Quels enseignements opérationnels des premières campagnes ?

Article publié le 6 avril 2020

Le 19 mars, Terres Inovia a consacré une webconférence aux enseignements des systèmes de culture innovants mis en place entre 2016 et 2018 sur la plateforme Syppre du Berry.

L’objectif visé

L’enjeu, sur ces bassins de production avec des sols argilo-calcaires, est d’augmenter la fertilité des sols tout en contrôlant mieux les adventices afin de créer des cultures plus robustes.

La stratégie

La plateforme Syppre du Berry travaille à diversifier la rotation, avec deux cultures d’été, l’introduction de légumineuses, des couverts associés. L’objectif est également de diminuer le travail du sol.

Quels enseignements ?

Les plus

-Le contrôle du vulpin s’est nettement amélioré grâce à une succession colza-maïs-tournesol efficace ;

-On note la valorisation de l’azote et la performance du colza associé qui intervient après la lentille et le blé dur ;

-Le système de culture permet des couverts en interculture à la fois courts et longs.

Les moins

-Le vulpin est moins bien maîtrisé avec un mélange pois/blé ;

– Le vulpin est insuffisamment contrôlé seulement avec une succession de quatre cultures d’hiver à forte influence céréalière.

Il est encore trop tôt pour savoir si ce système est réaliste à l’échelle d’une exploitation et économiquement intéressant.

Quid de la campagne 2018-2019 ?

Au vu des enseignements sur les deux premières campagnes, il faut noter que la réussite de l’implantation est indispensable et que le choix des cultures est peut-être à repenser. L’impact climatique est également un facteur important à prendre en compte. La non-utilisation du glyphosate remet en cause des stratégies positives, telles que le stockage du carbone, des adventices qui lèvent moins et un travail du sol réduit ou une absence de travail peu propice à la germination des adventices.

Les solutions envisagées passent par :

-Une couverture du sol permanente pour augmenter la fertilité et la qualité structurale du sol ;

– Un labour et un travail du sol systématiques (en absence de glyphosate), avec des couverts en intercultures et une implantation facilitée lors de séquences humides.

Colza : quel bilan à la sortie de l’hiver?

Article publié le 27 février 2020

Sur les parcelles des agriculteurs partenaires des plateformes Syppre, les colzas implantés à l’été 2019 se révèlent sains et robustes.

Sur les 43 parcelles pilotées par les agriculteurs, l‘enjeu principal est de réussir la levée avant le 1er septembre (voire début septembre pour les sols légers)  pour mettre en place des colzas robustes, faisant preuve de résilience face aux agressions multiples et face aux écarts climatiques.

Etre prêt à semer tôt

L’automne a été très favorable à la croissance des colzas à partir du 25 septembre. Malgré les températures élevées entre la levée et 4 feuilles, les colzas levés précocement résistent très bien, leur croissance est de meilleure qualité qu’en 2018. Mais le déficit de pluies lors des premiers semis de colza a entraîné souvent des travaux en sol sec, l’absence de travail est à privilégier dans ce contexte climatique en sols bien structurés. La grande majorité des parcelles sont levées au plus tard le 25 août. Les levées plus tardives, début septembre, concernent les colzas semés fin août en milieu limono-sableux.

Un conseil : anticiper les interventions

Il est nécessaire d’anticiper (dans l’interculture précédent celle du colza) les interventions profondes pour implanter un colza ou alors d’intervenir très tôt après une récolte précoce. Il est indispensable d’être prêt à semer tôt et se montrer réactif lors de prévisions de pluies. Etant donné les températures estivales élevées, l’assèchement est rapide et intense, il convient donc d’éviter les travaux tardifs, proches du semis pour que le colza profite au maximum des quelques millimètres disponibles.

Une fertilisation azotée précoce et une quasi-absence d’insecticides

Le comportement du colza en entrée d’hiver est excellent, même en sol argilo-calcaire superficiel. Dans ces situations pédologiques, une fertilisation azotée et phosphatée précoce a été fréquente (30 unités d’azote au plus tard fin août en plein, ou en localisé quand c’est possible ). La qualité des croissances automnales a permis de limiter les interventions contre les insectes d’automne, adultes et larves. Ainsi, 72% des parcelles n’ont pas reçu d’insecticide de la levée à la sortie hiver.

Une lutte nécessaire contre les adventices

De nombreuses parcelles ont été protégées contre les dicotylédones, en décembre. Les levées tardives d’adventices (octobre) et leur croissance très modérée ont permis ces interventions tardives dans un contexte de faible pression. Les interventions anti-graminées ont souvent été très précoces (repousses de céréales).

Ainsi, les plantes sont dans l’ensemble saines (pétioles), sans larves dans le cœur de la plante. L’objectif est d’obtenir, en avril, des parcelles propres, avec au moins 85 % de plantes saines et des poids frais aériens supérieurs à 4 000 gr/m² en sols superficiels et 4 500 à 4 000 gr/m² en sols plus profonds.

Une levée précoce pour des colzas sains

Article publié le 17 décembre 2019

Sur la plateforme Syppre du Berry, les colzas, levés précocement, font état d’une belle croissance.

Sur la plateforme Syppre, tous les colzas levés mi-août ont aujourd’hui de belles biomasses, comprises entre 1,2 et 2 kg. Qu’ils soient implantés dans des sols superficiels ou légèrement plus argileux, les colzas de la plateforme sont de couleur vert foncé, ce qui illustre un état azoté de bonne qualité. Ces observations visuelles ont été validées par des mesures de teneurs en azote.

Dans cette région, les semis ont été effectués au bon moment, soit après une pluie significative de 15 mm au moins, entre le 7 et le 13 août. Conséquence ? « Les levées sont précoces, autour du 15 août et la croissance du colza a été très dynamique après le stade 5 feuilles avec l’arrivée des pluies le 22 septembre », observe Gilles Sauzet, coordinateur de la plateforme Syppre du Berry pour Terres Inovia.

