La plateforme d’Estrées Mons à la rencontre des producteurs

Article publié le 19 juillet 2021

Le 8 juillet, une cinquantaine d’agriculteurs et de conseillers techniques sont venus arpenter les parcelles de la station expérimentale d’Estrées Mons de Terres Inovia, qui abrite la plateforme Syppre.

Cette visite annuelle était organisée par Terres Inovia. Objectif : faire découvrir aux producteurs de la région les travaux de l’institut technique pour les aider à mieux piloter les cultures et à trouver des leviers pour obtenir un colza robuste, mieux faire face aux bio-agresseurs ou encore insérer des légumineuses à graines dans ses rotations.

Un atelier spécifique était bien entendu organisé pour présenter la plateforme Syppre, et détailler les difficultés et les leviers innovants testés sur les quinze parcelles Syppre. Parmi les systèmes innovants testés, Nicolas Latraye, ingénieur de développement de Terres Inovia et animateur de la plateforme, se félicite de la mise en place d’un strip till début août sur les parcelles de betteraves et de maïs. « Fragmenter le sol en été fonctionne très bien dans les sols argileux, mais pas forcément dans les sols limoneux, le sol se referme au cours de l’hiver. Pour garder cette fissure ouverte, un semis d’un couvert dans le rang avec du tournesol a été réalisé dans de bonnes conditions fin août.». Autre technique testée : le pré-buttage d’automne en pommes de terre, avec le semis d’un couvert pour couvrir et travailler le sol au cours de l’hiver.

Nicolas Latraye, ingénieur de développement de Terres Inovia, présentait la plateforme Syppre aux agriculteurs, le 8 juillet dernier

Les ruches installées en bordure de parcelle par Ternovéo dans le cadre de son programme Terre des Abeilles en 2020 puis équipées de balances connectées Optibee suite à un partenariat scientifique impulsé par Terres Inovia en 2021 ont aussi été montrées aux visiteurs. Objectif : communiquer autour des liens gagnant-gagnant entre agriculture et apiculture puis étudier la place du colza dans le bol alimentaire des abeilles et les performances des colonies.

Nicolas Cerrutti, en charge du projet R2D2 pour Terres Inovia, explique aux agriculteurs comment se déroule l’expérimentation des ruches mises en place sur la plateforme Syppre.

La plateforme Syppre s’engage ainsi à mener une démarche éco-responsable en utilisant les bonnes pratiques culturales, dans le respect de cet auxiliaire indispensable et de la biodiversité. Nicolas Cerrutti, spécialiste des insectes auxiliaires et des services qu’ils rendent aux agriculteurs, était présent pour sensibiliser à leur importance dans un contexte de réduction des solutions chimiques de traitement. Il a expliqué comment favoriser les auxiliaires et notamment les ennemis naturels des ravageurs de l’échelle de l’exploitation agricole à l’échelle du paysage pour mieux bénéficier de leur action, notamment en implantant des couverts d’intercultures et des bandes fleuries semées avec des espèces pérennes ou annuelles comme la phacélie, le trèfle le lotier et certaines apiacées.

Pour en savoir plus :

https://www.terresinovia.fr/-/diversification-et-systemes-de-culture-des-experts-a-la-rencontre-des-producteurs-en-picardie

#Syppre Lauragais, le réseau d’agriculteurs actif et acteur

Article publié le 7 juillet 2021

Le réseau Syppre Lauragais s’est retrouvé le 10 juin dernier pour une visite guidée de la plate-forme, en présence des pilotes de celle-ci, puis sur quelques parcelles suivies chez des agriculteurs membres du réseau . Depuis son lancement en 2018, les travaux du réseau Syppre se sont concentrés essentiellement sur les couverts d’interculture longue avec des essais menés chez les agriculteurs partenaires. Cette visite a permis d’évoquer ensemble la réussite de l’implantation des cultures d’été et les enseignements à tirer pour les prochaines campagnes.

Les retours d’expériences et les essais chez les agriculteurs sont une force du réseau. Les agriculteurs sont acteurs de l’évolution de leurs métiers en testant des nouvelles pratiques directement sur leur parcelle.  

Où en est la plateforme Syppre Lauragais ?

La matinée débute par la visite de la plateforme Syppre sur les coteaux du Lauragais. Toutes les cultures sont actuellement en place et les questionnements sur le dispositif sont nombreuses. Des premiers enseignements émergent sur la gestion des intercultures sans glyphosate, l’enjeu principal étant de limiter la montée à graines des adventices dans les cultures afin que le stock semencier ne soit pas re alimenté. Cet enjeu devant aller de pair avec un des objectifs majeurs pour cette plate-forme, à savoir la préservation de la fertilité du sol et la lutte contre l’érosion, générant une équation qui n’est pas simple à résoudre.

