Syppre Béarn : deux nouveaux systèmes au banc d’essai

Culture de maïs dans le sud-ouest de la France

Sur les huit systèmes innovants de l’action Syppre Béarn, deux ont fait leurs preuves, trois ont été abandonnées, et deux nouveaux ont rejoint l’expérimentation il y a trois ans. Focus sur ces deux derniers : une monoculture de maïs semée à 40 cm d’écartement, et une rotation maïs – blé – couvert végétal.

La plateforme SYPPRE Béarn, située à Sendets (64), a entamé sa huitième campagne en 2023. Originellement, huit systèmes de culture innovants y sont testés en comparaison à une monoculture de maïs pour évaluer leur intérêt technique, environnemental et économique. Deux nouveaux systèmes sont testés depuis trois ans. Les performances de chaque système sont suivies au travers de neuf critères technico-économiques (Tableau 1).

Tableau 1 : Critères de performance à l’étude sur les plateformes Syppre et objectifs recherchés dans les systèmes innovants

Deux systèmes ont été mis en place à partir de la campagne 2020 par suite de l’arrêt des systèmes qui ont été jugés non pertinents. Il s’agit d’une part d’une monoculture de maïs semée à 40 cm d’écartement. L’objectif de l’expérimentation est d’apporter des réponses à l’effet d’un écartement réduit sur les adventices, le rendement…. Le deuxième système innovant est composé d’une rotation maïs – blé – couvert de trèfle incarnat + vesce commune restitué au sol. L’idée de cette rotation est de favoriser la fixation d’azote par le couvert de légumineuses afin de diminuer la fertilisation azotée minérale sur le maïs.

De premiers résultats encourageants pour la monoculture de maïs semée à 40 cm

Le couvert implanté avant maïs est un mélange de féverole, de vesce et de phacélie. Il produit environ 1.6 tMS/ha. Le maïs qui suit est implanté en TCS ou en labour (en fonction de l’infestation en graminées observée l’année précédente). La réduction de l’écartement de semis en maïs nécessite un équipement adapté. Afin de pouvoir passer un tracteur sans écraser trop de pieds, il est nécessaire de s’équiper de pneus étroits. L’enfouissement de l’azote et le binage sont également impossibles avec les équipements adaptés à un écartement classique. Autre point, et non des moindres, le chantier de récolte peut être allongé s’il est réalisé avec des cueilleurs à 80 cm.

Au-delà de ces considérations, la réduction de l’écartement a également des impacts techniques. L’application de micro-granulés insecticides se fait sur un linéaire à l’hectare qui est doublé, ce qui diminue de moitié la dose d’insecticide au pied des maïs. En conséquence, des attaques de taupins (figure 1) plus importantes ont été notées sur des maïs à écartement réduit par rapport à des maïs semés à 80 cm d’écartement.

Figure 1 : Des attaques de taupins ont été observées sur le maïs à 40 cm d’écartement.

L’effet de la réduction de l’écartement de semis sur l’infestation en mauvaises herbes est toujours sujet à débat. Sur la plateforme Syppre, un effet positif sur les mauvaises herbes n’a pas pu être observé car il a sûrement été contrebalancé par l’effet parapluie. En effet, la meilleure couverture de l’inter-rang a aussi pour conséquence d’empêcher les herbicides d’atteindre leur cible.

Les résultats sur les rendements sont donnés dans le Tableau 2. Le gain le plus important par rapport au témoin a été observé en 2022 (année de sécheresse). En 2021, le rendement de la modalité à 40 cm d’écartement a été pénalisé par une forte concurrence avec des graminées qui n’ont pas été contrôlées par l’herbicide de rattrapage (effet parapluie du maïs).

Tableau 2 : Rendement et humidité du maïs de deux modalités de la plateforme Syppre Béarn.

L’évaluation multi-critères de ce système est présentée en Figure 2.

Les résultats des indicateurs SYSTerre sont assez proches de ceux du témoin. Le produit brut et la marge nette sont un peu améliorés grâce au grain de rendement moyen sur les 3 années testées.

La rotation maïs – blé tendre – couvert trèfle + vesce : des résultats contrastés

Ce système a deux objectifs : casser le cycle des adventices d’été par l’introduction d’une culture d’hiver et profiter de l’interculture longue pour cultiver un couvert de trèfle + vesce afin de réduire la fertilisation azotée sur le maïs suivant.

En moyenne sur trois années, le mélange de trèfle et de vesce implanté après le blé tendre a produit 3.2 tMS/ha. La croissance du couvert a souvent été stoppée en hiver par des gels survenus après floraison de la vesce. En prenant en compte la minéralisation des résidus de culture du couvert, ainsi que l’azote supplémentaire disponible dans les reliquats, la dose d’azote apportée sur le maïs suivant a été réduite par rapport au témoin de 20 unités en 2021 et de 70 unités en 2022. Le tout sans perte de rendement.

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