Deux nouvelles méthodes testées pour valoriser les intercultures

Article publié le 15 janvier 2021

Afin de tirer le meilleur parti des intercultures longues, deux implantations de couvert ont été initiées sur la plateforme Syppre Picardie : un semis avant pré-buttage des pommes de terre et un autre avec un strip till d’été.

En sortie d’hiver, les couverts intermédiaires ont pu jouer leur rôle. Le bilan, à ce stade de la campagne, est plutôt positif.

Une levée des couverts difficile

Les conditions climatiques de cette année ont rendu les levées des couverts intermédiaires difficiles, en raison de la sécheresse et notamment des rémanences de certains produits phytosanitaires appliqués au printemps dernier.

Pré-buttage de pommes de terre : un sol de meilleure qualité

Depuis deux ans, un couvert a été mis en place sur le pré-buttage de pommes de terre. L’objectif : améliorer la qualité structurale en faisant travailler le sol par les couverts sans avoir à recourir au labour. Le résultat ? En comparaison à l’an dernier, la féverole et les tournesols ont bien levé. « Ces espèces ont jouées leur rôle sur la fixation de l’azote et la structuration du sol », confirme Nicolas Latraye, animateur de la plateforme Syppre Picardie. Petit bémol : la phacélie n’a pas levé, favorisant l’émergence d’adventices par une couverture du sol insuffisante.

Couvert avec phacélie majoritaire sur la campagne 2019-2020 (N.Latraye-Terres Inovia)
Couvert avec féverole et tournesol majoritaires sur la campagne 2020-2021 (N.latraye-Terres Inovia)

La méthode du strip-till d’été testée pour la première fois

Le strip till « profond » était classiquement réalisé à deux périodes de l’année sur la plateforme : au mois d’août pour le semis du colza et en entrée d’hiver pour les cultures de printemps que sont le maïs et la betterave.

Pour le colza : rien ne change, il a encore une fois été implanté avec cette technique, permettant entre autres, de favoriser le développement du pivot.

La technique change pour l’implantation des cultures de printemps. Les conditions climatiques étant de plus en plus pluvieuses en entrée hiver, il est devenu compliqué de trouver un créneau satisfaisant pour réaliser le travail dans des circonstances idéales. Il a même été impossible de réaliser ce strip till d’hiver l’année dernière.

Afin de s’affranchir de cette difficulté de passage, il a donc été décidé d’avancer ce travail du sol afin d’avoir des conditions idéales de portance du sol et une fragmentation optimale sur la ligne de semis. Mais avancer cette date de travail amène un risque dans les sols limoneux du Santerre : voir se refermer le sillon au cours de l’hiver. Afin de limiter cet effet, un couvert de tournesol a été implanté dans les sillons, son système racinaire permettant d’occuper et de structurer le sillon travaillé.

Pour que les adventices ne se développent pas trop, la couverture du sol est complétée par de la phacélie, du trèfle d’Alexandrie ainsi que de la moutarde anti-nématode semée sur toute la parcelle.

Toutes oles espèces sont levées et présentes dans ce couvert (N.Latraye-Terres Inovia)

Le sarrasin, culture dérobée ou culture intermédiaire ?

Article publié le 25 octobre 2019

Sur la plateforme Syppre Picardie, le sarrasin a été implantée pour la deuxième année consécutive pendant l’été 2019. Il constitue une interculture intéressante : gestion des adventices et limitation des pertes azotées, et lorsqu’une récolte est possible, il permet d’augmenter la rentabilité du système de culture. Bilan de deux années de campagne.

Sarrasin sur la plateforme Syppre de Picardi (au 18 septembre 2019 avec bande non semée).

Un été 2018 favorable au cycle de développement du sarrasin.

Le sarrasin fut implanté après l’échec de la culture de féverole. Cette dernière, ressemée deux fois, a été abandonnée dans deux parcelles sur trois. Cette troisième année d’échec a conduit à son remplacement par du pois d’hiver.

Le sarrasin a été semé entre la récolte de la légumineuse (féverole en 2018 et pois d’hiver en 2019) et le semis du blé tendre d’hiver qui suit. Sur les deux autres répétitions, un sarrasin a été implanté précocement, le 14 juin 2018, à une dose de 43kg/ha. La levée a été rapide et le salissement modéré (seules quelques zones avec une forte levée de chénopode ont dû être broyées par la suite afin d’éviter le salissement des modalités). Sa récolte, effectuée le 27 septembre a donné un excellent rendement : 24 q/ha en moyenne sur les deux parcelles récoltées (21,1 pour la parcelle la plus impactée par les chénopodes et 26,7 pour l’autre).

L’été 2019, première année en condition réelle

Afin d’éviter toute levée d’adventices et de limiter l’assèchement du sol, le semis du sarrasin a été réalisé en direct avec le semoir Easydrill le 9 juillet après la récolte du pois d’hiver le 5 juillet. Malgré un semis dans des conditions satisfaisantes, l’absence de pluie n’a permis une levée du sarrasin que le 28 juillet, juste après une période de précipitations. Cette levée tardive n’a pas permis un développement optimal du sarrasin et les premières fleurs ne sont apparues que mi-septembre, compromettant la récolte. Afin d’éviter toute relevée hivernale de sarrasin, il a été décidé de le détruire le 26 septembre avant la fructification.

Même si aucune récolte n’a été faite, cette année 2019 nous a permis de garder une interculture propre et d’éviter les fuites d’azote en interculture après pois d’hiver :

  • Le potentiel de concurrence vis-à-vis des adventices du sarrasin a pu être démontré sur la plateforme. Une bande non-semée fut laissée dans les parcelles et de nombreuses levées d’adventices (matricaires et chardons majoritairement) ont pu être observées alors que peu ou pas d’adventices étaient présentes dans les parties semées (photo ci-dessous).
  • Durant son cycle de développement, le sarrasin à produit 741g/m² de matière verte et a piégé 29 unités d’azote dans ses parties aériennes.