Syppre : retour sur 10 ans de progrès

Il y a dix ans, Arvalis, Terres Inovia et l’ITB lançaient ensemble l’initiative Syppre (Systèmes productifs, performants et respectueux de l’environnement). Les trois instituts en ont dressé le bilan lors du dernier Salon de l’agriculture, tout en annonçant ses prochaines évolutions.

La multiperformance d’un système agricole est un concept complexe dont l’initiative Syppre, lancée il y a tout juste dix ans par Arvalis, Terres Ino­via et l’ITB, a permis de clarifier les contours. Les trois instituts ont, dans ce cadre, pu s’accorder sur des mé­thodes et des indicateurs. Face aux enjeux économiques, climatiques et environnementaux, les agriculteurs et les filières agricoles doivent en ef­fet tâcher d’être multiperformants pour rester compétitifs tout en visant la durabilité des systèmes agricoles.

POSSIBLE EN COMBINANT DES LEVIERS

Syppre a été conçu pour élaborer et évaluer des systèmes de culture in­novants dans divers contextes pédo­climatiques français. Après plusieurs années d’expérimentation et d’ana­lyse, trois enseignements majeurs se dégagent.

Le dispositif a tout d’abord mon­tré que la multiperformance est at­teignable en combinant des leviers agroécologiques adaptés aux réalités locales (figure 1). Ensuite, la transition des systèmes de production implique parfois des arbitrages entre rentabi­lité, réduction des intrants et béné­fices environnementaux. Dernier en­seignement : il n’existe pas de modèle unique. Chaque exploitation a besoin d’un accompagnement adapté à ses contraintes et objectifs.

Alimenté par cinq plateformes expé­rimentales (limons profonds en Pi­cardie, terres de craie en Champagne, sols argilo-calcaires superficiels du Berry, terres humifères du Béarn, co­teaux argilo-calcaires du Lauragais), le dispositif Syppre avait un objec­tif central : concevoir puis tester et évaluer au champ les performances d’un ou plusieurs systèmes de culture comparés à un système témoin « lo­cal » et optimisé.

Bâtis pour améliorer la multiperfor­mance en fonction des enjeux locaux, certains systèmes innovants ont montré leur aptitude à être effecti­vement plus performants. C’est par exemple le cas du système innovant du Berry, dans lequel la combinai­son de leviers techniques et agrono­miques a permis de maitriser des vul­pins et d’optimiser les rendements et les charges de production.

D’autres systèmes ont montré des points de faiblesse à travailler pour parvenir à atteindre cette multiper­formance. Tous ont permis de pro­gresser dans la compréhension des processus et les conditions de réus­site ou d’échec, et actent la nécessaire phase d’apprentissage et d’appropria­tion des nouvelles pratiques par les agriculteurs.

Les trois instituts partenaires vont finaliser l’évaluation des systèmes testés et valoriser la différenciation opérée entre systèmes depuis 10 ans. Le calendrier est adapté à chaque site en fonction du terme des rotations en place. Le site implanté en Champagne s’arrêtera fin 2026. Les quatre autres poursuivront leur travail d’acquisition de références avec des objectifs revi­sités en concertation avec les parte­naires locaux. Ils seront résolument tournés vers le transfert des ensei­gnements acquis et impliqueront encore plus les organismes écono­miques partenaires.

DIAGNOSTIC DES SYSTÈMES ET CO-CONSTRUCTION DE TRAJECTOIRES

Forts de cette expertise issue de Syppre mais aussi d’autres disposi­tifs et études conduits à l’échelle des systèmes de culture, Arvalis, Terres Inovia et l’ITB renouvellent leur par­tenariat et souhaitent ajouter aux dispositifs « terrain » un dispositif d’accompagnement pour aider à faire évoluer les systèmes de cultures.

L’offre d’accompagnement s’adresse aux organismes économiques (coo­pératives, négoces) et aux services de conseils, et bénéficiera aux produc­teurs.

Elle reposera sur le diagnostic des systèmes existants, la co-construc­tion de trajectoires de transition en fonction des besoins des organismes stockeurs, et mobilisera notamment de la formation et l’outillage des ins­tituts.

« Avec ce guichet unique, notre volon­té est de mettre à disposition des or­ganismes stockeurs le potentiel com­biné des trois instituts techniques des grandes cultures, ainsi que dix ans de références opérationnelles acquises dans le cadre du projet Syppre. Notre ambition est d’accélérer la transition agricole en l’adaptant aux territoires », confirme Jean-Marc Schwartz, pré­sident d’Arvalis.

De son côté, le président de Terres Inovia, Gilles Robillard, souligne : « La poursuite de nos travaux en com­mun garantit la cohérence scientifique et technique de l’accompagnement qui sera proposé. Cette offre inédite répon­dra aux besoins des filières, afin d’as­surer aux agriculteurs un acte de pro­duction durable et rémunérateur ».

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