitôt pour faciliter son implantation. Il a été décidé d’associer du blé, 100 grains/m², pour tenter de dissuader les pigeons et corbeaux de se poser dans les pois au moment de la maturité des graines. En effet, ces derniers ont créé de gros dégâts au stade maturation des grains l’an passé, ce qui a conduit à ne pas récolter les pois d’hiver et de printemps. Le blé n’a pas vocation à être récolté, ce qui ne limite pas l’utilisation de produits de protection sur les pois. La variété choisie est tardive à épiaison, les épis de blé ne devraient donc pas être mature à la récolte des pois, ou seront détruits chimiquement si nécessaire. De plus, ces céréales serviront de tuteurs aux pois ce qui pourrait faciliter la récolte, limiter l’égrenage et le développement de maladies en aérant mieux le couvert.

Cette technique sera également intégrée sur la culture des pois de printemps.

Roulage des pois d’hiver après semis

Une première sur Syppre Champagne : désherbage mécanique à l’automne sur les premiers semis de blé :

Avec les conditions « printanières » de cet automne, les premiers semis de blé (précédents colza et chanvre) ont pu être désherbés mécaniquement avec la herse étrille au stade 2ème feuille pointante du blé. Ce passage a permis d’éliminer les coquelicots, véroniques, repousses de colza et chanvre, fumeterres et vulpins aux stades plantules déjà présents.

L’efficacité de ce passage est très satisfaisante du fait de conditions climatiques favorables. La sélectivité est plus qu’acceptable avec très peu de perte de blé.

Les prévisions météo à venir laissent envisager une prochaine application dans ces parcelles ainsi que sur la seconde date de semis de blé et probablement sur les pois d’hiver.

Ces opportunités d’interventions sur les cultures d’automne restent toutefois tributaires des « fenêtres météo ».

Passage de la herse étrille dans le blé, très bonne sélectivité et efficacité malgré le visuel peu engageant

#SyppreBéarn Une implantation des couverts réussie

Article publié le 18 novembre 2020

Les récoltes des cultures d’été sont à présent terminées. Pour les parcelles qui ont été récoltées fin septembre, les implantations des couverts et de CIVE se sont faites dans de bonnes conditions et les levées ont été très belles. Afin de maximiser la production de biomasse des CIVE, ce sont des avoines diploïdes qui ont été implantées après le soja. En semis direct, le couvert implanté est un mélange de féverole, radis chinois et phacélie, très adapté à la destruction par roulage. Avant le soja en semis direct, un seigle forestier a été semé. L’objectif est de rouler après la floraison. Les conditions climatiques à venir seront déterminantes pour les semis de couverts réalisés après le récoltes de fin octobre !

Levée d’un mélange de Féverole, radis chinois et phacélie
Levée d’un mélange de Féverole, radis chinois et phacélie

Le colza sans insecticides, c’est possible !

Article publié le 13 novembre 2020

Après trois campagnes sur la plateforme d’expérimentation Syppre Picardie, certaines stratégies gagnantes ont pu être éprouvées. Parmi elles, on peut mentionner l’absence totale d’insecticides pendant trois ans Comment est-ce possible ? Démonstration.

Soigner son implantation

Le colza est présent dans les deux systèmes de culture comparés sur la plateforme Syppre, chaque année dans le système innovant et un an sur trois dans le témoin (en 2018-2019). La stratégie d’implantation et de conduite diffère selon le système : 

Dans le système témoin, une implantation classique est réalisée: en 2018-2019, le colza a été implanté après un blé tendre d’hiver, après deux passages de déchaumeur à dents, et semé au semoir monograine en association avec un couvert de féverole. 

Dans le système innovant, c’est une implantation au strip-till qui a été menée. La stratégie d’implantation a été adaptée afin d’obtenir un colza robuste en favorisant une levée précoce et une croissance dynamique à l’automne :  

  • Implantation après un précédent pois de conserve pour favoriser la nutrition azotée du colza ; 
  • Association avec des légumineuses gélives (féverole seule ou avec trèfle d’Alexandrie mono-coupe) pour contribuer à contrôler les dégâts des ravageurs d’automne ; 
  • Semis au semoir monograine combiné à un strip-till pour favoriser un enracinement optimal des colzas ; 
  • Un semis précoce autour du 15 août afin de profiter au maximum des pluies orageuses estivales.  

