#SyppreChampagne : Résultats des récoltes d’automne et implantation des cultures pour 2023

Article publié le 22 novembre 2022

Les récoltes pour la campagne 2022 sont maintenant terminées avec les cultures de chanvre et de betteraves. Les cultures d’hiver pour la récolte 2023 s’installent progressivement.

Une récolte de chanvre précoce et décevante
Le chanvre est moissonné le 26 septembre à un taux d’humidité de 14,3 %. Le rendement est de 5,8 qx/ha pour le chènevis. Malgré une assez forte population de chénopodes dans les parcelles, peu d’impuretés se retrouvent dans les graines de chanvre à la récolte.
Après un petit épisode de précipitations, le pressage de la paille se fait le 29 octobre pour un résultat de 6,85 T/ha.
Les performances de cette culture demeurent encore décevantes cette année, essentiellement en raison des conditions sèches de l’année, du choix variétal et probablement de la nutrition azotée.

Les rendements en betteraves insatisfaisants
Les betteraves sont récoltées le 17 octobre. L’état sanitaire est très sain, grâce au choix d’une variété très résistante aux maladies, une seule protection fongicide a été nécessaire.
Depuis l’été, des ronds de jaunisses se sont dessinés. Les parcelles semées sur labour étaient plus fortement touchées (10 % de surface estimée) que les modalités strip till (7 % de surface estimée). Pour rappel, les semis sur labour avaient été réalisés 1 semaine avant les strip till, ces premiers semis ont levé plus rapidement et ont subis quelques dégâts de gel. Toutes ces betteraves, avec enrobage standard, ont reçu 2 aphicides.
Les rendements sont de 61 T/ha sur la modalité témoin en labour contre 47 et 48 T/ha pour les 2 modalités innovantes en strip till.

Les cultures d’hiver sont implantées
Après les colzas, ce sont les orges d’hiver, les blés et les pois d’hiver qui sont semés.
Le colza témoin sur labour est très bien implanté avec une biomasse moyenne de 1,3 kg/m². Les parcelles sont propres et la pression ravageur assez faible.
Le colza innovant sur strip till a beaucoup souffert du sec pendant et après le semis. La biomasse entrée hiver est impactée avec seulement 0,41 kg/m². Les parcelles sont fortement infestées en vulpins et sanves. La pression ravageur est faible.

Les orges d’hiver et blés sont semés du 10 octobre au 2 novembre dans de très bonnes conditions et lèvent très rapidement. Un désherbage de post levée précoce est réalisé pour lutter contre les vulpins. Assez précocement, des levés de vulpins sont déjà observées dans la modalité blé de colza du système innovant, alors qu’aucune observation de cet adventice n’est notée dans les autres modalités.
Les pois d’hiver sont semés le 7 novembre, également en bonnes conditions, suivi d’un roulage et d’un désherbage de pré levée pour palier à la forte pression adventices de la plateforme.
Les Cipans seront prochainement détruites. Avant cela, des prélèvements seront réalisés pour déterminer leur biomasse ainsi que leur teneur en azote.

Assolement de la campagne 2022/2023 : de nouvelles règles de décisions mises en pratique

Article publié le 14 novembre 2022

Avoir plus de flexibilité dans le choix des cultures et dans leur succession, telle était l’une des principales conclusions des réflexions menées lors des ateliers de re-conception des systèmes de la plateforme Syppre Berry. Au lendemain des semis des cultures d’automne, voici la présentation des principales adaptations de l’assolement mises en place pour la campagne en cours.

