Trois questions à Anthony Cazaban, technicien d’expérimentation de Syppre Lauragais

Anthony Cazaban, technicien d'expérimentation Syppre Lauragais.

Le blé dur innovant cultivé sur la plateforme du Lauragais obtient de bons rendements et taux de protéines tout en se montrant plus économe en azote que le système témoin. Pour quelles raisons? Explications avec Anthony Cazaban, technicien de la plateforme.

Quels sont les objectifs poursuivis sur le blé dur innovant au sein de la plateforme Syppre Lauragais ?

Anthony Cazaban : Depuis le début, l’objectif est d’abord un maintien ou une amélioration de son rendement et de sa qualité. Les normes de teneur en protéines et en mycotoxines sont pour nous très importantes. Nous cherchons à diminuer les intrants le plus possible, tout en conservant une rentabilité économique et une gestion des adventices, en particulier vis-à-vis du ray-grass, la plus efficace possible. Les résultats que nous obtenons sont tout à fait satisfaisants : le blé dur innovant de la plateforme a un rendement moyen de 70 q/ha, et le taux de protéines ne descend jamais sous le seuil de 13,5 %.

Comment faites-vous pour maitriser le ray-grass dans les parcelles de blé dur ?

A.C : Sur la plateforme, le ray-grass est aujourd’hui globalement résistant aux inhibiteurs d’ALS, ce qui n’était pas le cas lors du démarrage des essais en 2015. À cette époque, on s’était fixé la contrainte de se passer de glyphosate. Mais rapidement, nous avons dû réintroduire le travail du sol pour gérer les adventices, sachant que ces interventions ne peuvent être réalisées qu’en conditions séchantes pour ne pas dégrader du sol et être efficaces. On a aussi légèrement décalé la date de semis du blé dur d’une dizaine de jours, et si nécessaire, on utilise des herbicides en prélevée pour sécuriser. L’observation et la réactivité sont essentielles pour contenir un salissement galopant. Aujourd’hui, la situation est saine : même si on n’a pas éliminé totalement le ray-grass de nos parcelles, on a appris à vivre avec et à tolérer un léger salissement dans la mesure où il n’impacte pas le rendement de nos cultures !

Quid de la gestion des maladies ?

A.C : Les combinaisons de leviers nous permettent de diminuer les apports de fongicides : on en économise 1 à 2 en fonction des années. Globalement, les blés durs innovants sont moins sensibles aux maladies du feuillage. Pour expliquer cela, on peut citer notamment le choix de la variété, la diminution des apports d’azote, le pilotage en cours de campagne, les effets du système de culture. On sécurise néanmoins les apports de fongicides luttant contre les complexes de fusarioses, de façon à limiter les risques de mycotoxines dans les grains.

Consultez l’article de Perspectives Agricoles pour connaître tous les résultats de la plateforme Syppre Lauragais

Sur la même thématique

 

Retrouvez-nous au colloque au champ GRAMI !

Les résultats de Syppre Berry seront présentés au colloque Gramin qui se tiendra le 21 mai 2026 sur la station expérimentale de Boigneville (91). Si vous voulez en savoir plus

Dans la même région

 

 

A lire aussi

 

Syppre Berry : retour sur le colloque Grami 

Organisé par Arvalis sur la station expérimentale de Boigneville, le colloque au champ Grami, dédié à la gestion des adventices, a réuni près de 450 participants le jeudi 21 mai 2026. Organisé avec le soutien financier de la DRIAAF au titre des projets territoriaux Ecophyto, ce rendez-vous au champ était dédié à la gestion des graminées automnales (vulpin et ray-grass), qui

Les derniers
articles