Tous ces leviers ont permis d’atteindre le stade 4 feuilles du colza précocement, et donc d’éviter un premier traitement contre les altises d’hiver adultes. 

Semis du colza en strip-till (Crédit : N.Latraye)

Viser une croissance continue au cours de l’automne 

Les leviers mis en place au semis ont créé les conditions pour obtenir une croissance dynamique et continue au cours de l’automne, et donc des biomasses conséquentes à l’arrivée des larves d’altise, comme le montre le tableau ci-dessous. Les reliquats du précédent pois de conserve évitent les faims d’azote parfois rencontrés sur les gros colzas dans la région. 

Année culturale et système Biomasse Entrée Hiver Biomasse Sortie Hiver Taille du Pivot 
2017-2018 (innovant) 1,88 kg 1,78 kg 9 cm 
2018-2019 (témoin) 0,58 kg 0,72 kg 12 cm 
2018-2019 (innovant) 2,86 kg 2,29 kg 17 cm 
2019-2020 (innovant) 1,88 kg 1,78 kg 20 cm 

Il est intéressant de remarquer la différence de croissance en 2018/2019 entre les deux modalités. La croissance plus faible dans le système témoin peut s’expliquer de trois manières :  

  • Les reliquats post-récolte, dus à la différence de précédent (pois de conserve contre blé tendre d’hiver) ; 
  • La date de semis (16/08 contre 21/08) avec une pluie orageuse le 17/08 favorisant la levée du semis innovant ; 
  • La concurrence vis-à-vis des repousses de céréales dans le système témoin.

Système innovant à gauche et système témoin à droite en 2018-2019 (N.Latraye)

Pour la longueur des pivots, sur l’ensemble des années suivies, il faut noter : que deux valeurs plus faibles que les autres : 

  •  La première (9 cm), en 2017-2018, s’explique par l’utilisation d’un matériel de strip-till obligeant deux passages et ne permettant pas un retour précis dans le sillon avec le semoir. Ce problème a été réglé les années suivantes en combinant stri-till et semis en un seul passage. 
  • La deuxième valeur (12 cm) montre la pertinence du strip till en colza. Ce dernier favorise en 2018-2019 la croissance du pivot (+ 5cm dans l’innovant). Le colza implanté au strip-till a alors une meilleure résilience si des problèmes sont rencontrés au cours de la campagne (intempéries ou attaque de ravageur au printemps).  
Pied chétif à cause des problèmes d’enracinement sur le système innovant en 2017-2018 (N.Latraye)

Des leviers identifiés pour chaque ravageur 

Pour s’affranchir des insecticides, il est nécessaire de suivre les populations de ravageurs (cuvette jaune, Berlèse, etc.) afin de les mettre en lien avec le risque agronomique.  

Les leviers mis en place sur la plateforme permettent de diminuer ce risque agronomique et d’éviter à ce jour les traitements insecticides : 

  • Altises adultes : le colza a toujours eu plus de 4 feuilles lors de leur arrivée (fin septembre) du fait des leviers mis en place à l’implantation, évitant la protection chimique. 
  • Larve d’altise (LGA) : la dynamique de croissance continue au cours l’automne couplée à une biomasse importante et à un pivot bien développé a toujours permis de s’affranchir du traitement. La pression LGA a pourtant pu être forte, comme en 2018 où leur nombre a atteint 18 larves par plante.  
  • Charançon de la tige :la dynamique de reprise aidée par un développement racinaire suffisant et le choix d’une variété précoce à reprise ont toujours été suffisants pour éviter cette protection chimique. 
  • Méligèthes : puisque la reprise en sortie d’hiver s’est toujours déroulée de façon optimale, la protection contre les méligèthes a toujours pu être évitée, la floraison ayant lieu avant leur arrivée.   