Priorité donnée à la gestion des adventices

La pression adventice, et en particulier des graminées (vulpin surtout et ray-grass de plus en plus) est l’une des principales problématiques de la plateforme Syppre Berry, et plus généralement des systèmes de la région. Si sur les campagnes 2016 à 2021 le système innovant a permis une légère amélioration de la maîtrise des adventices par rapport au système témoin, il faut encore progresser pour gagner en robustesse.  L’évaluation de la gestion des graminées avant récolte devient donc un élément déterminant pour le choix de la culture suivante. Ainsi, plusieurs adaptations de la rotation ont été mises en place :

  • Dans le système témoin
    • Introduction du tournesol à la place du colza : derrière l’orge d’hiver, la pression vulpin est devenue incontrôlable (entre 200 et 600 vulpins/m2). La maitrise de ces graminées dans du colza, culture initialement prévue dans la rotation témoin, aurait été très compliquée. C’est pourquoi le choix d’introduire un tournesol a été fait. L’interculture entre l’orge d’hiver et le tournesol va donc permettre un déstockage de ces graminées par faux-semis puis une esquive des levées avec le tournesol, et ainsi améliorer la gestion du désherbage dans les années suivantes. Une évolution du système témoin se justifie également par la présence de plus en plus fréquente du tournesol dans les systèmes de cultures des exploitations locales.
Introduction du tournesol à la place du colza
  • Dans le système innovant 
    • Remplacement de l’orge d’hiver par le millet : l’orge d’hiver est la culture qui précède la lentille, plutôt considérée de sortie d’hive que de printemps. Le précédent de la lentille doit donc permettre une bonne maîtrise des graminées, afin de limiter les risques de salissement dans la culture . Après avoir constaté une dérive des graminées dans le blé de pois, l’orge d’hiver initialement prévue après ce blé aurait encore accentué la pression vulpin : il a donc été décidé de couper radicalement le cycle des graminées en implantant un millet, qui permettra une meilleure maîtrise du salissement avant l’implantation de la lentille pour la campagne 2024.
    • Remplacement de la lentille par du tournesol : de la même manière que dans le système témoin, la pression graminées est devenue incontrôlable derrière l’orge d’hiver du système innovant. L’implantation de la lentille en mars n’aurait pas permis de créer une réelle rupture dans le cycle des graminées, entrainant un risque de fortes levées après le semis et de salissement difficilement contrôlable de la culture. Le tournesol, vraie culture de printemps, permettra d’esquiver davantage les levées de graminées, et donc de rompre leur cycle. La gestion des vulpins dans la céréale d’automne suivante sera donc plus facile, associée à un semis tardif et une stratégie de désherbage chimique adaptée.

Concilier les objectifs de rentabilité et d’amélioration de la fertilité du sol

Le manque de rentabilité du système innovant face au système témoin, et les difficultés de mise en place de pratiques bénéfiques à la fertilité du sol, sont des éléments qui doivent également être pris en compte dans les règles de décision du choix des cultures. Après l’évaluation de la gestion du désherbage, certaines parcelles ont également vu un ajustement de leur succession pour répondre à ces objectifs :

  • Un blé tendre après le colza du système innovant à la place du millet : après un contrôle très acceptable des vulpins dans le colza, un blé a été semé afin d’améliorer la compétitivité économique du système innovant. Le millet a quant à lui été introduit à la place de l’orge d’hiver dans une situation nécessitant une réelle rupture dans la gestion du désherbage.
  • L’association de trèfle blanc au colza du système innovant : la souplesse permettant de semer un blé après le colza à la place du millet permet de valoriser l’effet du couvert semi-permanent après la récolte du colza. La succession colza + trèfle blanc, suivie d’un blé tendre puis d’un tournesol, permettra de tenter de maintenir la présence du trèfle blanc pendant deux années après la récolte du colza. Le but est de maximiser la production de carbone et d’azote durant deux années sans avoir à ressemer un couvert végétal et de favoriser la minéralisation de l’azote dans les campagnes à venir, deux objectifs importants au sein de la plateforme Syppre Berry. L’enjeu de maintenir le trèfle dans le colza actuellement en place est donc de taille, ce qui a été récemment décidé compte tenu de la bonne gestion des dicotylédones dans le colza permettant d’éviter l’usage de désherbage antidicotylédones non sélectif des trèfles.
L’association du trèfle blanc au colza dans le système innovant

A noter également que le choix des cultures de printemps dans les deux systèmes (tournesol et millet) a permis l’implantation de couverts végétaux, avec une biomasse globalement satisfaisante compte tenu des conditions climatiques favorables de l’automne. Ces couverts d’interculture longue restent la base des apports en carbone labile et d’azote, avec une part de légumineuses en plus favorables à la minéralisation de l’azote pour les cultures de printemps, et plus globalement à l’activité biologique des sols.

