Présentation rétrospective des résultats des trois dernières campagnes.

Une faible pression adventices dans le système innovant diversifié
La gestion des adventices graminées de cycle hivernal – majoritairement le vulpin – est un enjeu majeur sur la plateforme Syppre Berry, comme dans la région. Le système témoin, de rotation colza – blé – orge, illustre bien les difficultés de gestion des graminées hivernales dans les rotations courtes de cultures d’hiver.
A l’inverse, la combinaison de leviers mobilisés à l’échelle du système pour maitriser les adventices se montre très efficace : rotation diversifiée et alternance de cultures d’automne, de printemps et d’été ; anticipation de la dérive du salissement par la flexibilité de positionnement des cultures de rupture comme le millet et semis direct des cultures d’automne lorsque les conditions le permettent. A ces leviers prophylactiques s’ajoutent des programmes herbicides adaptés à la parcelle. Ainsi, à l’échelle de l’assolement, les densités de vulpins sont systématiquement plus faibles dans le système innovant que dans le système témoin (cf graphique ci-dessous).

Les céréales, sur lesquelles les enjeux de maitrise des adventices graminées sont les plus forts, bénéficient particulièrement de cette plus faible pression en vulpins. Sur les dernières campagnes, l’orge d’hiver du système innovant positionnée après un tournesol l’illustre bien.
Des performances améliorées pour l’orge d’hiver suivant le tournesol sur les 2 dernières campagnes

Depuis la reconception du système innovant en 2022, l’évolution des règles de décision permet un positionnement flexible du millet au sein de la rotation, qui s’accompagne d’un changement de position de l’orge. Dans les faits, sur les campagnes 2023, 2024 et 2025, l’orge du système innovant a toujours été positionnée derrière le tournesol. L’effet précédent tournesol se montre très bénéfique pour l’orge. A l’inverse, l’orge témoin qui arrive en fin de rotation colza – blé – orge est particulièrement pénalisée par la forte pression en adventices graminées.
Le tableau ci-dessous compare les performances des 2 orges sur les 3 dernières campagnes.

En 2024 et 2025, les performances de l’orge sont meilleures dans le système innovant :
- Réduction de la pression vulpins en végétation et meilleure satisfaction de la gestion de l’enherbement à la récolte, en particulier pour la campagne 2025 où l’orge du système témoin présente une très forte pression en vulpins. A noter en 2024 l’absence quasi-totale de vulpin sur l’orge innovante et l’excellente note de satisfaction à la récolte.
- Une réduction de l’IFT herbicide d’environ 1 point
- Un gain de rendement conséquent : + 11q/ha en moyenne en 2024 et + 45 q/ha en moyenne en 2025
- Cela se traduit par un gain de marge très important, d’en moyenne + 335€/ha en 2024 et + 783€/ha en 2025 (marge directe avec aides – à noter que les aides PAC sont supérieures dans le système innovant qui atteint le niveau supérieur de l’éco-régime).
Ce gain de marge considérable par rapport à l’orge témoin s’explique notamment par les performances catastrophiques de cette dernière, qui réalise une marge négative sur les 2 dernières campagnes. Pour la campagne 2024, les conditions climatiques non favorables – forte pluviométrie durant l’hiver et le printemps – contribuent à expliquer les mauvaises performances de l’orge. Cependant l’impact des conditions climatiques sur l’orge est identique dans les systèmes témoin et innovant, c’est bien la forte pression vulpins qui pénalise très fortement le potentiel de rendement de l’orge du système témoin. Ces résultats mettent en évidence les limites agronomiques (et donc économiques) sur le long terme pour les rotations colza-blé-orge. La pression adventices difficile à maîtriser dans les cultures comme l’orge d’hiver, où les programmes de désherbage chimiques deviennent limités, compromet fortement leurs performances. Afin de maintenir la culture de l’orge d’hiver dans les assolements de manière performante, ces résultats montrent l’intérêt de diversifier les rotations avec des cultures de printemps, et d’adapter le positionnement de l’orge, notamment après des cultures de printemps comme le tournesol.