Pour éviter d’être dépassé par les adventices, semer les cultures sur un sol propre est une nécessité, et cela peut entrainer une multiplication des passages d’outils avant le semis, surtout si le couvert se salit. Le recours au désherbage mécanique (bineuse, herse étrille) en culture permet lui aussi de maitriser l’enherbement, tout en posant la question de la vulnérabilité vis-à-vis de l’érosion. Ce levier est particulièrement efficace lorsque le passage est accompagné d’un temps séchant comme ce printemps. Il est aussi observé que les levées de Ray-grass, adventice ennemie principale dans la région et sur le dispositif, ne se concentrent plus seulement à l’automne, avec une pression de plus en plus forte au printemps sur les cultures de sorgho et de tournesol. A nous de faire évoluer nos systèmes de cultures pour s’adapter à ces évolutions…affaire à suivre !

Implantation des cultures d’été à la suite d’un couvert

La visite se poursuit chez des agriculteurs du réseau Syppre. Chez Maurice de Guebriant, l’implantation des cultures d’été (maïs et tournesol) derrière le couvert de féveroles a été une réussite. Pour le tournesol, quelques pertes de pieds sont tout de même à signaler, dues aux oiseaux, mais aussi aux limaces, preuve qu’après un couvert la vigilance vis-à-vis de ce ravageur doit rester de mise, même en conditions sèches. La féverole semée le 19 octobre avait produit 3 T de MS au moment de sa destruction le 23 mars, à l’aide d’un rouleau hacheur puis d’un déchaumeur. Le tournesol et le maïs ont par la suite été semés avec un semoir monograine classique.

Les échanges se sont ensuite portés sur le raisonnement du travail du sol Sur les terres argileuses du Lauragais, il est risqué de travailler le sol au printemps. Lors de l’installation de ses couverts en interculture longue, l’agriculteur procède à un diagnostic de la structure du sol, pour décider si un travail doit être envisagé. si cela est le cas, il le réalise avant l’implantation du couvert à l’automne. cette année, seule une des deux parcelles a été décompactée afin de ne pas pénaliser l’implantation du tournesol au printemps après le couvert.

Ensuite, le groupe s’est déplacé chez Eric Zambon, sur une parcelle implantée en Vesce du Bengale afin de produire de la semence pour les prochains couverts. Cette culture semée le 20 mars a déjà produit une importante biomasse et a attiré la curiosité des partenaires et des agriculteurs. Peu de référence sont disponibles dans le Lauragais et sa destruction pose de nombreuses interrogations. Pour autant ce type d’initiative et en particulier cette espèce peut offrir une nouvelle voie dans la diversification des couverts végétaux réalisables dans le Lauragais.

Syppre aux Culturales

Article publié le 25 juin 2021

Près d’une centaine de visiteurs se sont pressés aux visites de la plateforme Syppre champagne, qui se déroulaient en marge des Culturales®. Ce salon de plein champ organisé tous les 2 ans par ARVALIS – Institut du Végétal, se tenait les 15, 16 et 17 juin 2021 sur le site TERRALAB à coté de Reims.

Les Culturales 2021 avaient lieu à proximité immédiate de la plateforme Syppre Champagne, l’occasion de mettre en avant ce programme original. Les visiteurs du salon ont pu visiter la plateforme champenoise et découvrir ou redécouvrir Syppre. Les parcelles étaient accessible en car, sur inscription.

Les ingénieurs et techniciens qui travaillent sur le projet ont proposé une visite guidée avec des explications sur le projet et ses objectifs, le système innovant mis en place, les résultats obtenus (enseignements positifs mais également améliorations à envisager), etc.

La plateforme Syppre Champagne occupe 13 hectares et compte 15 modalités, avec 3 répétitions pour chaque terme de la rotation, soit 45 parcelles.

Syppre était également à l’honneur sur les Culturales® sur le pôle technique 4 du salon « J’améliore la fertilité de mon sol », sur l’atelier n°15 « Les leviers pour le stockage du carbone dans le sol ».

La lentille, une culture à valoriser

Article publié le 24 juin 2021

Sur la plateforme Syppre Berry, la lentille constitue un excellent précédent. Quels sont ses avantages dans la rotation et le système de cultures ? Les explications de Gilles Sauzet, ingénieur de développement de Terres Inovia et animateur de la plateforme.

Les atouts de la lentille dans une rotation ne manquent pas. C’est bien l’un des enseignements des systèmes de cultures innovants expérimentés au sein de la plateforme Syppre du Berry. « La lentille nous permet d’apporter de la diversification, dans un contexte de cultures d’hiver majoritaires, et de valoriser cette culture au sein d’une filière porteuse de débouchés », tient à préciser Gilles Sauzet.