6 webinaires pour découvrir les derniers résultats de Syppre

Article publié le 7 octobre 2022

Nous vous proposons de découvrir les nombreux enseignements sur la faisabilité et les performances des systèmes testés lors de six webinaires Syppre organisés de novembre 2022 à avril 2023.

08 novembre 2022 – Syppre, une action de R&D innovante à la recherche de la multiperformance pour les systèmes agricoles en grandes cultures

Lancée en 2015, l’Action Syppre rassemble l’expertise des 3 instituts techniques pour mettre au point des systèmes de grandes cultures innovants conciliant productivité, rentabilité et excellence environnementale. Aujourd’hui, de nombreux enseignements sont disponibles sur la faisabilité et les performances des systèmes testés : innovations dans le positionnement et la conduite des cultures ; bénéfices et limites de la diversification des cultures sur la maîtrise des bioagresseurs, les performances et la robustesse des systèmes ; compromis à trouver pour améliorer la fertilité des sols et la maîtrise des adventices avec un faible usage de produits phytosanitaires ; perspectives pour progresser vers la multi-performance.

Intervenants : Anne-Laure Toupet de Cordoue (Arvalis-Institut du végétal), Stéphane Cadoux (Terres Inovia) et Rémy Duval (ITB)

12 décembre 2022 – Syppre Lauragais : allier rentabilité, réduction de la dépendance aux engrais de synthèse et maîtrise de l’érosion en coteaux argilo-calcaires

Dans le Lauragais, la plateforme Syppre expérimente un système très diversifié, incluant une couverture quasi permanente des sols pour lutter contre l’érosion et préserver la fertilité, problématique très importante dans ces zones céréalières de coteaux.

Intervenant : Jean-Luc Verdier (Arvalis-Institut du végétal)

09 janvier 2023 – Syppre en terre de craie de Champagne : vers un système économe en azote et en GES et préservant la fertilité du sol

En terre de craie de Champagne, Syppre a fait la démonstration d’un système capable de réduire sa dépendance aux engrais azotés minéraux et au travail du sol. La forte diversité des cultures présentes sur la plateforme expérimentale permet de tester la faisabilité et l’intérêt de certaines cultures (chanvre). Le non recours au glyphosate depuis 3 ans a également produit des enseignements en terme de possibilité de désherbage mécanique et/ou localisé sur ce type de sol.

Intervenant : Ghislain Malatesta (ITB)

06 février 2023 – Syppre en limons picards : un système alliant cultures industrielles, maintien de la fertilité des sols et économies d’intrants

En Picardie, Syppre expérimente un système qui maintient une part importante de cultures industrielles à forte valeur ajoutée tout en intégrant des leviers pour préserver et améliorer la fertilité du sol. La dépendance aux intrants de synthèses, phyto et engrais, est diminuée, améliorant ainsi les performances environnementales de ce système. La maîtrise de l’implantation des pommes de terre et betteraves en non-labour permettant de concentrer la matière organique en surface reste perfectible et fait l’objet de test d’innovations.

Intervenant : Nicolas Latraye (Terres Inovia)

07 mars 2023 – Syppre Berry : la recherche de la robustesse en zone intermédiaire

Syppre Berry teste un système innovant et diversifié dans le but d’améliorer le contrôle des adventices, la fertilité des sols et globalement la multi-performance par rapport à un système colza/blé/orge. Les résultats sont en moyenne très satisfaisants avec un maintien de la marge économique et une réduction de l’usage des intrants (azote et produits phytosanitaires) et des émissions de gaz à effet de serre d’environ 30%. L’introduction de cultures de printemps et de légumineuses produit des bénéfices agronomiques mais induit une plus grande variabilité de production qui semble être atténuée avec un choix plus flexible des cultures.

