« Sécuriser nos approvisionnements en quantité et en qualité », Christophe Beaunoir, directeur général de Saipol (groupe Avril) 

En tant que transformateur industriel de la filière oléo-protéagineuse, nous sommes acheteurs de graines françaises pour sécuriser nos usines et quantité et en qualité.

Sécuriser en quantité tout d’abord. La culture du colza a été mise à mal au cours des trois dernières années, en raison des contraintes climatiques et parce qu’elle est relativement intensive. Elle a sans doute fait l’objet d’un retour trop fréquent dans l’assolement, qu’il faudra corriger. On constate également un certain désamour pour le colza dans les régions traditionnelles (ex. Bourgogne) et un report vers des zones nouvelles (ex. Bretagne). L’objectif de la filière est de contrecarrer la baisse de la sole colza et d’accompagner le changement nécessaire en conséquence.

Sécuriser en qualité ensuite. Les graines que nous achetons et que nous traitons doivent être durables, résultat de pratiques et de systèmes de culture vertueux. Avec la disparition de bon nombre de molécules chimiques et la réduction de la fertilisation azotée, toutes les solutions qui présentent des résultats technico-économiques favorables avec moins d’intrants chimiques sont à promouvoir. Nous nous appuyons pour cela sur le travail des instituts techniques – qu’il s’agisse des bonnes pratiques, des itinéraires techniques, de l’approche systémique avec Syppre – qui font le lien avec les agriculteurs pour une culture plus vertueuse et une agriculture plus durable.

De sorte que nous avons décidé de mener une initiative – la plateforme OléoZE, lancée en décembre 2019 et accélérée en septembre 2020 – qui rémunère d’ores et déjà plusieurs milliers de tonnes de colza avec une prime jusqu’à 50 € la tonne sur la base de critères déclaratifs au niveau de l’agriculteur, traduits en durabilité. Nous ne sommes pas là pour dire aux agriculteurs ce qu’ils doivent faire – ils sont libres ! – mais pour leur proposer une valorisation supplémentaire dans le cadre de leur propre raisonnement technico-économique.

Car notre matière première plus durable va permettre de répondre à des obligations de durabilité dans le registre de l’incorporation obligatoire des biocarburants, en l’occurrence le diester. Dès à présent, nous vendons nos produits plus durables plus cher sur les marchés de l’Europe du Nord. Nous apportons à nos clients des solutions respectueuses de l’environnement permettant de réduire l’incidence du réchauffement climatique. Enfin, en tant que citoyen, ce qui est bon pour l’écologie est bon pour l’économie, et bon pour la planète.

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