Le sarrasin, culture dérobée ou culture intermédiaire ?

Sur la plateforme Syppre Picardie, le sarrasin a été implantée pour la deuxième année consécutive pendant l’été 2019. Il constitue une interculture intéressante : gestion des adventices et limitation des pertes azotées, et lorsqu’une récolte est possible, il permet d’augmenter la rentabilité du système de culture. Bilan de deux années de campagne.

Sarrasin sur la plateforme Syppre de Picardi (au 18 septembre 2019 avec bande non semée).

Un été 2018 favorable au cycle de développement du sarrasin.

Le sarrasin fut implanté après l’échec de la culture de féverole. Cette dernière, ressemée deux fois, a été abandonnée dans deux parcelles sur trois. Cette troisième année d’échec a conduit à son remplacement par du pois d’hiver.

Le sarrasin a été semé entre la récolte de la légumineuse (féverole en 2018 et pois d’hiver en 2019) et le semis du blé tendre d’hiver qui suit. Sur les deux autres répétitions, un sarrasin a été implanté précocement, le 14 juin 2018, à une dose de 43kg/ha. La levée a été rapide et le salissement modéré (seules quelques zones avec une forte levée de chénopode ont dû être broyées par la suite afin d’éviter le salissement des modalités). Sa récolte, effectuée le 27 septembre a donné un excellent rendement : 24 q/ha en moyenne sur les deux parcelles récoltées (21,1 pour la parcelle la plus impactée par les chénopodes et 26,7 pour l’autre).

L’été 2019, première année en condition réelle

Afin d’éviter toute levée d’adventices et de limiter l’assèchement du sol, le semis du sarrasin a été réalisé en direct avec le semoir Easydrill le 9 juillet après la récolte du pois d’hiver le 5 juillet. Malgré un semis dans des conditions satisfaisantes, l’absence de pluie n’a permis une levée du sarrasin que le 28 juillet, juste après une période de précipitations. Cette levée tardive n’a pas permis un développement optimal du sarrasin et les premières fleurs ne sont apparues que mi-septembre, compromettant la récolte. Afin d’éviter toute relevée hivernale de sarrasin, il a été décidé de le détruire le 26 septembre avant la fructification.

Même si aucune récolte n’a été faite, cette année 2019 nous a permis de garder une interculture propre et d’éviter les fuites d’azote en interculture après pois d’hiver :

  • Le potentiel de concurrence vis-à-vis des adventices du sarrasin a pu être démontré sur la plateforme. Une bande non-semée fut laissée dans les parcelles et de nombreuses levées d’adventices (matricaires et chardons majoritairement) ont pu être observées alors que peu ou pas d’adventices étaient présentes dans les parties semées (photo ci-dessous).
  • Durant son cycle de développement, le sarrasin à produit 741g/m² de matière verte et a piégé 29 unités d’azote dans ses parties aériennes.

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