La gestion des adventices dans les betteraves est un problème majeur de la plateforme Syppre Champagne. En 2024, la stratégie de désherbage a été modifiée, avec de bons premiers résultats.
La mobilisation du désherbage mécanique et l’utilisation, pour la première année, de variétés SMART avec un programme chimique adapté ont permis une bonne maitrise des adventices dans les betteraves.
Des potentiels de salissement différents selon les modalités
La plateforme Syppre Champagne teste deux systèmes : un système témoin représentatif d’une rotation locale optimisée, et un système innovant visant à répondre à plusieurs objectifs, dont la réduction de l’utilisation de produits phytosanitaires, et des émissions de gaz à effet de serre.
Trois modalités avec des betteraves sont présentes chaque année sur la plateforme avec des cultures précédentes et une conduite du travail du sol différentes.
Les photographies ci-dessous illustrent le niveau de salissement de chacune d’entre elles avant le premier désherbage chimique :
Peu de différences sont observées sur le salissement des modalités de gauche (T3) et du centre (I10), présentant tout de même un nombre significatif de chénopodes, fumeterres et renouées liseron (NB : des plantes compagnes (avoine) ont été semées dans la modalité située au centre). En revanche, un salissement plus conséquent est observé dans la modalité de droite (I15). Comme cela avait été montré dans l’article « Prudence sur la maitrise des adventices », l’arrière-effet du chanvre, dans lequel des chénopodes peuvent monter à graines, conduit à un salissement très conséquent des betteraves, dans un itinéraire conduit avec des techniques culturales simplifiées (TCS).
La conduite du désherbage des trois modalités a été identique :
- Une intervention en plein avec du Conviso One à 0.5 l/ha (foramsulfuron, thiencarbazone-méthyl) combiné à un partenaire à base d’éthofumesate et de phenmédiphame (Betanal Tandem à 1.2 l/ha), et une huile adjuvante,
- Une intervention localisée avec un programme similaire, adapté à la surface pulvérisée,
- Un binage.
Comme le montre la photographie ci-dessous, la maitrise des adventices a été bonne, avec une année 2024 favorable à l’efficacité des solutions chimiques.
Allier la maitrise des adventices à une réduction de l’IFT
La pression importante en adventices sur la plateforme, et les difficultés rencontrées dans le système innovant à localiser les interventions chimiques et à biner du fait de l’emploi du strip-till ont conduit à des valeurs d’IFT Herbicide parfois très élevées, comme le montre le graphique ci-dessous. Par ailleurs, les efficacités obtenues n’étaient pas toujours satisfaisantes.
L’abandon complet du strip-till en 2024, et l’emploi d’un travail profond sans retournement dans les modalités du système innovant ont permis de sécuriser l’emploi de la rampe de localisation et de la bineuse. Combiné avec un programme chimique adapté à des variétés SMART, la réduction de l’IFT herbicide observée en 2024 est importante :

Enfin, dans la modalité I10 du système innovant, des plantes compagnes (avoine) ont été mises en place pour lutter contre les pucerons : l’itinéraire à base de Conviso One permet d’éviter l’emploi d’un antigraminées spécifique pour les détruire. Sauf en cas d’infestation importante, la première intervention aphicide est réalisée au plus tôt 10 jours après la destruction de la plante compagne. En 2024, aucun symptôme de jaunisse n’est observé sur aucune des modalités, avec une intervention aphicide en moins dans la modalité I10. Si cette prise de risque a payé en 2024, il faudra la confronter à d’autres campagnes culturales pour la valider.








