#Syppre Lauragais, le réseau d’agriculteurs actif et acteur

Article publié le 7 juillet 2021

Le réseau Syppre Lauragais s’est retrouvé le 10 juin dernier pour une visite guidée de la plate-forme, en présence des pilotes de celle-ci, puis sur quelques parcelles suivies chez des agriculteurs membres du réseau . Depuis son lancement en 2018, les travaux du réseau Syppre se sont concentrés essentiellement sur les couverts d’interculture longue avec des essais menés chez les agriculteurs partenaires. Cette visite a permis d’évoquer ensemble la réussite de l’implantation des cultures d’été et les enseignements à tirer pour les prochaines campagnes.

Les retours d’expériences et les essais chez les agriculteurs sont une force du réseau. Les agriculteurs sont acteurs de l’évolution de leurs métiers en testant des nouvelles pratiques directement sur leur parcelle.  

Où en est la plateforme Syppre Lauragais ?

La matinée débute par la visite de la plateforme Syppre sur les coteaux du Lauragais. Toutes les cultures sont actuellement en place et les questionnements sur le dispositif sont nombreuses. Des premiers enseignements émergent sur la gestion des intercultures sans glyphosate, l’enjeu principal étant de limiter la montée à graines des adventices dans les cultures afin que le stock semencier ne soit pas re alimenté. Cet enjeu devant aller de pair avec un des objectifs majeurs pour cette plate-forme, à savoir la préservation de la fertilité du sol et la lutte contre l’érosion, générant une équation qui n’est pas simple à résoudre.

Pour éviter d’être dépassé par les adventices, semer les cultures sur un sol propre est une nécessité, et cela peut entrainer une multiplication des passages d’outils avant le semis, surtout si le couvert se salit. Le recours au désherbage mécanique (bineuse, herse étrille) en culture permet lui aussi de maitriser l’enherbement, tout en posant la question de la vulnérabilité vis-à-vis de l’érosion. Ce levier est particulièrement efficace lorsque le passage est accompagné d’un temps séchant comme ce printemps. Il est aussi observé que les levées de Ray-grass, adventice ennemie principale dans la région et sur le dispositif, ne se concentrent plus seulement à l’automne, avec une pression de plus en plus forte au printemps sur les cultures de sorgho et de tournesol. A nous de faire évoluer nos systèmes de cultures pour s’adapter à ces évolutions…affaire à suivre !

Implantation des cultures d’été à la suite d’un couvert

La visite se poursuit chez des agriculteurs du réseau Syppre. Chez Maurice de Guebriant, l’implantation des cultures d’été (maïs et tournesol) derrière le couvert de féveroles a été une réussite. Pour le tournesol, quelques pertes de pieds sont tout de même à signaler, dues aux oiseaux, mais aussi aux limaces, preuve qu’après un couvert la vigilance vis-à-vis de ce ravageur doit rester de mise, même en conditions sèches. La féverole semée le 19 octobre avait produit 3 T de MS au moment de sa destruction le 23 mars, à l’aide d’un rouleau hacheur puis d’un déchaumeur. Le tournesol et le maïs ont par la suite été semés avec un semoir monograine classique.

Les échanges se sont ensuite portés sur le raisonnement du travail du sol Sur les terres argileuses du Lauragais, il est risqué de travailler le sol au printemps. Lors de l’installation de ses couverts en interculture longue, l’agriculteur procède à un diagnostic de la structure du sol, pour décider si un travail doit être envisagé. si cela est le cas, il le réalise avant l’implantation du couvert à l’automne. cette année, seule une des deux parcelles a été décompactée afin de ne pas pénaliser l’implantation du tournesol au printemps après le couvert.

Ensuite, le groupe s’est déplacé chez Eric Zambon, sur une parcelle implantée en Vesce du Bengale afin de produire de la semence pour les prochains couverts. Cette culture semée le 20 mars a déjà produit une importante biomasse et a attiré la curiosité des partenaires et des agriculteurs. Peu de référence sont disponibles dans le Lauragais et sa destruction pose de nombreuses interrogations. Pour autant ce type d’initiative et en particulier cette espèce peut offrir une nouvelle voie dans la diversification des couverts végétaux réalisables dans le Lauragais.