Des écarts de rendement assez importants sont constatés sur la plateforme champenoise, traduisant des différences dans les conduites culturales.

Betteraves : la modalité en TCS, avec un escourgeon en culture précédente, tire son épingle du jeu
Le graphique ci-dessous donne les rendements obtenus pour la modalité du système témoin conduite avec un labour, et les deux modalités du système innovant conduites avec des techniques culturales simplifiées (TCS).
La modalité avec labour est la seule pour laquelle la maitrise du désherbage a été pleinement satisfaisante. Les betteraves avec un blé en culture précédente ont été largement concurrencées par les adventices, expliquant ce mauvais rendement. Cela est dû à une présence importante d’adventices liée à une mauvaise maitrise du salissement dans le colza ante-précédent, complètement détruit par des oiseaux à montaison.
En revanche, le développement précoce des betteraves en TCS était meilleur que celui des betteraves sur labour. Du fait de ce développement moindre, ces dernières ont été exposées plus longtemps à une pression des pucerons conséquente dans la région, et ont été touchées à environ 40 % par la jaunisse, expliquant probablement la moindre performance par rapport la modalité précédée d’une orge d’hiver, touchée elle à 5 % environ. La présence de plantes compagnes dans les modalités en TCS a probablement joué un rôle secondaire vis-à-vis de la jaunisse, compte tenu d’une pression accrue principalement après la destruction de celles-ci.
Enfin, il est possible que la betterave précédée d’une orge d’hiver ait profité d’un effet positif du développement très conséquent de la vesce semée en interculture, obtenu en partie grâce à la récolte précoce de cette céréale.
Orge de printemps : une tentative d’implantation de trèfle sous couvert qui coûte cher
Le graphique ci-dessous donne les rendements obtenus pour la modalité du système témoin conduite avec un labour, et les deux modalités du système innovant conduites avec des opérations de déchaumage.
Une tentative de semis de trèfle sous couvert d’orge de printemps a été réalisée dans la modalité avec une betterave en culture précédente. Afin d’optimiser les chances d’implantation du trèfle, il a été semé au semoir à dents dans l’orge, et le désherbage a été géré uniquement mécaniquement. De ce fait, les populations d’orge ont été dégradées et le salissement mal maitrisé, expliquant cette forte perte de rendement. De plus, le semis du trèfle a échoué du fait des conditions sèches et de la concurrence de l’orge.
Les rendements obtenus sont globalement peu satisfaisants. L’escourgeon a été plus performant avec un rendement moyen de l’ordre de 8 t/ha.
Blés : le grand écart selon les dates de semis
Globalement, sur la plateforme champenoise, le principal facteur explicatif du rendement obtenu est la date de semis avec un blé de colza semé un mois plus tôt que les autres blés de la plateforme :
Des rendements proches pour les deux colzas de la plateforme
Si le développement automnal du colza innovant était meilleur que celui du témoin, les valeurs de rendement obtenues restent assez similaires :
L’implantation du colza dans le système innovant reste globalement plus sécuritaire grâce à la présence d’une légumineuse en culture précédente et un semis combiné au strip-till.
Des cultures de diversification avec des performances mitigées
Les niveaux de productivité restent très moyens pour le chanvre avec un rendement de 6,6 t/ha de pailles et 0,5 t/ha de chènevis, sur un site sensible aux stress hydriques.
Les lentilles ont atteint un rendement de 1,8 t/ha. Les prix attractifs pour la campagne 2025 devraient assurer une bonne valorisation de cette culture pour sa première année sur la plateforme.