Un bilan encourageant 

Même si les rendements n’atteignent pas les objectifs fixés à 45q/ha, les résultats économiques sont parmi les meilleurs de la plateforme. L’optimisation des leviers agronomiques induit une réduction des charges : 

  • Le précédent pois de conserve permet une économie d’un traitement antigraminées sur les repousses de céréales mais aussi un apport d’azote inférieur (-110u/ha en 2018-2019). 
  • Les reliquats du précédent, les plantes compagnes, les semis précoces et un suivi régulier des ravageurs permettent de s’affranchir des traitements insecticides jusqu’à aujourd’hui.  
Année culturale et système Rendement moyen (q/ha) Azote minéral   total (u/ha) IFT total*  = IFT herbicide Charges opérationnelles (€/ha)* Marge directe avec aides (€/ha)* 
2017-2018 (innovant) 40,1 160 0.33 349.94 791.59 
2018-2019 (témoin) 40.8 186 1.6 441.46 741.88 
2018-2019 (innovant) 42.3 71 0.6 333.01 950.81 
2019-2020 (innovant) 40.2 110 0.4 296.49 985.41 

*calcul réalisé par Systerre® sur les données réelles de Syppre Picardie. 

Qu’en est-il de la campagne en cours ? 

Pour ce qui est de la campagne 2020-2021, les colzas semés initialement au 13 août ont eu une levée compliquée et ont été resemés le 15 septembre.  

Cette levée hétérogène s’explique par deux facteurs : 

  • Une rémanence de l’imazamox (présent dans le Corum®) utilisé en rattrapage du pois de conserve au printemps 2020. Les faibles pluies du printemps dernier (<70mm entre l’application herbicide et semis du colza) n’ont pas permis une dégradation suffisante de la substance active. 
  • L’absence de pluie avant début septembre. Même si cette pluie a initié la germination, une croute de battance s’est formée et n’a pas pu conduire à une levée homogène des colzas. 

Ces difficultés de levée, le dépérissement des plantules et les nombreuses levées d’adventices dans les parcelles ont obligé un déchaumage et un re-semis de la culture. 

A ce jour, le colza possède entre 4 et 5 feuilles. Les altises adultes n’ont pas impacté son développement (pression plutôt faible sur le site cette année). Une surveillance accrue sera de mise afin d’éviter tous dégâts de larves de grosses altises tout en limitant les charges sur ce colza.  

Gestion sans glyphosate de l’interculture avant betterave en TCS

Article publié le 21 octobre 2020

En mobilisant un strip-till, une rampe de localisation, et une bineuse, la plateforme Syppre Champagne est parvenue à gérer sans glyphosate une interculture avant betterave en TCS. C’est ce qui est détaillé dans un article paru dans le Cahier Technique du Betteravier Français daté du 6 octobre 2020.

Dans le système innovant de la plateforme Syppre Champagne, le semis des betteraves est réalisé en combiné d’un strip-till. La contrainte fixée de se passer du glyphosate complique fortement les choses. En sortie d’hiver, la réalisation de déchaumages pour gérer le resalissement entrainerait une dégradation de la qualité du travail du stip-till et une mauvaise levée des betteraves.

La stratégie mise en place en 2019/20 a alors consisté à : réaliser un semis combiné au strip-till sur la parcelle resalie, réaliser les interventions de désherbage chimique en localisé, biner dès que possible pour gérer le salissement de l’inter-rang.

L’article publié dans le Betteravier français précise les itinéraires conduits et les limites observées.

Consulter l’article du Betteravier Français

Tournesol : quel bilan lors de la dernière campagne ?

Article publié le 12 octobre 2020

L’implantation et le développement du tournesol ont été bien menés dans les parcelles du Berry. Les rendements sont néanmoins variables, selon que le type de sol soit superficiel ou profond.

Le tournesol, une plante aux atouts agronomiques intéressants

Le tournesol a un rôle important dans le cadre de la lutte contre les graminées annuelles comme le ray-grass et le vulpin. C’est en raison de ces vertus agronomiques que la plante a été intégrée dans les systèmes de culture d’agriculteurs et de la plateforme d’expérimentation SYPPRE du Berry. Une des clés de la réussite ? « Pouvoir être implantée avec succès à la fois dans les sols profonds que dans les terres superficielles à faible réserve utile, et mettre en place un bon enracinement et une structure de peuplement de qualité », indique Gilles Sauzet, ingénieur de développement chez Terres Inovia et coordinateur de la station SYPPRE Berry.

