Renouer avec de bons rendements en blés dur tout en gérant son coût de production

Expérimentée depuis 10 ans, la stratégie de fertilisation des blés durs innovant dans le Lauragais produit depuis quelques années de très bon résultats : les rendements sont meilleurs que dans le système témoin avec 80 unités d’azote en moins et sans perte de protéines : Explications.

Le système innovant du Lauragais mobilise plusieurs leviers de l’agroécologie : la rotation est allongée, diversifiée, elle intègre de nombreuses légumineuses en cultures (pois chiche, pois) et en couverts (fèverole) pour enrichir le sol en azote organique ; Les intercultures sont couvertes au maximum, avec une succession de couvert estival (moha et sorgho) et hivernal (fèverole + phacélie) pour restituer de la biomasse au sol, relever le taux de matière organique. Le travail du sol est également réduit, ce qui couplé avec la couverture du sol nous a permis d’améliorer la structure du sol et ainsi mieux lutter contre l’érosion. Depuis quelques années, on constate que cette combinaison de leviers profite en particulier au blé dur et notamment à la conduite de sa fertilisation. Pour cela rappelons que le blé dur est une culture exigeante en azote, notamment en fin de cycle pour assurer la qualité du grain (taux de protéine minimum attendu à 13.5%).

Une stratégie de fertilisation optimisée fondée sur l’observation, le système et le pilotage.

Dans le système témoin (blé dur tournesol avec labour), la dose d’azote minérale à apportée est calculée avec la méthode du bilan, comme préconisé aux agriculteurs, avec comme élément important la mesure sur chaque parcelle du reliquat azoté en sortie d’hiver, et une mesure de N testeur à floraison pour ajuster éventuellement la dose. La forme azotée sélectionnée est l’ammonitrate, mieux valorisée par la plante, et les apports sont faits en 3 fois (rappeler les stades) si possible avant une pluie pour maximiser l’absorption.

Dans le système innovant, la stratégie diffère un peu car nous utilisons un outil de pilotage de la fertilisation: fertiAdapt (mettre lien). Cet OAD calcule la dose d’azote apportée selon la méthode du bilan mais propose une ventilation des apports en fonction du potentiel de rendement de la parcelle, du climat de l’année et de la dynamique de croissance de la culture. Les apports se font donc plus tardivement dans le cycle de la culture et peuvent être fait en plus de 3 fois. Dans un souci d’optimisation des opérations, on reste sur 3 apports.

Depuis plusieurs années, nous constatons que les reliquats azotés en sortie d’hiver sont systématiquement plus haut dans le système innovant (figure 1). La dose X d’azote est donc plus faible que dans le témoin (figure 3) et apportée plus tard. « Nous vivons le plus longtemps possible sur le reliquat azoté » témoigne Anthony Cazaban, pilote de la plateforme, « puis, nous suivons les préconisations de fertiAdapt, recalé avec nos observations de stades et positionnons les quantités d’ammonitrate au plus juste, une dizaine de jours avant que la plante ne subisse un stress azoté (visible via l’OAD) car c’est le temps nécessaire à ce que l’ammonitrate soit pleinement assimilable, et juste avant une pluie ».

Figure 1 : Les reliquats en sortie hiver sont mesurés sur toutes les parcelles. Ils sont quasi systématiquement plus haut dans le système innovant. On l’explique par la présence de légumineuses en culture et en couvert dans le système innovant.

Figure 2 : évolution des rendements des blés durs produits sur la plateforme Syppre. Les blés durs innovants font de meilleurs rendements depuis 3 ans.

Figure 3 : Les quantités d’azote apportées sur les blés durs innovants sont plus faibles dans le témoin du fait de reliquats plus hauts et d’un pilotage de la fertilisation plus fin.

Une stratégie multiperformante : rentable et durable !

Cette stratégie est payante car elle a permis des économies d’Azote de l’ordre de 83 unités en moyenne sans perte de rendement ni de qualité. Nous constatons même depuis 3 ans que les rendements en blés durs du système innovant font de meilleurs rendements que le blé dur témoin (figure 3)

Comme on peut le voir sur la figure 4, la fertilisation peut être baissée du fait de l’effet du système riche en légumineuse et favorisant la minéralisation (-40 unités) et du fait du pilotage dynamique de l’azote mis en œuvre avec FertiAdapt (40 unités en moins à nouveau).

Figure 4 : La stratégie de fertilisation des blés durs innovants sur Syppre Lauragais

Cette stratégie est doublement payante : elle permet de diminuer le cout de production du blé dur et donc de gagner en rentabilité et elle contribue à limiter les émissions de GES à l’échelle de la culture.

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