Couverts, CIVE et semis direct modifient-ils durablement la fertilité des sols ?

La préservation de la fertilité des sols est un enjeu majeur pour les dispositifs expérimentaux Syppre. Au bout de 10 ans d’essais sur Syppre Béarn, des mesures d’indicateurs de la fertilité des sols ont été réalisées sur certains systèmes. Les résultats viennent compléter l’evaluation de la multiperformance conduite tous les ans.

L’ensemble des résultats des plateformes Syppre ont été présentés lors de colloques aux champs entre mai et octobre 2024

L’analyse de la fertilité a été faite sur les systèmes : maïs mulché (témoin), maïs-CIVE (T1), maïs-couvert-Soja-Cive (T3) et maïs-couvert-Soja-couvert en SD (I2SD). Un certain nombre de tests ont été faits : pénétrométrie pour évaluer le tassement, slake test pour qualifier la stabilité structurale, mesure du stock de carbone pour voir si les systèmes ont bien une dynamique stockante comme modélisée en 2016, densité apparente, mesure des stocks d’Azote organique, Phosphore et potassium. L’objectif est d’évaluer l’effet du système sur ces composantes de la fertilité.

Un stock de carbone supérieur dans les systèmes innovants

Le stock de Carbone est légèrement supérieur dans les systèmes maïs-Cive et maïs -couvert-soja-Cive par rapport au système témoin. Les écarts mesurés sont cohérents avec les simulations précédemment faites avec le modèle AMG. Ces résultats sont également cohérents avec les quantités de biomasse restituées au sol et les apports de Produits Résiduaires Organiques. Cependant les écarts entre les systèmes ne sont pas significatifs statistiquement. Des mesures plus poussées seront faites courant 2026 pour mesurer l’évolution du stock de Carbone depuis le début des essais.

On note par ailleurs une stratification verticale du carbone dans le système en semis direct avec plus de carbone dans l’horizon supérieur (0-10 cm), ce qui s’explique par le non retournement des horizons et qui est tout a fait cohérent avec la bibliographie sur le sujet (Mary et al., 2020).

Une stabilité structurale améliorée notamment dans les systèmes avec couverts et en SD mais avec du tassement superficiel en SD.

En effet, les résultats des slake test donnent des notes de stabilités structurales des systèmes maïs-Cive, Mais-couvert-Soja-Cive et maïs-couvert-soja-couvert en SD supérieures au témoin. Cette tendance se confirme dans le temps car les précédentes mesures de 2022 allaient déjà dans ce sens. En revanche, comme déjà constaté, la pénétromètrie révèle un tassement superficiel dans le système en SD. Cela a été corrigé par la mise en œuvre de fissuration.

Diminution des éléments minéraux pour tous les systèmes avec CIVEs

Les quantités de phosphore et de potassium sont en baisse dans tous les systèmes contenant des CIVEs car les exports liés à ces cultures ne sont pas pleinement compensés par des apports complémentaires sur ces modalités. La méthode COMIFER PK n’est pas encore pleinement adaptée aux CIVE mais il est néanmoins nécessaire d’équilibrer le bilan PK et d’adapter la fertilisation à l’échelle du système de culture pour ne pas induire de carence à long terme. Précisons cependant que les seuils générant des carences n’ont pas été atteints.

Un équilibre de performance à trouver

Comme pour les performances techniques et économiques de ces systèmes, les résultats en matière d’effets sur la fertilité des sols sont à nuancer en fonction de ses composantes : si la fertilité physique peut être améliorée par les systèmes innovants moyennant la correction du tassement de surface induit par le SD, il faut être vigilant à maintenir la fertilité chimique en compensant les exports qui peuvent être faits. Sur la fertilité biologique, on ne note pas de différences significatives entre nos systèmes mais plutôt une stabilité des touyas malgré l’intensification mise en œuvre dans nos systèmes innovants.

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