Les colzas profitent maintenant d’une bonne minéralisation. « Ces colzas précoces sont très peu élongués, les densités sont modérées entre 15 et 25 plantes par mètre carré. A ce jour ils n’ont reçu aucun insecticide et les observations réalisées sont très rassurantes quant à leur état sanitaire ».

Une nouvelle fois, l’anticipation au niveau de la préparation de sol et la réactivité pour décider de semer ont permis de réussir l’implantation de colzas, très peu soumis aux contraintes des divers bio-agresseurs présents de la fin de l’été jusqu’au début de l’hiver. L’association de légumineuses, de biomasses significatives (400g/m² au moins), renforce ce constat de robustesse et de bonne mise en place du potentiel.

Le vulpin, ennemi public N°1

Article publié le 3 avril 2019

Depuis peu, Gilles Sauzet, responsable de Syppre Berry, en a la confirmation : le vulpin qui sévit sur la plateforme est résistant ! un ennemi insidieux. « Dans un contexte où le système de culture traditionnel est basé sur colza/blé tendre/orge, et parfois tournesol et lentille, nous sommes dans une impasse technique pour le désherbage, avec une hétérogénéité de l’efficacité des produits et une réduction progressive des matières actives », explique Gilles.

La rotation du système innovant de la plateforme Berry comprend deux phases. Au cours de la première, derrière colza, on crée une rupture avec des cultures de printemps, tournesol et maïs. « Le blé qui suit le tournesol est vraiment très propre ». Mais, revers de la médaille, les résultats économiques sur les cultures de printemps sont moyens. Dans la deuxième phase, blé tendre/pois d’hiver/blé tendre/orge d’hiver, « on va dans le mur », s’exclame Gilles, car le vulpin est bien présent dans le blé qui suit, il émerge après la levée de la culture et les produits anti-graminées précoces ont des efficacités insuffisantes.

Du côté des moyens de lutte, la herse étrille, en conditions sèches, n’est pas suffisante et le faux semis ne marche pas. On privilégie de plus en plus le semis direct, qui limite les germinations, et la couverture du sol. « On va semer du blé et de l’orge dans un couvert permanent », prédit Gilles. En revanche, pas de pitié pour le vulpin sur le colza, il faut être sévère : « 50 % des parcelles visitées affichent une présence de vulpin ou de ray-grass cette année ». Rotation, pratiques culturales, résultats économiques : « tout est affaire de compromis pour assurer la durabilité du système de culture », conclut Gilles.

Syppre a participé à l’animation du stand Acta au SIA 2019

Article publié le 2 avril 2019

Le projet Syppre a participé à la conception du stand de l’Acta-les instituts techniques lors du dernier salon International de l’agriculture. Clotilde Toqué (ARVALIS) et Paul Tauvel (ITB) ont animé un atelier sur la construction des systèmes de culture avec des supports de type magnets, pour visualiser les alternatives en termes de culture, intercultures, pratiques culturales, résultats techniques et économiques. Cet exercice incite les intervenants de Syppre à concrétiser, en les simplifiant et en les illustrant, les notions de système de culture pour un public non averti.

Syppre a participé à une conférence au SIMA 2019

Article publié le 2 avril 2019

25 février 2019 : Irstea organisait avec l’INRA une conférence au SIMA sur le thème : « Agroéquipements : peuvent-ils contribuer à l’agroécologie ? » Deux tables rondes se succédaient, dont une consacrée à la sortie du glyphosate. Jean-Luc Verdier, responsable de la plateforme Syppre Lauragais, est intervenu pour dire que le remplacement du glyphosate nécessite de trouver des compromis à l’échelle du système de culture par une combinaison de leviers. Mais l’agronomie ne fera pas tout, il y a besoin de techniques et d’équipements nouveaux tels que strip-till, binage des cultures sous couvert, désherbage mécanique ou électrique, etc. en veillant à l’équilibre économique de l’exploitation.

Combattre le ray-grass… sans glyphosate

Article publié le 1 avril 2019

« Le ray-grass, c’est le grain de sable qui grippe le système », affirme Jean-Luc Verdier, responsable de Syppre Lauragais. En effet, le système innovant développé sur la plateforme Syppre en coteaux argilo-calcaires du Lauragais a pour objectif prioritaire de réduire l’érosion des sols. On peut y parvenir en les couvrant au maximum avec des cultures intermédiaires, notamment vis-à-vis des cultures de printemps, en les gardant le plus longtemps possible. Mais il faut bien finir par détruire ces couverts… sans l’aide du glyphosate !

Destruction mécanique du couvert végétal

Quelles sont les alternatives ? Une destruction mécanique, certes, est possible mais pas satisfaisante, « car le ray-grass est là, il s’installe en même temps que le couvert, il s’incruste et il n’est pas sensible à une destruction superficielle type rouleau hacheur de couvert », explique Jean-Luc. Tandis que le désherbage électrique, voire électro-magnétique, n’est pas encore de mise, « plusieurs pistes à l’étude sont testées sur la plateforme du Lauragais », ajoute Jean-Luc : pratiquer davantage de travail du sol pour la destruction du couvert avec des outils de type scalpeur ; revoir l’installation du couvert à l’automne en décalant son semis avant ou après le pic des levées du ray-grass, soit dans la céréale précédente, soit beaucoup plus tardivement.

« Ce n’est donc pas tant une question de glyphosate que d’éradication du ray-grass », résume Jean-Luc Verdier, « pas tant une affaire de traitement phyto que de conduite des cultures et des intercultures ». Avec pour objectif final de rendre le système de culture multiperformant.