Intervenant : Matthieu Loos (Terres Inovia)

03 avril 2023 – Syppre Béarn : expérimenter de nouveaux systèmes à base de maïs dans les terres humifères

Syppre teste plusieurs systèmes incluant des cultures de diversification dans une zone très particulière du Béarn, les terres noires, très riches en matière organique, avec une grande réserve utile mais qui offrent des fenêtres d’interventions assez réduites en dehors du printemps/été. Ces systèmes incluent notamment des céréales à pailles sensibles à une trop grande humidité hivernale notamment, du soja ou encore de cultures intermédiaires à valorisation énergétique. Les enseignements sont nombreux sur la gestion des adventices, la moindre dépendance aux engrais azotés ou encore le bilan carbone.

Intervenant : Clémence Aliaga (Arvalis-Institut du végétal)

Bilan des récoltes : les éléments à retenir pour la campagne 2021-2022

Article publié le 7 octobre 2022

Sur la plateforme Syppre du Berry, quels ont été les faits marquants de la campagne ? Des conditions climatiques délicates ont impacté les cultures d’automne. Globalement, la campagne a permis de tiré certaines leçons sur la robustesse des cultures.

Un climat printanier qui a impacté les cultures d’automne

Le printemps et le début de l’été 2022 ont eu un effet sur les cultures de la plateforme Syppre Berry, située à Villedieu sur Indre. Le printemps sec et chaud a fait souffrir les cultures d’automne avec un stress hydrique assez marqué dans des phases clés d’élaboration du rendement. La floraison des céréales d’hiver dans des conditions extrêmes a impacté fortement la fertilité des épis. Les épisodes orageux de mi-juin, à la veille des récoltes, n’ont malheureusement pas épargné la plateforme, dont le fort épisode de grêle a impacté la plupart des cultures d’automne.

Une récolte des pois et des orges d’hiver avant la grêle

Au niveau des orges d’hiver, l’impact de la rotation se fait sentir sur les rendements. Le système témoin décroche avec une moyenne de 53q/ha contre 63q/ha pour le système innovant. Ces 10q/ha d’écart s’expliquent principalement par un salissement plus fort en graminées dans le système témoin. L’effet du retour plus fréquent de l’orge a également un impact, avec des jaunissements précoces de l’orge témoin expliqués par une apparition probable de piétin échaudage durant la montaison. Les pois d’hiver obtiennent un rendement moyen de 33q/ha, avec des différences de rendement allant de 20 à 40q entre les blocs. La profondeur du sol, mais également l’apparition de symptômes de bacterioses et de maladies précoces, à différents degrés selon l’exposition au gel et à l’humidité de la plateforme, permettent d’expliquer ces différences de rendement.

Les colzas et les blés impactés par la grêle

Si les récoltes précoces ont permis d’éviter les impacts de la grêle pour les orges et les pois d’hiver, il n’en a pas été de même pour les colzas et les blés. Difficile d’estimer l’impact réel des orages de grêle pour des cultures à maturité. Cependant, le comptage de grains de blés tombés au sol, après analyse des Poids de Mille Grains (PMG), laisse supposer une perte de 5 à 7q/ha selon les micro parcelles, et l’avancée de la maturité physiologique des blés.

Aucune différence de rendement moyen n’a été mesurée entre les modalités et les systèmes, aussi bien pour les blés que pour les colzas, soit 24q/ha en moyenne pour les colzas et 63q/ha pour les différents blés. Le blé améliorant décroche par rapport au blé tendre, avec une moyenne d’à peine 50q/ha. C’est un écart logique compte tenu de son moindre potentiel face au blé tendre, dans des conditions climatiques favorables.

Colza et blé tendre : que déduire de l’analyse fine des rendements ?