Un bon enracinement et une structure de peuplement de qualité sont l’une des clés de la réussite.
Crédit photo : G. Sauzet

Ravageurs et sécheresse pendant la campagne

Une dizaine de parcelles ont été suivies de semis à la récolte. Dans 80% des cas, les plantes ont bien levé, en particulier pour les semis précoces (levée les dix premiers jours d’avril). Un petit bémol : des dégâts d’oiseaux sur une parcelle et la présence de limaces sur deux parcelles ont occasionné un re-semis dans les zones concernées qui représentent 15% de la surface.

Les pluies de la fin du mois d’avril ont ensuite permis aux plantes d’avoir une croissance régulière. « Au mois de mai, au stade de bouton, l’indice foliaire était très bon et les plantes très saines, ce qui a permis aux tournesols précoces de conserver un indice foliaire de qualité et d’avoir un très bon remplissage du capitule, en dépit de la sécheresse des deux mois d’été », poursuit Gilles Sauzet. Ce qui n’est pas le cas des plantes plus tardives, qui ont souffert de ces conditions climatiques et ont généré beaucoup moins de graines.

Des tournesols tardifs ont pu souffrir de la sécheresse de juillet et août.
Crédit photo : G.Sauzet

Un rendement variable selon le type de sol

On considère que le potentiel est d’environ 8 à 10 quintaux par hectare pour 100 mm d’eau. En sols superficiels, il a été de 17 à 23 quintaux/ha pour une pluviométrie de 130 à 150 mm et une réserve utile de 70 mm en moyenne. « L’écart est lié à la qualité de la structure du peuplement.» En sols profonds, avec une réserve utile de 120 à 150 mm et une pluviométrie de 150 mm il était en revanche bien supérieur, autour de 30 à 35, selon la réserve utile de ces sols.

Tournesol bio : quel résultat ?

Des tournesols bios ont été installés après de nombreux passages de travail du sol. « On a constaté une très forte levée de ray-grass en même temps que la levée de tournesol, ce qui a nécessité 1 à 2 binages très profitables à la culture. L’agriculteur a choisi de ne pas faire de blé à la suite et de poursuivre son action d’élimination de la graminée avec des cultures de printemps et des faux semis ». La solution dans cette situation ? Revenir donc à une culture de printemps et ne pas hésiter à pratiquer le faux-semis pour détruire les levées successives de ray-grass.

Sans travail du sol : attention aux limaces

Une autre situation s’est présentée sur les parcelles du réseau SYPPRE Berry : un tournesol implanté sans travail du sol, sur un couvert de féverole et avec une qualité structurale et une porosité biologique de très bonne qualité. Résultat : un très bon enracinement, mais l’absence de travail du sol superficiel a généré la présence de limaces, d’où la nécessité d’un re-semis dans les zones concernées. « La solution aurait été de pratiquer un déchaumage au moment de la ponte pour détruire les adultes et les œufs ».

Retour sur la journée Terrasolis – GIS -Vivescia

Article publié le 29 septembre 2020

Le colloque “Des espèces végétales et des techniques adaptées au contexte de demain” organisé par la coopérative Vivescia, le GIS GC-HPEE, et l’association Terrasolis, s’est tenu vendredi 25 septembre 2020 en visio-conférence.

La matinée était consacrée à des présentations de plusieurs expérimentations de longue durée installées sur le site Terralab, et qui testent des systèmes de culture innovants, soit pour une évaluation de leur facilité d’appropriation (dispositifs propres de Terrasolis), soit pour évaluer des incidences de techniques de gestion de la fertilisation (Vivescia), soit pour des évaluations complètes multicritères et évaluations de résultats techniques, économiques et environnementaux (Syppre). Rémy Duval a présenté cette plateforme Syppre en Champagne, en décrivant les spécificités des dispositifs Syppre en termes de déploiement pluri-régional, de dispositifs, ainsi que les réussites et écueils et les premiers résultats obtenus.

L’ensemble de la journée, à la fois retours d’expérimentations, témoignages et constats du terrain, tables rondes et discussions, a mis en exergue des grandes questions autour de l’innovation dans les systèmes de culture, telles que l’anticipation du réchauffement climatique, l’évaluation et le choix variétal, ou encore la nécessaire étape de transition d’exploitations économiquement fragilisées.

La journée était clôturée par une intervention conclusive de Christian Huyghe.