Le sud ouest a connu un automne hiver 2025-2026 particulièrement humide entre octobre et février, avec une pluviométrie largement supérieure à la moyenne. Les inondations ont d’ailleurs été importantes dans certains secteurs et les cultures ont souvent eu les pieds dans l’eau sur des périodes assez longues. C’est notamment le cas de notre parcelle en coteaux Nord qui héberge le dispositif Syppre Lauragais.

Cette parcelle de coteaux argilocalcaire connait comme beaucoup des zones de résurgences d’eau, appelées mouillères, qui ont perduré longtemps et contribué à fragiliser les cultures. Le fait que la parcelle soit orientée au Nord rend le ressuyage plus lent et ces mouillères perdurent encore plus longtemps qu’en coteaux Sud. Cet excès d’eau à plusieurs conséquences sur la conduite de nos cultures :
1) L’impossibilité de rentrer dans les parcelles
C’est la première conséquence en parcelle argilo calcaire : certaines interventions ont été rendues impossibles par les pluies. Le programme de désherbage des blés a notamment du être revu, le couvert associé au colza n’a pas pu être géré.
L’humidité perdurant, les semis de pois chiche n’ont pas encore pu avoir lieu et les couverts d’interculture bien développés attendent d’être détruits dès que le sol aura la portance requise. En effet, intervenir en conditions humides peut occasionner des zones de compaction, ce que ne souhaitent pas les expérimentateurs. Néanmoins, les couverts se rapprochent de leur floraison et devront être détruits avant leur montée à graine pour éviter un salissement des parcelles.
2) Le Lessivage de l’azote du sol
Le drainage hivernal et le lessivage azoté a été très important du fait des pluies : on peut s’en rendre compte grâce au niveau des reliquats azotés sur nos parcelles innovantes. En effet, depuis quelques années, ceux-ci sont assez haut comparativement au système témoin, ce qui nous permettait de mobiliser ces reliquats le plus longtemps possible pour nourrir le blé et d’apporter au final près de deux fois moins d’azote minéral. En 2026, le niveau des reliquats est donc faible et au même niveau entre témoin et innovant. La dose d’azote a amené sera donc plus conséquente, et augmentera les charges de production des blés innovants.
3) Le décalage des stades des cultures
Ces zones particulièrement humides ont ralenti le développement des cultures, occasionnant un décalage des stades de quasiment trois semaines entre zones d’une même parcelle. Cela complexifie les interventions et notamment le pilotage de l’azote car toutes les plantes de la parcelles n’auront pas les mêmes besoins au même moment. Le premier apport a pu avoir lieu mais les suivants seront a caler en fonction du potentiel des différentes zones de la parcelles pour maximiser le rendement.
L’année étant complexe, les interventions sur le système innovant seront faites dans un souci d’optimisation des charges et donc de la marge car les rendements sont aujourd’hui incertains.