  • Colza : les parcelles à la densité maitrisée (entre 15 et 30 pieds/m²) ont fait un meilleur rendement lors des différentes pesées. Ainsi, dans l’objectif d’un colza robuste, et dans des conditions de stress hydrique, la surdensité ne permet pas au colza d’avoir une croissance et une biomasse optimale pour obtenir son potentiel de rendement. Les conditions d’ensoleillement de post-floraison ont permis d’obtenir un bon nombre de grains par silique, limitant ainsi les faibles rendements.
  • Blés tendres : le printemps sec a mis en difficulté la valorisation des apports d’azote, impactant ainsi le statut azoté des cultures (mesuré par les indices de nutrition azotée), sauf pour le blé tendre de pois d’hiver. En effet, ce dernier a montré un statut azoté optimal à la floraison, montrant ainsi la valorisation des précédents légumineuses pour la culture du blé tendre. La minéralisation plus importante de l’azote du précédent a permis de pallier en partie à la mauvaise efficience des apports d’azote minéraux. Même si le rendement n’est pas différent des autres précédents, la teneur en protéine de 14% du blé de pois d’hiver (contre 11.5 pour les autres précédents) révèle un potentiel de rendement plus élevé mais non atteint, compte tenu des conditions de stress hydrique au printemps.

Le millet tire son épingle du jeu dans des conditions délicates

Au niveau des cultures de printemps, seuls le millet et le tournesol étaient présents sur la plateforme. Les lentilles ont été détruites assez tôt après la levée en raison d’un salissement important en dicotylédones (chardon et chénopode) et à des pertes de pieds importantes (phytotoxicité d’herbicide et fonte de semis par des champignons). Elles ont été remplacées par un tournesol.

Le millet a montré sa robustesse dans des conditions sèches et délicates de levée, après le semis en mai. Les orages de juin ont permis un remplissage des réserves, permettant d’obtenir un rendement très correct de 33q/ha. Avec un fort reliquat d’azote avant le semis, et l’absence de salissement en lien à un semis tardif, cette culture montre également une certaine rusticité avec de faibles charges d’intrants (un seul désherbage anti dicotylédones et aucun apport d’azote).

Les tournesols, en revanche, ont été malmenés de la levée jusqu’à la maturité, en raison de dégâts de pigeons lors de la levée et avant la récolte, d’un salissement très impactant en chénopodes et en chardons et des dégâts de lièvre durant la phase de montaison. Les rendements sont très faibles (entre 10 et 15q/ha).

En résumé : les effets sur le robustesse des cultures La campagne 2021/2022 a montré :

L’impact de la pression des graminées en rotation courte sur les céréales d’hiver, ainsi que la montée en puissance et la non-maîtrise de certaines dicotylédones dans le tournesol.

La valorisation des légumineuses sur la nutrition azotée des cultures suivantes : elle a ainsi un impact sur le statut azoté au printemps des cultures d’hiver, et également sur le reliquat azoté pour les cultures de printemps, ce qui permet de limiter les apports minéraux.

L’effet de la surdensité en colza impacte la croissance et la biomasse de la culture en situation de stress hydrique

L’effet des cultures de printemps en semis tardif comme le millet sur le salissement permet les faux semis et la maîtrise du désherbage.

Un essai de couvert végétal d’interculture

Article publié le 30 septembre 2022

Quelle est la technique de semis la plus adaptée dans des conditions post-moisson de plus en plus sèches ? C’est l’un des objectifs d’une plateforme de couvert végétaux, implantée dans le Pas-de- Calais en collaboration avec Lidéa et Greensol, dans le cadre d’échanges avec la plateforme Syppre Picardie.

La succès d’un couvert végétal d’interculture dépend du choix de ses espèce mais également du type d’implantation, surtout avec des conditions climatiques estivales de plus en plus sèches.

Pour apporter des clés de réussite aux agriculteurs, un essai a été mis en place en collaboration avec la société Greensol, Lidea et Terres Inovia. L’objectif ? Présenter différents types de couverts, en variétés ou espèces, mais aussi plusieurs modes d’implantation. Cette plateforme permettra d’étudier l’intérêt agronomique, les forces et faiblesses des différents couvert et méthodes d’implantation.

