Les résultats

Chaque année, les expérimentateurs de l’action Syppre en coteaux argilo calcaires du Lauragais font un bilan des résultats et enseignements de la campagne écoulée et leur synthèse depuis le début du projet.

La campagne 2020-2021 a été caractérisée par un automne-hiver assez pluvieux : l’implantation des céréales a pu se faire dans d’assez bonnes conditions mais la pluviométrie excédentaire du mois de décembre a créé des phénomènes d’hydromorphie perturbant l’enracinement. L’alternance de séquences très sèches ou très humides n’a pas été favorable aux cultures d’hiver cette campagne.

En revanche, le climat été favorable aux cultures de printemps et aux couverts estivaux du fait de la bonne pluviométrie estivale et ce malgré un printemps frais qui a impacté le démarrage des cultures.

Sur les cinq années d’expérimentation, le système innovant est maîtrisé en termes de gestion des ravageurs, des maladies et de la nutrition azotée. En revanche la maîtrise des adventices reste difficile dans un contexte où l’on cherche à ne pas faire usage de glyphosate, tout en limitant le travail du sol et en favorisant la présence de couverts pour limiter les risques d’érosion. Des alternatives sont mises en œuvre, mais les conditions climatiques de l’année n’ont pas permis d’atteindre les niveaux d’efficacité souhaités. En l’occurrence, en 2020-2021, le mauvais développement des couverts liés à l’été sec a favorisé un salissement des parcelles en ray grass. S’ils ont pu être en partie gérés par de nombreux passages d’outils avant l’implantation des céréales, les phénomènes de repiquage ont été nombreux du fait de l’humidité de l’automne. Le non-recours au glyphosate complique également la gestion de l’interculture et des couverts notamment.

La maîtrise de l’implantation des cultures reste moyenne et très dépendante des conditions de l’année : en 2020-2021, c’est le décalage de la date de semis qui pénalise finalement les céréales même si la fenêtre météo était bonne. Pour le colza, c’est la sécheresse du mois d’aout qui oblige à ressemer en septembre.

Au niveau des rendements, le système innovant n’atteint pas ses objectifs pour les cultures d’hiver mais les cultures de printemps font de belles performances, notamment le tournesol, le pois chiche et le sarrasin.

Tableau 1: évaluation de la maîtrise technique et agronomique pour chaque rubrique de gestion du système de culture innovant. (vert=satisfaisant; jaune=moyennement satisfaisant, rouge=non satisfaisant)

Le tableau 2 présente les performances pluriannuelles du système innovant par rapport au témoin selon des indicateurs économiques, de productivité et environnementaux.

Tableau 2: Performances du système innovant par rapport au système de référence.

(1)Référence régionale région Occitanie (ex midi Pyrénées) de 2012 calculée pour l’assolement du système témoin (blé dur/tournesol). Attention : le calcul de la référence régionale est basé sur la dose minimale homologuée alors que le calcul de l’IFT Syppre (Systerre) est basé sur la cible.

(2)  estimation avec le modèle Siméos-AMG de la variation après 30 ans du stock de matière organique sur les 30 premiers cm.

Ce tableau montre une amélioration des performances environnementales, notamment une réduction des apports d’azote, des émissions de GES et dans une moindre mesure de la consommation en énergie primaire.

L’IFT reste très supérieur à la référence régionale et cela s’explique car la référence régionale est très faible du fait des deux cultures, blé et tournesol, qui font la rotation de référence. Le système étant très diversifié, son IFT reste supérieur.

Sur le plan économique, les performances du système innovant sont très en deçà de celles du témoin, même si l’écart est moins fort en 2021 grâce à un contexte de prix favorables. Cela peut s’expliquer par une « dilution » dans la rotation des cultures les plus rémunératrices et par les charges élevées des cultures de diversification, les semences de couverts notamment, achetées certifiées. Par ailleurs, il est important de préciser que les prix de vente sont ceux en sortie de champ.

En termes de productivité, les performances du système innovant sont variables d’une année à l’autre.

è Les résultats de ces 5premières années d’expérimentation montrent la difficulté à atteindre l’objectif de multi-performance visé.  Sur le plan environnemental, le système de culture innovant atteint de bonnes performances (diminution usage de l’azote minéral, réduction émissions GES, augmentation du stock de Carbone du sol). Ses principaux points faibles aujourd’hui sont sa productivité, ses performances économiques, et sa dépendance aux produits phytosanitaires.

Des ajustements sont mis en place chaque année, dans une démarche d’amélioration continue, dans l’optique d’améliorer ces indicateurs.

En complément des résultats de performances, ces 5 années ont permis de générer des enseignements utiles à tous ceux qui souhaitent s’engager dans la transition agroécologique sur ce territoire.

Tableau 3: enseignements produits par la plateforme expérimentale du Lauragais.