Multiperformance des systèmes innovants : des objectifs partiellement remplis après deux ans de transition

Après deux campagnes, le bilan environnemental des systèmes innovants est prometteur. Néanmoins, la productivité et la rentabilité doivent être améliorées. L’analyse des premiers résultats est riche d’enseignements et révèle déjà quelques réussites.

systèmes innovants
Dans un dispositif expérimental Syppre (ici en Béarn), les systèmes innovants sont expérimentés en petites parcelles. Les résultats sont ensuite extrapolés à l’échelle d’une exploitation agricole

Les travaux menés dans l’Action Syppre sont ambitieux. Ils doivent améliorer les systèmes de culture actuels particulièrement sur deux points, à savoir réduire de 20 % la consommation d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre (GES) et réduire de moitié l’usage des solutions chimiques de protection des plantes, tout en maintenant une productivité et une rentabilité au moins équivalentes.

Les cinq plateformes Syppre expérimentent différents systèmes innovants devant relever ce défi. Dans quelle mesure le changement de système permet-il aux exploitations de grandes cultures d’améliorer leur durabilité, et à quellesconditions ? C’est à ces questions que tente de répondre l’analyse multicritère des résultats des premières années d’expérimentations. Elle repose sur huit indicateurs, techniques, économiques et environnementaux

Améliorer les itinéraires techniques pour maintenir la productivité

Dans les cinq situations, la productivité à l’hectare des systèmes innovants est inférieure à celle des systèmes témoins. Cette baisse est principalement
marquée en Picardie, dans le Berry et dans le système I1 du Béarn où l’indicateur de production d’énergie, qui convertit les rendements en unité énergétique, baisse de l’ordre 20 % en moyenne sur les deux ans. Le chiffre d’affaires suit la même tendance.
En 2017 et 2018, les prix de vente des cultures nouvelles ne l’ont pas amélioré significativement.

La productivité des systèmes innovants dépend en grande partie du potentiel de rendement et de la nature des cultures de diversification, couplé à l’importance qu’elles prennent dans l’assolement, au côté des cultures historiques. Ainsi, dans le système de référence en Picardie, la betterave à sucre pèse pour plus de 50 % dans la productivité en unité énergétique à l’hectare, et la pomme de terre de consommation représente près de 60 % du chiffre d’affaires généré. La baisse de productivité du système innovant s’explique par une baisse de 8 % du rendement de la betterave et de 16 % pour la pomme de terre, liée en partie à de nouvelles techniques d’implantation qu’il faut apprendre à maîtriser, couplée à une diminution de la part de ces cultures dans le nouvel assolement.

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