Cet essai pourra d’ailleurs être découvert lors d’une visite, organisée sur place le 8 novembre prochain.

Syppre à l’honneur dans REFERENCE Agro

Article publié le 21 septembre 2022

Le 22 août, REFERENCE Agro, le média d’information dédié aux professionnels de l’agro, publiait un article sur Syppre. Rémy Duval, expert de l’ITB répond aux questions du journaliste en s’appuyant sur les résultats de la plateforme champenoise.

L’article propose un focus sur les réussites sur la plateforme (maximisation du désherbage mécanique, diminution des apports d’engrais minéraux azotés) mais aussi les adaptations nécessaires, quelles soient liées aux aléas climatiques, à la réglementaires ou à la technique.
L’article met aussi en avant la construction de réseaux d’agriculteurs ou la création des observatoires de fermes pour disposer de références comparatives.

Les résultats obtenus dans Syppre sont en cours d’analyse et pourront être prochainement largement diffusés.

Consulter l’article

#SyppreChampagne : Résultats des récoltes d’été et point sur les cultures en place

Article publié le 20 septembre 2022

Les récoltes en Champagne se terminent. La moisson offre, cette année encore, des résultats décevants, liés à de la prédation, à une mauvaise maitrise du désherbage, aux conditions climatiques et à l’itinéraire technique. Mais les experts Syppre sont déjà à pied d’oeuvre pour préparer la prochaine campagne.

Les moissons se déroulent dans de très bonnes conditions

Présents dans le système innovant, les pois d’hiver sont très décevants avec un rendement de 5,2 qx/ha. Ce résultat s’explique par une forte pression bactériose en sortie d’hiver, la prédation par les pigeons, une concurrence des adventices et de l’association avec du blé.
Le colza est également récolté, avec une différence de résultat entre les systèmes. Le colza témoin donne un rendement de 26 qx contre 35 qx pour l’innovant. Cette différence se traduit par une plus forte prédation par les pigeons dans le système étalon et un développement moins vigoureux avant l’hiver.

Les rendements en blé sont très hétérogènes

Une disparité est constatée selon le système de culture. Celle-ci reflète les échos de la région avec de grandes différences entre les précédents et dates de semis.

  • Blé de betteraves (semis du 29/10/21) : 61 qx/ha
  • Blé de colza (semis du 13/10/21) : 84 qx/ha
  • Blé de chanvre (semis du 18/10/21) : 95 qx/ha

La productivité des orges de printemps est elle aussi dépendantes du précédent mais peu du système de culture.

  • Système témoin, précédent blé, labour : 57 qx/ha
  • Système innovant, précédent blé, TCS : 55 qx/ha
  • Système innovant, précédent betteraves, labour : 47 qx/ha

Les résultats de la plateforme champenoise sont encore décevants. Pour les cultures oléoprotéagineuses, ils s’expliquent par la prédation ou une mauvaise maitrise du désherbage. Les conditions climatiques et les précédents pénalisent les cultures céréalières.

Le chanvre et la betterave attendent la récolte

Le potentiel du chanvre semble impacté. Malgré un passage de herse étrille, une forte population de chénopodes concurrence cette culture. Un manque d’azote parait également avoir impacté sa croissance.
Les betteraves sont en bon état sanitaire avec quelques ronds de jaunisse. Seule une modalité implantée au strip till possède une qualité de désherbage insuffisante avec une forte pression chénopode. Chaque année, cette modalité de betteraves se nettoie moins facilement que les autres, probablement dû à l’antéprécédent chanvre.

