« Accompagner le conseil stratégique auprès des agriculteurs », par Sébastien Windsor, président de l’Assemblée Permanente des Chambres d’Agriculture

Notre regard sur l’Action Syppre est à mettre en parallèle avec le projet stratégique 2019-2025 des Chambres d’Agriculture. En effet, dans ce projet, nous souhaitons proposer d’ici 2023 à tous les agriculteurs et pour tous les types d’agriculture un conseil stratégique pour viser la multi-performance et accompagner les transitions agricoles tant sur le plan économique que sociétal. Cela implique de développer une offre globale d’accompagnement pour des systèmes rentables et résilients ; faciliter, accélérer la mise en réseau et le transfert d’expériences avec les apports de l’innovation-recherche-développement ; accompagner également les agriculteurs vis-à-vis des attentes de la société, en essayant d’y répondre  au mieux En un mot, accompagner les changements des systèmes et pas seulement des pratiques.

C’est là que Syppre a toute sa place en tant qu’action innovante. Dans le contexte d’aujourd’hui, on constate de moins en moins de solutions ponctuelles, sectorielles, mais de plus en plus de solutions globales, de plus en plus de combinaisons complexes dans le cadre d’une vision plus large du système d’exploitation. A ce titre, les plateformes Syppre ont tout-à-fait leur raison d’être. Car on a besoin de solutions mises à l’épreuve de la réalité avant de s’adresser aux agriculteurs ; on a besoin de relations de proximité et de démonstrateurs pour convaincre les agriculteurs ; on a besoin de plateformes très territorialisées, pour tenir compte des conditions pédoclimatiques, et ces plateformes doivent être mises en réseau.

Aujourd’hui, par rapport à un problème qui se pose sur le terrain, il n’y a pas une réponse technique, mais une combinaison de techniques et de solutions, et il est nécessaire d’avoir des endroits dans Syppre pour tester des innovations combinatoires, au-delà des plateformes d’essais traditionnelles. Les Chambres d’Agriculture souhaitent que leurs techniciens soient en capacité d’accompagner les agriculteurs  dans la recherche de systèmes plus résilients Il y a pour cela nécessité d’acquérir des références et davantage de lieux pour former  les conseillers des Chambres d’agriculture ; davantage de lieux de démonstrations pour convaincre les agriculteurs.

Concrètement, cette nouvelle approche rebat les cartes de « l’écosystème » de la Recherche & Développement dans le secteur agricole. Elle nécessite de plus en plus de collaborations entre les instituts techniques et les acteurs du conseil. Elle nécessite également une certaine répartition des tâches : les Chambres d’Agriculture ne sont pas porteuses de Syppre, mais co-actrices des plateformes en appui auprès des instituts techniques. Nous veillons à l’inverse à ce que les plateformes expérimentales des Chambres soient portées en complémentarité avec les instituts. Il n’y a pas deux réseaux de recherche, mais un continuum Recherche & Développement. Par ailleurs, les Chambres peuvent apporter d’autres compétences sur des sujets tels que la contribution animale sur les systèmes de culture, l’adaptation au changement climatique, etc. Elles sont en première ligne quant à la relation avec l’agriculteur. En résumé, une répartition des tâches, sans doublons, dans un va-et-vient permanent entre Chambres et instituts.

Cette répartition vaut aussi vis-à-vis des firmes d’une part, et de la recherche publique d’autre part. Nous devons solliciter la recherche fondamentale autant que nécessaire. Face à un problème, la démarche consiste à assembler les compétences. C’est d’ailleurs l’esprit de la Cellule RIT (Recherche-Innovation-Transfert) créée entre INRAE, l’Acta et l’APCA. Le transfert des innovations vers les agriculteurs est un enjeu majeur pour l’agriculture au travers de ses capacités d’adaptation à un contexte de plus en plus exigeant et variable (changement climatique, attentes sociétales, etc.).

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