Colza : quel bilan à la sortie de l’hiver?

Article publié le 27 février 2020

Sur les parcelles des agriculteurs partenaires des plateformes Syppre, les colzas implantés à l’été 2019 se révèlent sains et robustes.

Sur les 43 parcelles pilotées par les agriculteurs, l‘enjeu principal est de réussir la levée avant le 1er septembre (voire début septembre pour les sols légers)  pour mettre en place des colzas robustes, faisant preuve de résilience face aux agressions multiples et face aux écarts climatiques.

Etre prêt à semer tôt

L’automne a été très favorable à la croissance des colzas à partir du 25 septembre. Malgré les températures élevées entre la levée et 4 feuilles, les colzas levés précocement résistent très bien, leur croissance est de meilleure qualité qu’en 2018. Mais le déficit de pluies lors des premiers semis de colza a entraîné souvent des travaux en sol sec, l’absence de travail est à privilégier dans ce contexte climatique en sols bien structurés. La grande majorité des parcelles sont levées au plus tard le 25 août. Les levées plus tardives, début septembre, concernent les colzas semés fin août en milieu limono-sableux.

Un conseil : anticiper les interventions

Il est nécessaire d’anticiper (dans l’interculture précédent celle du colza) les interventions profondes pour implanter un colza ou alors d’intervenir très tôt après une récolte précoce. Il est indispensable d’être prêt à semer tôt et se montrer réactif lors de prévisions de pluies. Etant donné les températures estivales élevées, l’assèchement est rapide et intense, il convient donc d’éviter les travaux tardifs, proches du semis pour que le colza profite au maximum des quelques millimètres disponibles.

Une fertilisation azotée précoce et une quasi-absence d’insecticides

Le comportement du colza en entrée d’hiver est excellent, même en sol argilo-calcaire superficiel. Dans ces situations pédologiques, une fertilisation azotée et phosphatée précoce a été fréquente (30 unités d’azote au plus tard fin août en plein, ou en localisé quand c’est possible ). La qualité des croissances automnales a permis de limiter les interventions contre les insectes d’automne, adultes et larves. Ainsi, 72% des parcelles n’ont pas reçu d’insecticide de la levée à la sortie hiver.

Une lutte nécessaire contre les adventices

De nombreuses parcelles ont été protégées contre les dicotylédones, en décembre. Les levées tardives d’adventices (octobre) et leur croissance très modérée ont permis ces interventions tardives dans un contexte de faible pression. Les interventions anti-graminées ont souvent été très précoces (repousses de céréales).

Ainsi, les plantes sont dans l’ensemble saines (pétioles), sans larves dans le cœur de la plante. L’objectif est d’obtenir, en avril, des parcelles propres, avec au moins 85 % de plantes saines et des poids frais aériens supérieurs à 4 000 gr/m² en sols superficiels et 4 500 à 4 000 gr/m² en sols plus profonds.

Une levée précoce pour des colzas sains

Article publié le 17 décembre 2019

Sur la plateforme Syppre du Berry, les colzas, levés précocement, font état d’une belle croissance.

Sur la plateforme Syppre, tous les colzas levés mi-août ont aujourd’hui de belles biomasses, comprises entre 1,2 et 2 kg. Qu’ils soient implantés dans des sols superficiels ou légèrement plus argileux, les colzas de la plateforme sont de couleur vert foncé, ce qui illustre un état azoté de bonne qualité. Ces observations visuelles ont été validées par des mesures de teneurs en azote.

Dans cette région, les semis ont été effectués au bon moment, soit après une pluie significative de 15 mm au moins, entre le 7 et le 13 août. Conséquence ? « Les levées sont précoces, autour du 15 août et la croissance du colza a été très dynamique après le stade 5 feuilles avec l’arrivée des pluies le 22 septembre », observe Gilles Sauzet, coordinateur de la plateforme Syppre du Berry pour Terres Inovia.

Les colzas profitent maintenant d’une bonne minéralisation. « Ces colzas précoces sont très peu élongués, les densités sont modérées entre 15 et 25 plantes par mètre carré. A ce jour ils n’ont reçu aucun insecticide et les observations réalisées sont très rassurantes quant à leur état sanitaire ».

Une nouvelle fois, l’anticipation au niveau de la préparation de sol et la réactivité pour décider de semer ont permis de réussir l’implantation de colzas, très peu soumis aux contraintes des divers bio-agresseurs présents de la fin de l’été jusqu’au début de l’hiver. L’association de légumineuses, de biomasses significatives (400g/m² au moins), renforce ce constat de robustesse et de bonne mise en place du potentiel.