Alors que les semis de blés de la campagne 2025-26 s’achèvent, l’équipe Syppre Lauragais vous propose un retour sur la campagne écoulée avec un premier focus sur le blé dur.

La campagne 2024-2025 a été l’occasion de conforter notre itinéraire technique innovant sur la conduite de cette culture. Pour rappel, on trouve deux blés durs dans la rotation innovante – après le colza et après le pois/sarrasin- et un dans la rotation témoin, en alternance avec du tournesol (tableau 1).
Les mois de septembre et octobre 2024 ayant été assez humides, l’ensemble des blés durs du dispositif ont été semés début novembre.
Des rendements toujours à l’avantage du système innovant
Il est évident que l’effet du système est très fort sur l’atteinte de certains critères de performances. Par exemple, tous les systèmes innovants voient leurs performances techniques et environnementales améliorées comparativement aux témoins.
Comme on peut le voir encore cette année, les rendements du système innovant sont meilleurs que ceux du témoin. Cela s’explique par différents facteurs.
Tableau 1. Comparaison des performances du blé dur témoin et des systèmes innovants selon le précédent cultural.

En premier lieu, la stratégie de fertilisation des blés durs innovants est différente de celle des témoins : si le calcul de la dose d’azote minéral à apporter est calculé de la même manière (méthode des bilans – COMIFER), la stratégie d’apport diffère.
– Pour le témoin, les apports sont classiquement scindés en trois, répartis entre février et avril. L’utilisation d’un N testeur à dernière feuille étalée peut faire évoluer la dose.
Cette année, la dose X tenant compte du reliquat de sortie d’hiver était fixée à 220 unités d’azote. Elle a été revue à dernière feuille étalée à 250 U avec l’utilisation de l’outil N testeur.
– Pour l’innovant, l’objectif des expérimentateurs est de se servir le plus possible de l’azote contenu dans le sol en début de cycle (reliquat azoté) pour nourrir la jeune plantule de blé et de tardifier les apports. Sur le système innovant, nous constatons que les reliquats azotés sont globalement supérieurs, de l’ordre de 20 à 40 unités d’azote supplémentaires, ce qui permet de tardifier les apports et qui participe à faire diminuer la dose globale apportée.
Les dates d’apport doivent notamment tenir compte des besoins de la plante, d’une météo favorable à la valorisation et du temps nécessaire pour que l’ammonitrate soit pleinement assimilable par le blé soit environ 10 jours après le passage.
Pour cela, les expérimentateurs utilisent l’outil de pilotage FertiAdapt développé par Arvalis, qui permet de piloter les apports d’azote (dose et positionnement) au regard des besoins en azote de la culture, du reliquat disponible, de son cycle de croissance et de la météo. Cette année, c’est 120 unités d’azote qui a été apportée en deux fois les 10 et 24 avril 2025.
Des économies d’engrais substantielles
Cette stratégie innovante permet de faire de substantielles économies d’engrais azoté, près de 130 unités cette année et de réduire les couts de production de la culture.
En second lieu, la nuisibilité des adventices, et du ray-grass en particulier, est un facteur explicatif de la différence de rendement entre les deux conduites.
En effet, le système témoin étant labouré tous les 2 ans, on constate que ce levier de gestion des adventices est moins efficace que sur les premières années du dispositif car les graines de ray-grass sont ramenées en surface avant d’avoir complétement perdu leur pouvoir de germination.
Cette année, du fait des conditions humides à l’automne, la levée des ray-grass a été importante et a rendu indispensable le recours à un herbicide pour les détruire et semer dans la culture dans de bonnes conditions. Cela a été efficace mais pas suffisant compte tenu du stock semencier. Le recours à des traitements herbicides en culture a permis de limiter l’enherbement mais pas en totalité.
De plus, cette campagne, des levées échelonnées de Ray-Grass ont été observées dès le mois de mars. Avant la récolte, on comptait 25 pieds de Ray-grass par mètre carrés. La concurrence entre adventices et culture a été relativement tardive dans le cycle et explique pourquoi on arrive à maintenir un rendement à 55 q/ha.
Des parcelles innovantes quasiment indemnes de ray-grass
Dans le système innovant, on compte moins de 0,5 ray grass au mètre carré ; ce qui signifie que le rendement a été très peu pénalisé par la concurrence des adventices.
Cette meilleure gestion des adventices dans le système innovant repose bien sûr sur le système dans sa globalité.
Ces premières observations de l’année confortent nos stratégies de conduite des cultures dans le système innovant. Ce bilan sera complété sur le volet économique par le calcul des coûts de production des blés durs selon les deux conduites.