La future campagne se met en place

Les CIPAN s’implantent correctement avec un semis à la volée sur déchaumage, juste après une pluie conséquente. Le semis est réalisé le 5 aout.
L’implantation des colzas se réalise dans le sec en espérant des précipitations pour leurs levées. Les semis ont lieu le 1er septembre. Dans le système témoin, il s’effectue sur labour et associé a des féveroles. Dans le système innovant, il se réalise après un passage de glyphosate, derrière pois, à l’aide du strip till et associé à du fénugrec. Cette culture associée est positionnée sur le rang pour permettre de localiser les interventions de désherbage chimique et mécanique ainsi que les passages insecticides. Les colzas lèvent le 12 septembre après le passage de quelques nuages permettant la germination des petites graines.

Un test de stabilité structurale en faveur du système innovant

Article publié le 22 juillet 2022

L’équipe expérimentale Syppre Lauragais a réalisé un test de fertilité physique du sol appelé « Slake test ». L’objectif est d’évaluer la stabilité structurale en comparant les vitesses de délitement d’une motte de terre dans l’eau et de comparer ainsi différentes structures de sol. Dans cette expérience, deux modalités sont comparées :

  • le système témoin après un labour d’été et avant l’implantation d’un tournesol au printemps ;
  • le système innovant, dont le sol avant l’implantation du tournesol n’est pas labouré et fait l’objet d’une double couverture végétale : du sorgho fourrager implanté après la récolte de blé dur et détruit à l’automne et une association de féverole et de phacélie semée directement dans le couvert de sorgho à l’automne et détruite mécaniquement (sans Glyphosate) trois semaines avant l’implantation du tournesol.

Le protocole de ce test prévoit des agitations des mottes 5 minutes, puis 25 minutes après la mise dans l’eau.

On voit nettement que la motte du système innovant reste plus stable sur les 35 minutes d’expérience que celle du système témoin labourée. La structure du sol est donc améliorée et le sol moins sujet à l’érosion dans le système innovant que dans le système témoin labouré un an sur deux. C’est aussi ce que l’on peut voir lors de chaque phénomène érosif observé sur la plateforme depuis sa mise en place qui affecte le système témoin et pas le système innovant.

#SyppreChampagne – La plateforme visitée ce printemps

Article publié le 24 juin 2022

La plateforme expérimentale du projet Syppre en terres de craie a accueilli des agriculteurs lors de 2 visites en mai et juin, l’occasion de présenter le projet Syppre mais aussi le système innovant mis en place et d’échanger avec eux.

Le 19 mai, une quinzaine d’agriculteurs adhérents du GRCETA de l’Aube ainsi que leur technicien Thomas BEZIAUD sont venus visiter la plateforme Syppre champenoise.

La journée a commencé par une présentation du site TERRALAB par Gaël PONSARDIN (Chambre d’Agriculture de la Marne), avec la définition de ses objectifs, résultats, travaux et projets, suivi d’une visite en bus de la plateforme située sur l’ancienne Base 112.
L’après-midi, Paul TAUVEL (ITB, chef de projet Syppre) a présenté le réseau Syppre, ses 5 plateformes et leurs objectifs, avec un focus sur la plateforme champenoise, un bilan des 6 années, les réussites et les échecs, et les évolutions prévues.
Puis Jonathan MAJERUS (ITB, pilote opérationnel Syppre) a fait visiter la plateforme en expliquant les itinéraires, les problèmes techniques rencontrés, les réussites.
Les échanges entre l’équipe Syppre et ce groupe d’agriculteurs ont été enrichissants et permettent de remettre en question certaines techniques.

Le 8 juin, un groupe de 8 agriculteurs, adhérents à la CGB Champagne Bourgogne, sont venus à leur tour visiter la plateforme. La même présentation de Syppre leur a été faite, le tour des parcelles s’est fait en voiture sous la pluie tant attendue.
Les échanges ont également été très fructueux.

Les structurales 2022

Article publié le 30 mai 2022

Plus de 200 participants se penchent sur la fertilité des sols

En mars 2022 se tenaient les deux premières éditions des Structurales sur les plateformes expérimentales Syppre Béarn et Syppre Lauragais. Elles ont permis de rassembler plus d’une centaine de personnes sur chaque site.