Un très bon précédent pour le blé et le colza

Premier avantage d’une culture de la lentille : elle est parfaitement adaptée au contexte pédoclimatique berrichon. Les conditions contraignantes de faible réserve utile, une minéralisation très modéré et un Ph alcalin lui conviennent parfaitement. « Elle restitue de l’azote dans le milieu ce qui permet de faire ensuite un blé dur consommateur d’azote minéral et ensuite du colza qui se comporte très bien derrière ces deux cultures ».

Cette succession culturale permet au colza une croissance bien plus forte qu’après un orge d’hiver par exemple. « Le rendement du colza est de 15 % supérieur s’il est précédé par une lentille et un blé dur », ajoute Gilles Sauzet. En effet, les reliquats azotés plus conséquents permettent d’améliorer la croissance automnale du colza et, par conséquent, donne des plantes plus vigoureuses qui luttent mieux contre les insectes. « Ce sont des colzas qui poussent mieux, produisent plus et coûtent moins chers en insecticides et produits de désherbage sans qu’il soit nécessaire de fertiliser au semis ».

Un rendement intéressant

En six années de campagne sur la plateforme Syppre Berry et les exploitations des agriculteurs du réseau, la culture de la lentille a affiché un rendement moyen de 20 q/ha. Seule l’année 2020 a été catastrophique, avec un rendement de 6 q/ha (sur la plateforme) et une production très médiocre dans la campagne, due à des problèmes de levée, de croissance, de pucerons et d’adventices.

Quelques conditions doivent être réunies pour réussir la culture de la lentille :

– un sol à Ph élevé et ressuyage rapide ;

– des reliquats azotés faibles ;

– un sol bien rappuyé et bien structuré permettant un enracinement de qualité et favorisant la nodulation.

La lentille n’apprécie pas les sols soufflés et un soin particulier doit être porté à la gestion de certains bio agresseurs comme le puceron.

Lentille : une campagne bien partie

Contrairement à la campagne 2020, la culture de la lentille a bien démarrée en 2021. « On constate une meilleure implantation, avec un bon enracinement, de nombreuses nodosités et une gestion, a priori, de qualité, des pucerons », conclut Gilles Sauzet.

Vous souhaitez en savoir plus sur la culture de la lentille et ses itinéraires techniques? Retrouvez le guide de culture 2021 de Terres Inovia sur https://www.terresinovia.fr/p/guide-lentille

Désherbage mixte : l’itinéraire technique en vidéo

Article publié le 7 juin 2021
Quel itinéraire technique a été mis en place pour le pois de printemps, installé sur la plateforme Syppre Picardie en système innovant? A découvrir en vidéo, avec les explications de Nicolas Latraye, ingénieur de développement de Terres Inovia et animateur de la plateforme Syppre Picardie.

Sur la plateforme Syppre Picardie, il a fallu remplacer, cette année, la féverole d’hiver, qui avait gelé en février dernier. Un pois de printemps a été semé le 25 mars dans le système innovant .

Un programme de désherbage mixte a alors été réalisé avec un passage de herse étrille. Il a été couplé, quelques jours plus tard, à un passage de désherbage chimique.

Retour sur cet itinéraire technique  en vidéo, réalisée le 31 mai 2021 par Nicolas Lataye (Terres Inovia), animateur de la plateforme.

#SyppreChampagne : des cultures de printemps qui s’installent lentement

Article publié le 28 mai 2021

L’installation des cultures de printemps est encore lente cette année, l’humidité ne manque pas, mais les températures sont basses pour la saison.

Suite au semis de tournesol, en remplacement du colza, les corvidés ont détruit chaque germe. Il a été décidé de ne rien implanter de nouveau sur cette modalité, étant donné la date déjà bien avancée et de poursuivre le travail du sol  pour le nettoyage desparcelles

Les pois d’hiver et de printemps sont bien implantés. L’association avec du blé joue bien son rôle de dissuasion contre les pigeons pour le moment. Ce blé vient d’être détruit avec un antigraminée foliaire dans les pois d’hiver, au stade dernière feuille étalée.

Le chanvre s’installe lentement, un passage de herse étrille a été réalisé.

Les betteraves se développent très lentement. Le semis sur strip till est au stade 6 – 8 feuilles, le re-semis sur labour (après l’épisode de gel) est au stade 2 feuilles. Le désherbage est bien maitrisé. Les premiers pucerons sont observés. Les seuils d’interventions sont dépassés (20 % à 40 % d’aptères verts). Une première intervention aphicide est réalisée avec la rampe de localisation.

Le potentiel de chaque culture semble déjà compromis, hormis pour les céréales et les pois.

La visite la plateforme champenoise, située à proximité immédiate du site des Culturales,  est possible les 15, 16 et 17 juin. L’inscription est indispensable (s’inscrire).

