Fertilité biologique et statut organique des sols : un suivi à renforcer

Une première évaluation a été réalisée sur la biomasse microbienne et la qualité des matières organiques des sols sur la plateforme Syppre Champagne. Des analyses régulières permettront de tracer l’évolution de ces paramètres.

Pour rappel, deux systèmes sont en place sur Syppre Champagne : un système témoin représentatif d’une rotation locale optimisée, et un système innovant visant à répondre à plusieurs objectifs dont l’amélioration des composantes biologiques et organiques des sols.

Des mesures de fractionnement granulométriques de la matière organique ont été réalisées sur la plateforme champenoise. Elles permettent de distinguer des fractions fines (< 50 μm) et grossières (> 50 μm) au sein desquelles sont distribués l’azote et le carbone organique.

Couche 0-10 cmCouche 10-20 cm
Figure 1 : Distribution (en %) du carbone organique total dans les fractions fines (0-50 μm) et grossières (50-2000 μm)Les barres d’erreur indiquent les valeurs d’écart-type

Les deux systèmes se caractérisent par une fraction fine de la matière organique comprise entre 82 et 86 % selon les systèmes et les couches (Figure 1). Cette fraction fine correspond aux matières organiques humifiées, généralement plus stables dans le sol (plusieurs dizaines d’années).

La fraction grossière, constitue par ailleurs la partie dite labile de la matière organique, source d’énergie pour les organismes vivants. Les valeurs obtenues sur la plateforme sont globalement dans la moyenne du référentiel des sols agricoles constitué dans le cadre du projet Microbioterre. Celle-ci semble supérieure dans la couche 0-10 cm du système innovant (17,3 % contre 14 % dans le système témoin) et légèrement inférieure dans la couche 10-20 cm de ce dernier (16,1 % contre 17.7 % dans le système témoin). Cela pourrait traduire des différences liées à la profondeur de travail du sol sur le système innovant, labouré une seule fois tous les 10 ans. Cependant, la répétition de nouvelles analyses sera nécessaire pour confirmer ou non cette tendance.

Enfin, la part d’azote dans la matière organique particulaire est comprise entre 10 et 12 % pour la couche 0-10 cm et 12 et 15 % pour la couche 10-20 cm, se positionnant dans la moyenne des références.

Des mesures de biomasse microbienne ont aussi été réalisées. Il s’agit d’un indicateur d’abondance représentant principalement la quantité de carbone dans les bactéries, champignons et protozoaires du sol. En d’autres termes, il représente la fraction « vivante » du carbone organique.

Figure 2 : Biomasse microbienne (en % Corg) – Les barres d’erreur indiquent les valeurs d’écart-type

Les valeurs du ratio biomasse / carbone organique se situent, en sols agricoles, entre 0,5 % et 4 % d’après le référentiel Microbioterre : les valeurs indiquées pour tous systèmes confondus (Figure 2), au-delà de 3 % du carbone organique, apportent un diagnostic plutôt favorable à l’activité biologique.

La répétition de mesures dans le temps et le renforcement des protocoles de mesures permettront d’approfondir le diagnostic et de suivre l’évolution des deux systèmes en place.

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