Syppre Béarn : trois systèmes innovants définitivement écartés

Monoculture de maïs sous couvert permanent de trèfle

Parmi les huit systèmes innovants étudiés sur la plateforme Syppre Béarn en comparaison d’une monoculture de maïs, trois ont été abandonnés. Voici pourquoi.

Monoculture de maïs sous couvert permanent de trèfle
Après 7 ans d’expérimentation, le couvert permanent de trèfle sous une monoculture de maïs a été abandonné car la cohabitation s’est révélée très difficile à gérer.

Deux systèmes ont été arrêtés au bout de quatre années d’expérimentation : la monoculture de maïs sous couvert permanent de trèfle et la double culture orge – maïs grain. Un système en rotation sur 3 ans a été arrêté en 2021.

Un couvert permanent de trèfle trop difficile à gérer

Dans le système en monoculture sous couvert permanent, la cohabitation entre le trèfle et le maïs s’est révélée très difficile à gérer. En effet, une régulation du trèfle s’est toujours avérée nécessaire pour limiter la concurrence avec le maïs. Mais l’effet de cette régulation du trèfle est souvent variable. Par exemple, dans les passages de roue où le trèfle est plus tassé, une petite dose d’hormone peut être fatale. Et lorsque le trèfle disparaît, ce sont les adventices qui lèvent et se développent. L’utilisation de variétés Duo System a permis d’utiliser du Stratos, plus sélectif, mais cela n’a pas suffi à garantir la pérennité du couvert. Les années sèches, la concurrence du trèfle pour l’eau se fait aussi douloureusement sentir.

La pluviométrie hivernale pénalise l’orge d’hiver  

La double culture orge-maïs grain a également été arrêtée au bout de quatre campagnes. En effet, les rendements de l’orge d’hiver sont très variables dans le Béarn à cause des fortes pluviométries hivernales. Sensible aux phénomènes d’hydromorphie de début de cycle, l’orge a été très pénalisée certaines années. Par ailleurs, lors des quatre campagnes d’expérimentation, le maïs grain a toujours été récolté, mais à des humidités très élevées. Ce qui a fortement pénalisé la rentabilité du système.

Les céréales à paille d’hiver, la fausse bonne idée

 Au bout de six années d’expérimentation, il a été décidé d’arrêter la rotation de trois ans qui s’enchainait comme suit : maïs – orge – soja en dérobé – blé tendre – sorgho CIVE – couvert hivernal. Celle-ci visait à produire le maximum de cultures par an, mais n’a pas rempli ses objectifs en termes de rentabilité économique ou d’intérêt environnemental. La rotation comptait deux cultures en dérobé (le soja et le sorgho CIVE). Les années où les températures estivales sont fraîches (comme en 2021), la récolte des cultures en dérobé n’a pas pu être faite faute de maturité suffisante. De plus, la forte proportion de céréales à paille d’hiver dans la rotation rend les résultats économiques très sensibles aux effets du climat béarnais.

Clémence ALIAGA (ARVALIS – Institut du végétal)
Manuel HEREDIA (ARVALIS – Institut du végétal)

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