Les travaux menés sur la plateforme champenoise de Syppre bénéficient du financement de DiverIMPACTS

Le pré-buttage de pommes de terre dans les systèmes innovants

Article publié le 27 mai 2021

Depuis maintenant deux ans, le pré-buttage en pomme de terre est réalisé sur la plateforme Syppre de Picardie.

Quels sont les objectifs de cette technique ? Comment est-elle mise en œuvre et évaluée ?

Vous trouverez les réponses dans cette vidéo réalisée le 12 mai par Nicolas Latraye (Terres Inovia), animateur de la plateforme.

Inscrivez-vous aux visites de la plateforme Syppre aux Culturales®

Article publié le 11 mai 2021

Vous vous rendez au Culturales®, les 15, 16 ou 17 juin et souhaitez en profiter pour visiter la plateforme champenoise de Syppre, située à proximité ? Inscrivez-vous dès maintenant !

La plateforme occupe 13 hectares et compte 15 modalités, avec 3 répétitions pour chaque terme de la rotation, soit 45 parcelles.

Afin de respecter les normes sanitaires en vigueur, les places sont limitées et la plateforme n’est accessible que sur réservation :

S’inscrire

Pensez à vous munir de votre badge d’accès aux Culturales® : son numéro vous sera demandé sur le formulaire d’inscription.

Le transport depuis le site des Culturales® jusqu’à la plateforme Syppre est assuré en car.

Les ingénieurs et techniciens qui travaillent sur le projet proposent une visite guidée avec des explications sur le projet et ses objectifs, le système innovant mis en place, les résultats obtenus (enseignements positifs mais également améliorations à envisager), etc.

Syppre est également à l’honneur sur les Culturales® sur le pôle technique 4 du salon « J’améliore la fertilité de mon sol », sur l’atelier n°15 « Les leviers pour le stockage du carbone dans le sol ».

Tour de plaine : les semis ont été réalisés

Article publié le 30 avril 2021

La plateforme Syppre Picardie a réalisé un tour de plaine, le 26 avril. Nicolas Latraye, ingénieur de développement de Terres Inovia pour les Hauts-de-France, passe en revue toutes les cultures de cette plateforme qui teste les systèmes innovants.

Les cultures de la plateforme (orge de printemps, betterave, pommes de terre et maïs) ont été semées dans de bonnes conditions.

Visionnez le tour de plaine de Nicolas ici :

Le tournesol, une culture à optimiser

Article publié le 26 avril 2021

Sur la plateforme Syppre du Berry, l’heure est au semis du tournesol. Une culture qui gagne à être valorisée, tant elle multiplie les atouts agronomiques.

Viser un début de floraison début juillet

Sur la plateforme du Berry, le tournesol a été semé le 9 avril, sur un lit de semences de bonne qualité, mais assez frais (8-9°C sur les premiers centimètres). « L’objectif est d’avoir une levée autour du 1er mai, en même temps que les tournesols du bassin de production afin de favoriser pour limiter autant que possible les dégâts occasionnés par les oiseaux, pigeons et corbeaux», précise Gilles Sauzet, ingénieur de développement de Terres Inovia et responsable de la plateforme Syppre Berry. On cherche à viser une floraison début juillet, période à laquelle la probabilité d’avoir quelques pluies est réelle.

Crédit photo : G.Sauzet- Terres Inovia

Un blé facile à installer sur un sol propre

Au regard du système de cultures développé sur la plateforme, le tournesol est une culture particulièrement intéressante, au niveau agronomique. Elle laisse, en effet, un sol propre, ce qui permet de faire du blé, la culture suivante, en semis direct ou en réduisant le nombre de préparations, et donc de réduire les coûts d’installation. Depuis maintenant six campagnes, les blé de tournesol donne le meilleur rendement, par rapport au blé de pois (en rotation longue) et au blé de colza (en rotation courte), avec des charges en désherbage chimique très réduite.

Un faux-semis pour détruire des adventices et des couverts pour améliorer la fertilité des sols

Autre avantage du tournesol : avant son installation, il est possible de pratiquer des faux-semis et ainsi réduire les populations de certaines adventices, comme le ray-grass et le vulpin.

Cette culture permet également de faire un couvert d’interculture après le précédent, qui est souvent une céréale. Ce couvert a pour but d’améliorer la fertilité des sols, avec une destruction hivernale à la sortie d’hiver.

A l’échelle du système des cultures, on voit bien que le tournesol est une culture agronomiquement intéressante. L’amélioration de ses performances passe par la réussite de son implantation en termes de date de levée, de structure de peuplement et d’enracinement. Ces réussites sont indispensables pour satisfaire un état clé déterminant pour l’expression du potentiel : la surface foliaire et sa durée à partir du début de la floraison.