Ces nouveaux rendez-vous ont été conçus pour aborder et expliciter les différents aspects de la fertilité des sols auprès d’un public professionnel. Les composantes de la fertilité et du bon état d’un sol étaient détaillées dans quatre ateliers.

1) Choisir et implanter son couvert

Le choix de l’espèce à implanter est primordial pour garantir la réussite de la culture intermédiaire. Il doit prendre en compte plusieurs critères : la date de semis, l’adaptation des espèces au contexte pédo-climatique, la facilité de destruction et les objectifs agronomiques (fourniture d’azote à la culture suivante…). Dans le contexte béarnais où les cultures d’été sont prépondérantes, les dates d’implantation souvent tardives orientent en général les agriculteurs vers des légumineuses qui tolèrent des implantations du mois d’octobre (féveroles, pois fourrager…) ou des graminées (beaucoup plus difficiles à détruire).

Dans le contexte lauragais, la féverole seule ou associée à une crucifère ou une phacélie reste l’espèce privilégiée par les producteurs dans les intercultures longues. Implantée en octobre et détruite courant mars à début avril, elle contribue, en plus de la fourniture d’azote, à réduire les risques d’érosion dans les coteaux.

2) Les différents tests d’évaluation de la fertilité

Un panel de tests était présenté sur cet atelier, plus ou moins complexe à mettre en œuvre.

Certains tests permettent d’évaluer qualitativement ou quantitativement la microfaune et la macro-faune du sol, responsables de la dégradation des végétaux en matière organique ainsi que de la minéralisation de la matière organique, qui rend accessible les éléments nutritifs aux cultures qui suivent. Le slake test permet d’estimer la stabilité structurale du sol qui va avoir un effet sur les risques de battance ou d’érosion par exemple. Le test Beerkan permet lui d’évaluer la vitesse d’infiltration de l’eau dans le sol tandis que le test du slip permet d’analyser la vitesse de dégradation du coton entre deux parcelles. Les résultats de ces différents tests sont à interpréter avec précaution et nécessitent souvent un appui méthodologique avant d’être mis en œuvre. Les entités comme les chambres d’agriculture ou encore les instituts techniques peuvent réaliser et/ou conseiller sur ce type de dispositifs.

3) Evaluer et améliorer la structure du sol

Une bonne structure est un préalable pour avoir de belles cultures. Les tassements les plus préjudiciables sont les tassements profonds, qu’il faut savoir diagnostiquer pour pouvoir les corriger. La méthode la plus précise est le profil cultural qui permet d’accéder à de nombreuses informations : identification des zones tassées, profondeur d’enracinement… D’autres méthodes permettent d’avoir une estimation de la structure en superficie, comme le test bêche par exemple. Lorsqu’un problème de tassement est diagnostiqué, il faut ensuite choisir les bons outils pour les corriger.

Pour plus d’infos, visualisez cette vidéo.

4) Comment stocker du carbone dans le sol

Le dernier atelier permettait de revenir sur l’origine de la matière organique, source de carbone du sol, et sur l’ensemble des bénéfices agronomiques qu’elle engendre quand elle est présente en bonne quantité dans les sols. Des simulations de bilan carbone ont été présentées au public pour faire comprendre l’efficacité de certains leviers qui permettent l’amélioration du stock de matière organique, et du carbone du sol (couverts végétaux, apport de produits résiduaires organique…), mais aussi qui permettent de limiter les émissions de gaz à effet de serre (diminution de la fertilisation azotée, formes d’azote…). Le label bas-carbone et la possible valorisation financière qui découlera de la vente de crédit carbone ont également été présentés. Ce dispositif de soutien pourrait permettre de compenser tout ou partie du coût des leviers mis en place par l’agriculteur.

Avec de nombreuses questions et une participation active des visiteurs durant cet événement, les plateformes Syppre sont des dispositifs qui se prêtent à ce type de journée d’information : la fertilité des sols est une thématique centrale des systèmes innovants expérimentés.

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